Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Bienvenue en 2006, à un moment où la majorité des pays développés sont en train de dramatiser leur situation en matière d'indépendance énergétique, et (parfois) de dramatiser les risques que fait courir le réchauffement climatique. Nous devrons manifestement faire face à de nombreux, et parfois "nouveaux" thèmes dans notre lettre. Mais, avant d'engager les examens techniques qui s'imposent, je voudrais faire le point sur deux anniversaires un peu méconnus.
Un premier anniversaire
2006 c'est le quarantième anniversaire de la création d'INTERCLIMA,
l'exposition française du génie climatique dont la nouvelle session
aura lieu à Paris, du 17 au 20 Janvier prochain. Les circonstances de
départ furent les suivantes. Il se trouve qu'au cours des années
1960, après un début à Bruxelles en 1958, et sans structuration
véritable, les principaux pays d'Europe Occidentale convinrent d'organiser
chacun (en alternance) un congrès international consacré à
nos métiers. En 1964 j'ai proposé que ce congrès international
ait lieu à Paris en 1967, ce qui fut décidé sans problème.
Constatant par ailleurs le manque d'exposition parisienne, alors que l'Allemagne,
l'Italie ou la Grande-Bretagne par exemple disposaient de leurs propres manifestations,
j'ai également proposé aux organisations professionnelles françaises
de constructeurs de matériels d'organiser en même temps que le
congrès une Exposition Internationale. Toutes les organisations professionnelles
françaises se rallièrent rapidement et sans problème à
cette proposition. Dès 1965, dans le cadre d'un comité ad-hoc,
la responsabilité en fut confiée à René Iribarren,
alors Président de la Chambre Syndicale des Fabricants de Matériel
en fonte, et Administrateur Directeur Général d'Idéal-Standard.
C'est ainsi qu'au tout début 1966 nous avons pu annoncer simultanément
le 4e Congrès international du Chauffage et de la Climatisation et la
nouvelle exposition, celle qui devait devenir par la suite INTERCLIMA. En novembre
1966 René Iribarren trouvait la mort dans un accident stupide, mais le
président Pierre Rabet put reprendre le flambeau. De sorte que l'ensemble
du congrès et de l'exposition se tint à Paris, porte de Versailles,
du 17 au 13 Mai 1967.
Le Congrès reçut de l'ordre de 1 500 participants, dont 50 ingénieurs
soviétiques. Un succès lié en grande partie, non seulement
à la qualité des interventions, mais aussi à la traduction
simultanée en français, anglais, allemand et russe. Les communications
y vinrent de 16 pays différents, dont les Pays-Bas, la Grande-Bretagne,
l'URSS, le Japon, la Tchécoslovaquie, la Hongrie, l'Allemagne, la Bulgarie,
la Suisse, la Belgique, le Danemark, la Suède, la Pologne, les USA. Sans
compter une dizaine de communications françaises, l'ensemble étant
totalement international.
L'exposition, quant à elle, pris le titre d'Exposition des Techniques
Internationales du Chauffage et de la Climatisation. Elle fut inaugurée
par Georges Pompidou alors Premier Ministre. Malgré quelques craintes
de départ ce fut un plein succès. L'enquête effectuée
auprès des exposants devait d'ailleurs aboutir à deux conclusions
très significatives : la confirmation du succès de l'exposition
dépassant ce qu'on pouvait espérer d'une première expérience,
le désir des exposants souhaitant à une très forte majorité
(plus de 95%) que ce rassemblement se renouvelle périodiquement. Ainsi
naquit INTERCLIMA qui, dans sa prochaine version, s'associera à la fraction
"résidentielle et tertiaire" d'ELEC, une autre exposition ayant
à peu près la même ancienneté. Les conclusions de
l'exposition du chauffage et de la climatisation de 1967 furent claires, même
si elles ont, depuis, été suivies de façon plus ou moins
irrégulière : organiser "… une exposition biennale des
techniques internationales du chauffage et de la climatisation, sous le patronage
et par les soins des syndicats de constructeurs qualifiés". Souhaitons
que l'édition 2006, du 17 au 20 Janvier prochain, confirme la justesse
de ces décisions prises il y a près de quarante ans.
Un deuxième anniversaire
2006 c'est également le centième anniversaire de ce qui s'appelle aujourd'hui le COSTIC, créé en 1906. Cent ans c'est, pour un organisme de ce type, longtemps sans équivalent européen, un âge fort respectable. Bien sûr, pendant cette période, l'organisation a connu quelques crises, et même quelques changements de statuts. Mais à chaque fois la relance était là, malgré les guerres, les déportations et les obstacles financiers. Il faut, en tous cas, saluer la mémoire de Jeanne Mouret , ingénieur de l'Ecole Centrale, qui fut secrétaire général et animatrice de grande valeur jusqu'à la dernière guerre. Arrêtée hélas pour faits de résistance en 1944, déportée à Ravensbrück, elle n'en est jamais revenue. Il faut également saluer la mémoire d'André Missenard qui eut la charge de relever la structure en 1950, alors qu'elle allait peut-être disparaître. Sans compter tous ceux, très nombreux, qui ont contribué, pendant cent ans, au développement de ce qui fut longtemps le CTICV, avant de devenir le COSTIC.
Qu'en est-il, pour ce qui nous concerne, en 2006 ?
Abandonnant ces célébrations il nous appartient maintenant d'aborder de front les problèmes d'aujourd'hui. Et d'oublier plus ou moins le passé. Soyez rassuré : nous n'avons pas l'intention de modifier la lettre hebdomadaire, même s'il est envisagé au sein d'XPAir un certain nombre d'évolutions. Je vous dis donc "à la semaine prochaine".
Dans ma prochaine lettre, je parlerai du développement durable.
Roger CADIERGUES
