Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Nos objectifs ne peuvent être sainement précisés sans définir au préalable les domaines techniques auxquels il fallait s'attacher. Il ne s'agit évidemment pas de se borner aux techniques dites nouvelles, il faut reprendre l'ensemble des techniques, même les plus classiques. D'ailleurs, dans un certain nombre de lettres de ces derniers mois, je me suis attaché à défendre des positions prudentes sur les techniques "nouvelles", sachant que nous pourrions voir ces technologies si souvent vantées ne jouer finalement qu'un rôle assez réduit. Il était donc important de ne pas négliger les techniques dites "classiques", étant bien entendu qu'au plan pratique seront sans doute privilégiées celles qui offrent les meilleures garanties de coût et de simplicité. Ceci dit, un tel "classicisme" nous mettait-il à l'abri de toute évolution importante, c'est ce qu'il fallait examiner. Et ce en débordant très clairement le pur domaine technique.
Est-ce à dire que vous ne voyez pas de bouleversement technique fondamental ?
Jusqu'à un certain point oui. Prenons d'abord la précaution de mettre de côté les techniques qui relèvent d'un champ d'activité limité (c'est le cas, par exemple, pour les chaufferies collectives au bois), les technologies dites " nouvelles " (qui ne le sont souvent pas) ne devraient plus alors être susceptibles de modifier profondément nos métiers. Nous devrons donc couvrir tous les domaines, classiques ou non. Sans distinction, mais en prenant garde au fait que les évolutions peuvent alors provenir de multiples sources de bouleversements, technologiques ou non.
De quelles évolutions voulez-vous parler ?
Il pourrait s'agir :
- soit d'une restructuration profonde des marchés, le tout électrique
devenant par exemple la solution majoritairement répandue aux dépens
de toutes les autres, alors que le chauffage à eau chaude rejoindrait
progressivement le statut actuel du chauffage à vapeur,
- soit de la restructuration profonde des "professions", par exemple
le passage systématique du bâtiment à l'organisation en
trois temps : " construction, aménagement, gestion ", avec
un regroupement séparé des trois préoccupations au sein
d'unités spécialisées,
- soit de la remise en cause profonde de nos outils actuels, une telle remise
en cause étant liée aux évolutions incessantes de l'informatique
(Internet compris) et des communications, ceci conduisant à d'assez fortes
répercussions sur la manière d'exercer nos métiers.
Dans tous les cas, tout nouveau système mis en place devra s'adapter
à ces remises en cause.
Ces bouleversements éventuels ne risquent t-ils pas de rendre les prévisions impossibles ?
Certaines données ne devraient pas être significativement modifiées.
C'est ainsi que la maison individuelle devrait, en neuf comme en existant, rester
l'un des marchés les plus importants. Il n'en sera pas forcément
de même pour l'habitat collectif, le tertiaire ou le professionnel (pour
ne plus dire " l'industriel "). Quelle que soit finalement la structure
professionnelle en cause, les questions qui subsisteront resteront les suivantes
:
1. Faut-il passer du génie climatique à l'équipement technique,
sinon même à l'aménagement : je n'hésiterai pas à
dire oui.
2. Devrons-nous aller au-delà, au pilotage et à la domotique (longtemps
annoncée mais toujours retardée) : je répondrai également
oui, même s'il faut créer des structures spécialisées.
3. Faudra-t-il procéder à une révision profonde de nos
outils de travail : sur ce point ma réponse est qu'il faudra le faire
de fond en comble, comme nous le verrons par la suite.
Faudra-t-il dix ans, vingt ans, trente ans pour y parvenir, je n'en sais rien.
Mais l'évolution la plus rapide sera probablement la plus efficace. Les
outils adoptés devront de toutes façons être capables de
convenir à tous les secteurs concernés et à toutes les
évolutions possibles.
Roger CADIERGUES
