Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Actualité oblige : Le 15 Décembre 2003, Gilles Robien, Ministre de l'Equipement a lancé la campagne depuis longtemps prévue, mais désormais en place sur la qualité de l'air intérieur.
La consistance de l'opération.
Il s'agit d'examiner systématiquement la teneur en polluant de l'air intérieur de 9 écoles et 710 logements (1000 étaient d'abord prévus, restrictions budgétaires obligent). Les logements, tirés au sort, on fait l'objet de déclarations détaillées de leur mode de vie. L'ensemble est géré par l'Observatoire de la qualité de l'air intérieur, créé en 2001 par le Ministère de l'Equipement et le Ministère de l'Environnement, en liaison avec l'ADEME et le CSTB.
Les antécédents de l'opération.
Laissons de côté
les antécédents français, généreusement oubliés,
pour nous concentrer sur les milliers de mesures déjà effectuées
dans de très nombreux pays développés, depuis près
de 25 ans. D'une manière générale ces très nombreuses
mesures sont inutilisables, pour deux raisons principales :
1. La situation est très variable selon les logements, ou les locaux
tertiaires ou professionnels. Cette variabilité se retrouve aussi bien
dans le temps que dans l'espace, et j'en donnerai ultérieurement des
exemples. L'exploitation statistique ne fait que cacher les résultats
réels, et rend les travaux inexploitables, ou à la rigueur difficilement
exploitables.
2. La très grande majorité des opérations se borne à
mesurer la concentration des polluants, sans aucune indication sur les modes
de vie (ou très peu), et surtout sans mesure des renouvellements d'air
et des taux de ventilation.
Il n'empêche, néanmoins, que - depuis bien des années -
il est possible d'y voir un peu plus clair.
Quels sont les polluants concernés ?
Dans l'expérience française en cours, une trentaine de polluants ont été choisis, ce qui constitue une sélection très défendable. Même si la liste pouvait être plus longue, ce choix n'est pas actuellement critiquable, mais je reviendrai sur certains d'entre eux, qui me paraissent les plus importants. Notons, toutefois, que la campagne en cause ne concerne pas le radon, qui fait l'objet de campagnes séparées, menées par un autre organisme, sous la direction de R. Lacoste. Et voyons, d'abord, sur quelles bases s'appuient les règlements techniques français de la ventilation.
L'habitat d'abord
. A la fin des années 1950, sur la demande des
Houillères du Nord, j'ai eu à examiner des dizaines de corons,
des pavillons construits depuis à peine un an et demi. La plupart étaient
destinés à des mineurs immigrés, polonais en particulier.
Nous nous trouvions déjà là devant une situation très
disparate : certains pavillons étaient parfaitement entretenus, d'autres
étaient couverts de moisissures insupportables - et c'est ce qui créait
le problème aux charbonnages. Dans ces corons en mauvais état,
bien que très récents, les origines des plaies (car il y en avait
plusieurs) étaient faciles à discerner :
1. Une mauvaise isolation des murs, en panneaux préfabriqués
en béton, contenant bien une couche isolante au centre, mais avec des
renforts béton tout autour, constituant des ponts thermiques très
importants (les premiers ponts de ce poids que nous rencontrions en France).
2. Un mauvais chauffage, avec des températures très basses
dans le séjour et les chambres, les habitants préférant
parfois revendre une partie du charbon qui leur était concédé
par les Houillères.
3. Un dégagement de vapeur important, avec la cafetière
en permanence sur la cuisinière.
4. De très mauvaises habitudes de ventilation (l'économie
l'exigeant), les fenêtres toujours fermées et souvent calfeutrées.
Quelles sont les corrections qui furent apportées ?
Sur le site
c'est bien évident. En dehors les choses allaient un peu s'arranger toutes
seules. Grâce :
- au développement d'une meilleure isolation,
- au développement du chauffage central, malgré les réticences
initiales des HLM,
- aux travaux sur la ventilation, ce dont il nous faut parler maintenant pour
y voir clair.
De sorte que le genre de situation constatée dans le Nord s'est ensuite
très fortement atténué.
Dans notre prochaine lettre, nous continuerons à aborder le problème de la qualité de l'air et plus précisément sur les réformes de la ventilation résidentielle, tertiaire et professionnelle.
Roger CADIERGUES
