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Une recherche désespérante de l'équilibre ?

Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019

Dans ma précédente lettre je vous ai dit ce qu'a été ma surprise de constater d'assez fréquents découragements des hommes et des femmes de nos métiers face aux changements quasi-perpétuels de leurs bases. Quelles étaient les origines d'une telle situation, telle était la question qu'il fallait d'abord se poser, l'objectif, peut-être exagérément optimiste, étant bien entendu de trouver des solutions.

Quelles sont donc ces solutions miracles ?

Il n'y en a pas vraiment au premier abord, mais il y a certainement moyen de tenter de faire face à cette situation. Auparavant la première exigence est de faire d'abord un bilan correct des "manques".

Qu'entendez-vous par là ?

C'est assez simple au premier abord : le débordement actuel tient essentiellement à l'instabilité de notre cadre. De nouveaux règlements, de nouvelles normes, de nouvelles technologies, etc ... viennent nous assaillir en permanence. D'autant que les dispositions adoptées sont souvent imparfaites et plus ou moins mal conçues. Certains pensent, et disent, qu'il s'agit là d'un "mal français". Sans chauvinisme aucun je n'hésite pas à contredire cette explication. Chaque pays vit ces instabilités comme il peut, et avec de sérieux mécomptes, qu'il s'agisse de pays européens ou non. Personne ne semble avoir trouvé la solution parfaite face à une situation qui présente finalement deux défauts sérieux :

- chacun a beaucoup de mal à tenir ses connaissances et ses compétences à jour (c'est une plainte très fréquente),

- chaque organisation a beaucoup de mal à adapter ses structures, ou ses échanges entre partenaires (ce qui est une plainte également fréquente) à une situation en grande partie instable.

Les moyens modernes ne sont-ils pas là pour nous éviter le "naufrage" ?

Hélas non. Car, comme les moyens classiques - les périodiques et les manuels sur lesquels je reviendrai - les moyens modernes (informatique et communications pour l'essentiel) soufrent du même mal. Il n'est pas rare que les logiciels de certains fournisseurs changent tous les ans. Il n'est pas rare que des progiciels techniques ne soient pas à jour d'une réglementation ou d'une normalisation nouvelle. Même si le rattrapage est souvent possible cette situation exige presque toujours une actualisation des connaissances et une réadaptation à de nouvelles procédures, sinon à des re-fabrications de progiciels..

Vos conclusions sont totalement décourageantes : n'y a-t-il pas moyen d'en sortir ?

Pour ce faire arrêtons d'abord de globaliser les problèmes. Pour tous ceux d'entre nous d'un certain âge le génie climatique est resté un ensemble cohérent et unique. La réalité est malheureusement très différente : les besoins et les méthodes varient beaucoup d'un métier à l'autre. Lors d'une très récente réunion des anciens élèves du lycée Maximilien Perret consacrée à l'informatique et à son avenir, la parole était donnée aux utilisateurs : architecte, ingénierie, installation, services, maîtrise d'ouvrage. Les équipements informatiques des uns et des autres étaient très différents, aussi bien en niveau qu'en contenus. Vouloir tout régler de la même manière est de plus en plus inadapté : il faut laisser à chacun la possibilité de choisir ce dont il a réellement besoin. Ceci dit, ce dont on a besoin se trouve de moins en moins dans les produits offerts, l'informatique et les communications ajoutant d'ailleurs à cette instabilité que nous dénonçons. Chaque interlocuteur que je rencontre pose de plus en plus souvent des questions portant, non pas sur le génie climatique, mais sur les systèmes informatiques. Avec une question faussement simple à la clef : que faut-il prévoir ?

Le choix informatique est-il vraiment si compliqué ?

Oui hélas : la révolution numérique est toujours en cours, mais elle n'en finit pas. Il est certain que tout se numérise (voyez la télévision) et que tout se met à communiquer (avec les protocoles Internet de plus en plus), mais avec des solutions qui pourraient bien ne pas être les mêmes dans cinq ans. Un exemple : à cette date 60 à 70 % des foyers français posséderont une connexion rapide à Internet, ce qui signifie que le taux de raccordement de nos métiers devrait alors dépasser allègrement les 90 %. Dans ces conditions comment ferons-nous. Et entre temps que faire : telle est la question finalement posée.

N'y a t-il pas moyen de choisir dès maintenant une solution simple et unique ?

C'est un principe évident, mais qui n'est pas aussi facile à appliquer qu'on le croit. Prenez le système d'exploitation des ordinateurs : c'est Windows pour la quasi-totalité de nos postes informatiques en génie climatique. Qu'il s'agisse de bureautique (avec Word et Excel), de progiciels de gestion (comptabilité, etc ...), ou de progiciels techniques. De ce fait nous ne devrions avoir, en principe, aucun souci à cet égard. J'ai pourtant indiqué dans une lettre récente que les logiciels dits "libres" venaient titiller cette position. Un grand nombre d'établissements publics ont abandonné Microsoft Office au bénéfice d'OpenOffice (gratuit) pour des raisons purement financières. La version 2 de cet ensemble bureautique libre (traitement de texte, tableur, base de données, présentation, etc ...) récupère sans problème (et avec une excellente qualité) la quasi-totalité des fichiers Word ou Excel (la seule exception concerne les fichiers utilisant Visual Basic). L'avantage est que cet ensemble bureautique, gratuit, peut s'installer sous Windows aussi bien que sous Linux, ce qui nous ramène aux systèmes d'exploitation.

Est-ce à dire que Windows est condamné ?

Pas exactement, mais la question est pertinente : elle vaut un examen particulier que nous ferons la prochaine fois.

Dans la prochaine lettre, je poursuivrai cette analyse. Je vous rassure tout de suite. A ceux qui pourraient me reprocher mes positions défaitistes je demande un peu de patience, car vous verrez que, finalement, l'objectif est de faire face efficacement aux défis actuels.

Roger CADIERGUES

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