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Le futur toujours en cause ...

Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019

Face aux capacités souvent séduisantes de ce qu'on appelle, un peu vite, les "énergies nouvelles", la diffusion des informations prend parfois un tour si euphorique qu'il risque d'en résulter tôt ou tard des contre-chocs fâcheux comme nous en avons déjà connus dans le passé. Ce n'est d'ailleurs pas un problème limité aux énergies dites nouvelles.

N'êtes-vous pas trop pessimiste ?

Certainement pas. Même les organismes officiels n'échappent pas à ce risque : voyez le problème des affirmations un peu rapides de l'Agence du développement climatique du grand Londres dans ma lettre du 22 Octobre. De plus il ne faut pas tout mélanger.

Que voulez-vous dire ?

Que, par exemple, les problèmes du bois énergie (obligatoirement plus ou moins locaux) ne sont pas ceux du solaire thermique (plus ou moins pénalisés par les isolations renforcées). Et que ceux du solaire photovoltaïque ne sont pas du tout ceux du solaire thermique. Un examen, source par source et application par application, est indispensable. C'est ce que j'ai un peu essayé de faire dans les lettres récentes de ce semestre. Ceci dit la vérité ne peut apparaître qu'à travers une information critique organisée. Or celle-ci a parfois tendance à manquer. D'autant qu'il devient de plus en plus difficile de fournir une information complète et mise à jour.

Il y a, tout de même, des solutions …

Dans ma lettre de 3 Septembre j'ai indiqué comment - par exemple - l'éditeur du nouveau Recknagel allemand (E.R. Schramek) tentait de résoudre le problème en faisant appel à plus d'une cinquantaine de collaborateurs, chacun spécialisé dans son domaine, le temps des manuels à un ou deux auteurs semblant révolu. L'exemple nous vient d'ailleurs des pays anglophones, avec des manuels fortement "collectifs" :
- aux USA le Guide ASHRAE en 4 tomes (un nouveau par an), avec une commission par chapitre,
- en Grande Bretagne les guides CIBSE (A, B1, B2, B3, B4, B5, C, J, etc.) chacun préparé séparément.

Tous sont rédigés par de vraies équipes, et non pas un ou des auteurs ponctuels. C'est la voie choisie dans les pays où les associations techniques disposent de moyens suffisants. Encore faut-il être modeste, car de telles publications deviennent vite trop volumineuses ou sujettes à des révisions très fréquentes. D'où de nouvelles exigences. Dans certains pays (USA, GB, etc.) on a plus ou moins tenté de résoudre le problème avec des cédéroms accompagnant les manuels, mais ce n'est pas réellement suffisant.

Que voulez-vous dire par là ?

Que l'instabilité des textes réglementaires ou normatifs ainsi qu'une certaine instabilité des technologies font que la diffusion "papier" ou CD devient de plus en plus inadéquate : j'en ai parlé au mois de Juillet, et j'y reviendrai dans les lettres prochaines. De toutes façons, traiter l'information avec quelque support que ce soit n'est plus suffisant. Car il faut également songer aux outils.

De quels outils voulez-vous parler ?

D'outils informatisés bien entendu. Sur le plan des logiciels nous sommes passés par différents stades : le service calcul (sur mini-ordinateur) d'abord, les logiciels sur micro-ordinateurs ensuite - avec adaptations progressives aux nouveaux systèmes d'exploitation (d'Atari à MS-DOS, puis les versions successives de Windows). Et ce avec une certaine floraison de produits, chacun d'entre eux étant généralement spécialisé dans un domaine précis. Donc des outils généralement assez monolithiques, ce qui n'est peut-être pas la solution d'avenir.

Qu'entendez- vous par là ?

D'autres solutions - plus flexibles et plus modulaires - verront sans doute le jour, mais ce n'est pas tout. Car plus on avance plus il devient difficile de séparer les outils et l'information. Sous une forme ou sous une autre ce sont des sources de travail condamnées à fusionner. La solution "manuel", même sous Internet, avec mises à jour régulières, ne sera plus suffisante. Il faudra sans doute aller plus loin. Dans ce cas, peut t-on s'inspirer de certaines solutions actuelles telles que celles de Google : nous le verrons la semaine prochaine.

Roger CADIERGUES

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