Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Différentes interventions récentes ont pu laisser croire que la passation des marchés sous la forme dite "conception-construction" constituait une nouveauté regrettable. Qu'en est-il exactement ?
Une vieille manière de faire.
La méthode qui consiste à confier la conception en même temps que la réalisation paraît choquante pour tous ceux qui ont pris l'habitude d'une autre manière de faire, où la conception revient à l'architecte et à l'ingénierie, avec un certain nombre d'autres intervenants complémentaires, la réalisation faisant alors l'objet de marchés ultérieurs, séparés. En réalité la méthode "conception-construction" date au moins des pharaons, et a été longtemps la solution type des constructeurs d'églises ou autres monuments.
Pourquoi voir ressurgir les querelles sur ce sujet.
Pour trois raisons essentielles : le développement de cette procédure aux USA et au Canada (avec les "risques" de contagion sur l'Europe), l'extension du domaine des marchés publics pouvant faire "appel" à cette nouvelle forme de marché, un exemple caractéristique récent : celui de grande tour de Tokyo. Dans ce dernier cas, l'architecte lauréat (Jean Nouvel) a été chargé de la conception esthétique de la tour. Une fois cette conception générale achevée un appel d'offres a été lancé, confiant à l'entreprise sélectionnée les tâches de conception aussi bien que de réalisation. Et ceci sans que l'architecte, ou un bureau d'études quelconque ait à intervenir.
L'exemple américain.
Aux Etats-Unis une association a été constituée, dont l'objectif est justement d'aider au développement des marchés "conception-construction", surtout dans le secteur des bâtiments complexes et volumineux. Cette association (The Design Build Institute of Amarica, ou "DNA") s'est en particulier chargée de définir la différence existant entre le "design-build" (la conception-construction) et la démarche traditionnelle. Dans le système "conception-construction" le concepteur-réalisateur que le bâtiment final est sans défaut. Il ne peut modifier les objectifs qu'avec l'accord du maître d'ouvrage, et il ne peut absolument pas se retrancher derrière des erreurs quelconques de conception. En principe il existe deux types de répondants, mais l'un des types prédomine.
Pourquoi deux types, et quels sont-ils ?
Ces deux types sont les suivants
(j'indique d'abord les termes américains, qui sont très significatifs)
:
- le système "contractor-lead design/build", où la conception-réalisation
est confiée à une entreprise de construction, qui s'appuie ensuite,
et éventuellement, sur des partenaires variés,
- le système "designer-les design/build", où la maîtrise
est assurée par l'équivalent d'un bureau d'études.
Dans la réalité c'est essentiellement le premier type qui est
adopté.
Quels sont, alors, les clés de la réussite ?
Il faut
:
- que le client puisse avoir vraiment confiance dans son interlocuteur,
- et, à l'inverse, il ne faut pas qu'il abuse des refus de compromis
en cours de route, les deux partenaires pouvant avoir intérêt à
modifier telle ou telle caractéristique du projet.
Roger CADIERGUES
