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Un sujet rabâché : la qualité de l'air

Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019

La qualité de l'air est probablement, dans notre domaine, l'un des thèmes le plus souvent traité, mais le plus souvent sous une forme académique plus que sous une forme pratique. La difficulté tient à ce que l'énumération des polluants potentiels peut être extrêmement longue …

Comment peut-on simplifier le problème ?

En se focalisant sur les composants les plus caractéristiques, ou les plus usuels, la concentration pouvant être mesurée en milligramme (ou microgramme) par mètre cube, éventuellement - pour les gaz - en "volume" (en ppm ou millionième, sinon en ppb ou milliardième).

Peut-on citer les polluants les plus caractéristiques ?

Si l'on n'est pas trop exigeant oui, mais leurs actions sont très variables. Les principaux me semblent être : le dioxyde (CO2) et le monoxyde (CO) de carbone, la fumée de tabac, le radon, l'ozone, les oxydes d'azote, les composés organiques volatils (COV), les moisissures et les spores, les virus et les bactéries, les poussières et les aérosols en général. Cela fait déjà une belle liste chacun devant être traité séparément. Il faut, de plus, mettre à part le dioxyde de carbone (CO2) qui est plus un indice de pollution d'occupation (les odeurs humaines) qu'un polluant proprement dit, du moins aux teneurs habituelles : j'y reviendrai dans la prochaine lettre. A l'opposé le monoxyde de carbone, sans odeur, reste le polluant le plus dangereux, pouvant être produit - comme chacun sait - par tous les appareils à combustion. Une recommandation raisonnable est, pour la concentration maximale de CO, la suivante : de 100 [mg/m³] pour une exposition de 15 [mn] à 12 [mg/m³] pour une exposition de 8 [h]. Mais il ne s'agit là que des polluants les plus classiques. Dans ce cadre des produits de combustion il ne faut pas non plus oublier le dioxyde d'azote pour lequel la recommandation raisonnable en matière de plafond est la suivante : de 300 [µg/m³] pour une exposition de 1 [h] à moins de 50 [µg/m³] pour une exposition continue.

Peut-on, sans aller trop loin, citer d'autres polluants ?

Le polluant le plus critique, car le plus répandu, est la fumée de tabac : c'est un mélange d'aérosols et de gaz divers (plus de 4 000 composants) dont le monoxyde de carbone (CO) et le formaldéhyde (voir plus loin). Mais surtout une quarantaine de composants cancérigènes, le plus important à mon avis étant le benzène, dont la concentration maximale dans l'air doit être inférieure à 10-15 [µg/m³]. Je reviendrai d'ailleurs ultérieurement sur cet aspect concernant nos règles de ventilation. Reste un bon nombre d'autres polluants : si je néglige les poussières et les aérosols, pour l'essentiel les composants organiques volatils (COV), parmi lesquels il faut probablement distinguer (outre le benzène) : le formaldéhyde et le toluène, essentiellement dégagés par les matériaux de construction. Les teneurs limites recommandées sont très caractéristiques du danger de ces produits : une concentration maximale de l'ordre de 100 [µg/m³] pour le formaldéhyde et une exposition de 30 [mn], une concentration maximale de l'ordre de 50 [µg/m³] pour le toluène pour des expositions analogues.

Quels sont les autres cas importants ?

Deux cas qui peuvent être importants, mais qui sont aléatoires : le radon (qui nous vient du sol) et l'ozone (qui nous vient de l'atmosphère extérieure). Pour l'ozone on ne peut guère que subir la pollution extérieure. Pour le radon il faut procéder à une technique très spécifique de ventilation du sous-sol.

Est-ce tout ?

Je ne voudrais pas insister sur les moisissures, et les spores microscopiques qu'elles dégagent : ce sont des polluants extrêmement spécifiques, liés à des humidités excessives, et qu'il ne faut pas essayer - à mon avis - de traiter autrement qu'en évitant soigneusement les condensations.

Comment lutter contre ces différents risques ?

Je ne puis vous renvoyer, pour plus de détails, qu'à la publication suivante : R. Cadiergues, MémoClim 2006.1, COSTIC Publications. En général ce sont des dispositions constructives adéquates en matière de ventilation, qui s'imposent. Ceci dit nous sommes loin d'avoir, ici, tracé un dossier complet de tous les problèmes de qualité de l'air qu'on peut rencontrer : la lettre hebdomadaire n'y suffirait pas.

Roger CADIERGUES

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