Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Essayons maintenant de reprendre les examens engagés depuis quelques semaines, en fait depuis début Mars. La situation est claire : croire que l'on peut aujourd'hui, dans nos métiers, opérer "tranquillement comme jadis" - avec des manuels traditionnels - est une utopie mise en évidence par la pratique quotidienne. Les désordres qui se développent, souvent difficiles à contrer, créent des déséquilibres multiples, prenant des formes variées.
N'exagérez-vous pas un peu ?
Certainement pas. Depuis de nombreux mois cette lettre dénonce ces désordres. Des témoignages multiples viennent, hélas, confirmer régulièrement les plaintes du terrain. Soyons clairs : face à ces "désordres" ce qu'on peut appeler des "remèdes efficaces" sont l'objet de demandes de plus en plus fréquentes, venant en plus d'un nombre croissant d'interlocuteurs. Pour mettre au point les "remèdes" demandés il faut évidemment en préciser le cadre. C'est là où intervient le classement des "désordres". Globalement on peut avoir l'impression qu'il s'agit d'un défaut généralisé. En réalité, quand on analyse ce qui se passe, on se rend compte que les désordres ont trois origines distinctes.
De quelles origines voulez-vous parler ?
Nous allons (très rapidement) examiner les origines des désordres ayant des conséquences directes sur les "remèdes" à proposer. La première catégorie de difficultés tient aux imperfections - pour ne pas dire plus - des textes réglementaires ou para-réglementaires, phénomène plus ou moins aggravé par l'arrivée de nouveaux intervenants manquant d'expérience ou disposant de délais d'intervention abusivement réduits. C'est tout à fait significatif : le mot "désordre" est devenu habituel dans le langage de nos interlocuteurs à propos des textes réglementaires et assimilés et de leurs applications (diagnostics compris).
Vous parliez d'une deuxième catégorie d'origine des désordres : de quoi s'agit-il ?
A côté du désordre réglementaire figure désormais,
et de plus en plus souvent, le désordre d'origine normative ou para-normative.
Sans aucune planification sérieuse apparaissent brutalement de nouvelles
normes - presque toujours d'origine européenne - qui présentent
trois inconvénients :
1. Une modification souvent brutale dans les procédures,
2. Une mauvaise gestion de l'information des praticiens (les conséquences
n'en sont souvent ressenties qu'au bout de très nombreux mois),
3. Le
coût prohibitif des normes. Ayant fortement ressenti, par la lettre ou
au travers du site, les plaintes des uns et des autres, nous ne pouvions rester
insensibles car c'est une insatisfaction profonde. Comme je l'ai déjà
souligné le mot "désordre" est devenu habituel et répété
dans le langage de nos interlocuteurs. Et il concerne, plus que tout, les incohérences
normatives.
Vous parliez également d'une troisième catégorie de "désordres" ?
C'est la suivante : nos métiers reposent fréquemment sur l'utilisation
de l'informatique. J'ai eu l'occasion d'en parler début Mars, la situation
dégénère sur deux plans :
- d'abord parce que nos outils logiciels classiques sont de plus en plus rarement
adaptés aux nouvelles normes, et ont de toutes façons de grandes
peines à suivre (un "drame" pour les fabricants de logiciels),
- ensuite parce que l'informatique devrait connaître en 2007 une nouvelle
crise d'adaptation, ce qui n'arrangerait rien.
Tout cela est-il sans remède ?
Oui et non, la situation étant très différente selon la
catégorie des perturbations.
1. Lorsqu'il s'agit des difficultés réglementaires et para-réglementaires,
nous pouvons probablement agir, mais avec un sérieux irrespect apparent
des textes (nous y reviendrons), en espérant d'ailleurs que cette situation
absurde s'efface avec le temps.
2. Lorsqu'il s'agit des difficultés d'origine normative ou para-normative,
ou des difficultés informatiques en résultant, je pense qu'il
existe des remèdes encore plus expéditifs : c'est - pour l'essentiel
- ce que nous verrons dans une prochaine lettre.
Roger CADIERGUES
