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Une erreur trop fréquente ...

Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019

27 Octobre 2008

J'ai choisi, ces deux dernières semaines, de prendre des exemples de mises au point réglementaires vieilles de 30 ou 60 ans. Revenons maintenant au temps présent. Avec l'exemple des confusions provoquées par un mauvais usage des deux textes sur la ventilation dont j'ai parlé la semaine dernière.

De quoi s'agit-il ?

De plusieurs confusions. Prenons d'abord la première. Certains, face aux deux textes - l'un le Règlement Sanitaire, l'autre le Code du Travail - estiment qu'il faut choisir soit l'un soit l'autre. C'est totalement inexact : il faut choisir les deux, et les cumuler, du moins dans la majorité des cas. Dans un magasin, par exemple :
- les chalands (les clients) dépendent du Règlement Sanitaire, et vous devez les ventiler comme tels,
- le personnel (les vendeurs) dépendent du Code du Travail, et il faut ajouter les débits leur correspondant.
Pour le faire correctement éviter la deuxième erreur, dont nous allons maintenant parler.

De quelle erreur s'agit-il ?

Lorsque sont parus les textes réglementaires sur l'énergie, face aux textes sur la ventilation, l'Ademe a souhaité que les consommations de ventilation puissent être facilement évaluées lors du projet, et a demandé au CSTB de fournir des recommandations où les débits ne sont pas exprimés par personne mais par mètre carré. Le CSTB a d'abord refusé, puis a dû s'incliner. D'où la parution de ces fascicules de recommandations que l'on voit souvent assimilés à de la Réglementation, ce qui est - pratiquement et juridiquement - totalement faux. De plus il s'agissait, avec ces recommandations, de suggérer une méthode, non pas pour calculer les ventilations mais pour en prévoir les consommations. Confondre ces valeurs (moyennes au mètre carré) avec les valeurs utiles pour le calcul des débits c'est un peu comme si on calculait les installations de chauffage en se basant sur les degrés-jours et non pas sur le calcul des déperditions. C'est confondre puissance et consommation. Outre, d'ailleurs, cette déviation des objectifs l'erreur que nous venons d'examiner a deux conséquences néfastes.

De quelles conséquences voulez-vous parler ?

D'abord des conséquences fâcheuses en matière d'ingénierie. La réglementation "ventilation" n'est pas un règlement de construction, c'est un règlement d'hygiène. C'est au maître d'ouvrage de fixer l'occupation, et il en est responsable si elle subit des modifications importantes. C'est le même problème que celui que nous rencontrons en matière de sécurité incendie, où le classement des locaux se fait par nombre d'occupants. A l'ingénierie, ou plus généralement au rédacteur du cahier des charges, de se mettre d'accord avec le maître d'ouvrage sur l'occupation maximale des différents locaux. C'est quelquefois difficile, la destination finale n'étant pas parfaitement connue : c'est alors au maître d'ouvrage, sur les conseils éventuels de l'ingénierie, de prendre les précautions techniques et juridiques adéquates. Mais ce n'est pas tout.

Quoi encore ?

Ne demandez pas au Règlement Sanitaire, ni au Code du Travail plus qu'ils ne peuvent donner : c'est ainsi que certains domaines n'y sont pas traités, je pense en particulier au cas des hôpitaux. Nous ne l'avions pas oublié lors des travaux du Conseil Supérieur d'Hygiène où j'ai suggéré que nous créions un sous-comité chargé de ce problème. A bout de trois réunions de ce sous-comité j'ai dû abandonner. L'un des membres de ce sous-comité insistait pour que nous traitions des techniques, et non pas seulement des débits (l'un se répercutant sur l'autre). Il voulait, en fait, imposer sa technique qui était alors brevetée. Le pire était que cette même personne agissait comme ingénieur-conseil, imposait son système … et touchait ensuite les redevances du brevet. A très peu près nous étions enjoints de rendre cette pratique non seulement réglementaire mais même pratiquement obligatoire.

Il est vrai que pour les hôpitaux il faut préciser, non seulement les débits mais également les pressions relatives entre locaux.

On ne peut donc rien faire pour les hôpitaux

Il existe des tables publiées dans différents manuels publiés en français (ex. MémoClim Base 2001, Recknagel 2007), sans compter les manuels en anglais, le Guide ASHRAE par exemple. Il ne faut pas, d'ailleurs, regretter l'abandon dont j'ai parlé plus haut, car - si nous avions adopté mes propositions - celles-ci seraient probablement toujours les mêmes … alors que les techniques hospitalières ont fortement évolué, et continuent d'évoluer. Ce qui n'est pas sans conséquence sur le choix des dispositifs et des débits.
Ceci dit, à la semaine prochaine, où nous allons abandonner la ventilation.

Roger CADIERGUES

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