Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Bien que l'environnement actuel nous pousse à utiliser de plus en plus l'informatique, nous devons faire face, là comme ailleurs, aux incertitudes de l'avenir et à des évolutions souvent incontournables. Dans nos métiers l'informatique s'applique dans trois domaines assez différents : la gestion technique (de la domotique à la GTB), la gestion des entreprises, les calculs techniques. C'est un ensemble d'une telle variété qu'il est très difficile de l'aborder d'un seul tenant. C'est la raison pour laquelle nous allons d' abord nous limiter au seul domaine des calculs techniques. C'est, dans nos métiers, une application informatique déjà ancienne, même si elle a connu de multiples évolutions.
Qu'entendez-vous par là ?
Quand, au cours des années 1960, nous avons introduit l'informatique dans nos métiers, le coût des équipements (des mini-ordinateurs) était très élevé. C'est la raison pour laquelle, en technique, nous avons d'abord lancé le "service calcul", qui effectuait à forfait les calculs d'installations. Lorsque les micro-ordinateurs sont apparus nous avons transféré les logiciels techniques sur ces appareils dont le coût modéré permettait l'acquisition assez facile. Lorsque le PC dit "IBM", avec Windows est ensuite né, il nous est apparu que le développement devenait tellement aisé qu'il était souhaitable de laisser ce marché ouvert aux initiatives les plus diverses. C'est à partir de ces initiatives que furent diffusés, en France ou ailleurs, des programmes dus à des développeurs spécialisés dans nos métiers. Nous en sommes là, pour le moment du moins.
Cet historique signifie-t-il que les procédures vont encore devoir évoluer ?
L'informatique actuelle, en matière de calcul technique, se présente
sous trois formes :
- celle des "grands" logiciels intégrés, diffusés
en France par SLAMA, PERRENOUD, etc ... et par des structures analogues dans
d'autres pays, par exemple HEVACOMP en Grande Bretagne,
- celle des "logiciels éclatés", sous la forme de livres
plus CD, dont la diffusion semble actuellement connaître une certaine
accélération,
- celle des logiciels fournis par différents constructeurs de matériel.
Les deux premières catégories s'accompagnent de coûts assez
élevés, finalement assez voisins de ceux pratiqués durant
les années 1980-90, rien ne permettant de prévoir des baisses
significatives.
Pensez-vous, vraiment, que ce problème de coût soit finalement si important ?
Plus qu'on ne le croit généralement, du moins je le crains dans les circonstances actuelles. Différentes expériences récentes d'XPAIR sont probantes à cet égard, par exemple la multiplication des diffusions par presque cent sous réserve de diviser les prix par cinq ou six.
Pensez-vous, en plus, que l'accroissement des coûts est inexorable ?
Il faut bien reconnaître que l'instabilité normative et réglementaire actuelle alourdit encore - et très fortement - la tâche des développeurs de logiciels. A cela s'ajoutent les évolutions de l'informatique elle-mêmes, ce qui ne simplifie pas la situation. C'est ainsi que l'arrivée de la nouvelle édition de Windows devrait encore alourdir les coûts. Cette nouvelle édition (Windows-Vista), qui vient de paraître, s'accompagne d'exigences matérielles assez fortes. Si vous y ajoutez la quasi-obligation de prévoir des applications adaptées - par exemple bureautiques - il est à craindre que les choix informatiques prochains ne soient largement influencés par de nouvelles contraintes de coûts. C'est d'autant plus grave que Windows reste le système d'exploitation de loin le plus utilisé dans nos métiers.
Vous parlez de nouvelles applications, en particulier bureautiques : desquelles s'agit-il?
De celles qui restent encore souvent à créer, mais d'abord - et en premier lieu - de l'ensemble bureautique Microsoft Office 2007, qui vient de paraître. Les bouleversements y sont moins importants que ce que l'on a pu craindre il y a quelques mois, mais ils ne sont pas pour autant négligeables : nous y reviendrons la semaine prochaine.
Roger CADIERGUES
