Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Dans le cadre des lettres antérieures j'ai souvent souligné l'inadaptation croissante de nos modes de diffusion, surtout lorsqu'il faut faire face aux instabilités fréquentes des normes et des règlements. Internet devrait donc, de plus en plus souvent, jouer un rôle clé. Encore faudrait-il savoir de quelles techniques Internet il s'agit.
Pourquoi êtes-vous si réservé ?
Pour une raison très simple, liée à la situation actuelle. Dès maintenant Internet peut, sans aucun doute, fournir le moyen de tenir à jour les informations et les outils : nous y avons déjà fait allusion. On pourrait donc se satisfaire de cet encadrement. Or, sous sa forme actuelle, Internet va devoir de plus en plus souvent faire face à des évolutions profondes. On parle désormais de Web 2, de Web 2.5, sinon de Web 3. Est-ce important pour ce qui nous concerne, telle est la question qui se pose.
Quelle est votre réponse ?
Ne nous y trompons pas : les sites Internet traditionnels ne seront pas forcément affectés. Et subsisteront sans aucun doute, avec ou sans adaptations. Ce qui peut se produire c'est que de nouveaux sites Internet apparaissent, basés sur de nouvelles techniques actuellement en cours de développement. Les nouveaux sites seront vraisemblablement reliés - sous une forme ou sous une autre - aux sites actuels, les communications entre sites devenant de plus en plus fréquentes et les échanges de plus en plus aisés. Dans tous les cas les capacités évolueront. Et le mode d'emploi probablement.
Pourquoi craignez-vous ces "nouveaux" Web ?
Je ne les crains pas, à proprement parler, j'en suppute simplement le
rôle. Aussi bien pour nos outils de travail que pour la gestion des installations
elles-mêmes comme nous le verrons un jour prochain. Je me limiterai cette
semaine aux conséquences concernant nos outils. Pour y voir plus clair
je vous propose de classer les outils (les logiciels) en deux catégories
:
. les outils pararéglementaires, utilisés pour l'application de
la réglementation thermique (RT) et du diagnostic de performance énergétique
(DPE), pour lesquels il existe des logiciels bien connus,
. les outils "métier" destinés à la conception,
à la réalisation, à la retouche et à la commande
des installations climatiques et énergétiques.
Je me limiterai maintenant à l'examen des outils "métier".
Il s'agit de logiciels bien connus, qui semblent satisfaisants ?
C'est exact jusqu'à un certain point, mais quelques défauts peuvent subsister qu'il faudra bien corriger. Pour l'essentiel, à mon avis, il faudra probablement satisfaire de mieux en mieux les besoins que j'appellerai de collectivisation. Des besoins sans doute de plus en plus impératifs.
Qu'entendez-vous par "besoins de collectivisation" ?
Les sources d'information, comme les outils, seront à mon sens de plus en plus souvent "collectifs". Ce qui se traduit par des exigences dépassant celles d'un logiciel de type classique installé sur votre poste. Ces exigences devraient toucher successivement deux niveaux de collectivisation.
Qu'entendez-vous par là ?
Le premier niveau consistera à disposer d'outils fonctionnant sur un
réseau local d'entreprise, un serveur central stockant les dossiers,
les calculs techniques restant éventuellement à la seule charge
des postes individuels. Le rôle du serveur central (Linux ou Windows)
devrait alors s'amplifier dans nos organisations, cette articulation autour
d'un serveur central étant probablement l'objet d'une demande de plus
en plus fréquente.
Au deuxième niveau il s'agit de faire appel à des services Web.
C'est-à-dire à des traitements effectués, non pas sur les
postes ou réseaux locaux, mais sur des sites Web distants. Dans ce cas
les évolutions d'Internet seront essentielles, Web 2 en particulier introduisant
une beaucoup plus grande facilité de conversation avec les sites (Ajax
pour les spécialistes). Puis avec ce que j'appellerai Web 3, la conversation
Internet s'intégrant alors directement et complètement à
l'outil informatique local, rendant inutile le recours à quelque navigateur
que ce soit, Internet Explorer ou autre.
Permettez-moi maintenant, en vous donnant rendez-vous au Mercredi 2 Janvier 2008, de vous souhaiter une très bonne année prochaine. A 2008 donc, une année qui devrait être très fertile pour nous ...
Roger CADIERGUES
