Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Face aux initiatives multiples, réglementaires ou non (le soutien des énergies dites renouvelables, ou les interventions imposées aux producteurs d'énergie, etc ...), les métiers classiques du génie climatique s'interrogent de plus en plus sur leur avenir. Nous allons tenter, dans les lettres qui suivent, de répondre à cette interrogation.
Pensez-vous qu'il soit vraiment possible de répondre aux interrogations sur l'avenir ?
Sûrement pas avec une certitude absolue, mais de façon relativement
correcte si l'on prend quelques précautions. Il faut, en tous cas, nettement
distinguer deux questions différentes concernant le futur :
- 1. les inflexions technologiques en cours sont-elles susceptibles de modifier
nos métiers,
- 2. les évolutions éventuelles de l'environnement ne vont-elles
pas nous obliger à de sérieuses remises en cause.
Les médias étant actuellement figés sur le premier thème
(les "révolutions" technologiques) la tendance est de croire
que là se trouve l'essentiel du futur. Comme je ne partage pas cet avis,
je m'en tiendrai d'abord aux bouleversements éventuels de l'environnement.
Il se peut, sur ce thème, que vous ne partagiez pas mes positions, mais
je pense que vous me pardonnerez de les avoir exprimées.
Qu'entendez-vous, en particulier, par "évolutions de l'environnement" ?
Deux perspectives très différentes de "bouleversements"
:
- d'une part ceux résultant de la révision profonde de la structure
des "professions" du bâtiment, ce qui ne s'est pas vu en France
depuis près de deux siècles,
- d'autre part ceux résultant de la remise en cause profonde de nos outils,
ces derniers étant plus que jamais liés à l'informatique,
Internet compris, en fort déséquilibre probable en 2007.
Tout ceci risque de conduire à des refontes organisationnelles beaucoup
plus profondes que celles dues aux "révolutions" technologiques.
Ces refontes organisationnelles correspondent d'ailleurs à des questions
très souvent posées du genre : "comment suivre et respecter
les nouvelles réglementations", ou bien "comment suivre la
normalisation", ou bien "comment structurer nos études, et
quels outils utiliser", ou bien "comment articuler la maintenance",
etc ... Il s'agit là finalement de besoins insatisfaits, avec des demandes
sous-tendant des craintes plus ou moins profondes. Nous devons essayer d'y répondre,
mais en prenant des précautions complémentaires.
Qu'entendez-vous par "précautions complémentaires" ?
Que ces réponses doivent être non seulement valables, mais également simples, flexibles et "sécurisées". Contrairement aux opinions classiques mon expérience de terrain est claire : il y a, dans un grand nombre de nos méthodes actuelles de conception et de réalisation, trop de complications inutiles. Des complications tellement habituelles et traditionnelles qu'elles ne sont même plus perçues comme telles, alors que ce sont parfois des obstacles inutiles sur lesquels il ne faudrait pas hésiter à revenir. A mon sens "un bon coup de balai" est parfois nécessaire. Par la même occasion il ne faut pas oublier que les besoins ne sont pas partout identiques : il faut donc des solutions flexibles, telles que les démarches simplifiées du calcul des déperditions pour les maisons individuelles.
"Simplifier" et "flexibiliser" sont des objectifs évidents, mais "sécuriser" n'est pas clair.
Je reconnais qu'au premier abord il en est bien ainsi. Mais, quand on entre
dans le détail des opérations, on constate quasi-systématiquement
que les intervenants du génie climatique, et du bâtiment en général,
ne prennent pas suffisamment de précautions juridiques. Quand je discute
avec des experts judiciaires leur leitmotiv est presque toujours le regret de
constater que, pour des bâtiments existants, les pièces justificatives
manquent complètement, ou ne sont pas à jour. C'est la raison
pour laquelle vous constaterez ultérieurement mon souci permanent de
constituer des archives sûres et complètes.
Roger CADIERGUES
