Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
L'été 2006 a vu paraître un grand nombre de textes officiels ayant pour objectif de finaliser certaines dispositions de la loi sur l'énergie. Pour beaucoup d'intervenants de nos domaines il était grand temps, car nous nous demandions si, un jour, les textes d'application allaient enfin paraître. Nous attendons d'ailleurs encore un certain nombre de compléments.
Qu'entendez-vous par là ?
Que certaines situations s'éclaircissent grâce aux compléments qui nous ont été promis. En fait, il ne faut pas mélanger tout, car plusieurs actions différentes ont été engagées par les nouveaux textes réglementaires parus en Mai, Juin ou Juillet 2006. Je ne retiendrai ici que deux paquets de textes.
De quels textes s'agit-il ?
Pour l'essentiel :
- le paquet concernant les bâtiments neufs (la "RT 2005"),
- le paquet concernant les diagnostics de performance énergétique
(les "DPE").
Si vous voulez en avoir une vue "aérienne" assez complète
consultez le numéro, fort bien composé, de la revue CVC de Juillet-Octobre
2006 (n° 842-843) : l'ensemble des dispositions prévues par les textes
précités y est présenté sous une forme très
claire et très synthétique.
Ces textes réglementaires seront-ils suffisants ?
D'abord ne mélangeons pas le neuf et l'existant. Et pour chacun ne mélangeons pas les rôles. Pour ce qui concerne le neuf par exemple, les textes actuels doivent faire l'objet de logiciels (à peine parus) appliquant la méthode dite Th C/E 2005. Avec ou sans logiciel la situation est encore assez défaillante, car certains systèmes ne sont pas pris en compte, et d'autres sont traités de façon trop schématique. D'ici là, le conseil est parfois le suivant : "débrouillez-vous", aucun délai n'étant apparemment prévu pour porter remède aux insuffisances. La majorité des pays européens connaissent d'ailleurs la même difficulté. Comme les bases sont un peu partout classées comme "conventionnelles" cette situation laisse la place à beaucoup de démarches européennes très différentes, allant de la plus simple à la plus complexe (la RT 2005 étant dans ce dernier cas). Tout ceci dans l'attente d'une méthode européenne unifiée éventuelle qui verra peut-être le jour dans quelques années. D'ici là, il nous faudra vivre avec un certain nombre de principes dits consensuels.
Que voulez-vous dire par là ?
Que la nouvelle RT, et ses commentaires officiels, répète ou reprend souvent les affirmations euphoriques habituelles, du genre "réduction des consommations par quatre" (ou parle souvent de chauffage sans le dire). Ou du genre "consommations conventionnelles énormes des climatiseurs" (alors que le pilotage manuel conduit souvent à des heures de pleine puissance très inférieure à celles de la RT 2005). Ou du genre "adressez-vous aux énergies que les textes classent comme renouvelables" alors qu'il ne faudrait pas oublier, pour les combustibles végétaux, le bilan CH4. De belles retouches futures en perspective. Sans compter celles qui pourraient résulter d'un abus de vente d'électricité photovoltaïque (les bâtiments à énergie positive) à des périodes (ensoleillées) où les besoins nationaux sont faibles, alors que l'énergie électrique n'est pas commodément stockable.
Est-ce valable pour l'existant ?
Dans ce cas le problème semble réglé par l'institution du diagnostic de performance énergétique. Il y a - malheureusement - de bonnes raisons de craindre que la démarche adoptée, négative des expériences passées, ne conduise qu'à des résultats insignifiants. Il est encore trop tôt pour juger, et il faut simplement souhaiter que les pouvoirs publics aient le courage, dans trois ou quatre ans, de juger objectivement de l'efficacité réelle de la démarche adoptée prônée pour l'existant.
Roger CADIERGUES
