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Vers une réorganisation inévitable ?

Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019

9 Mars 2009

Il est naturel que toutes nos professions évoluent dans un cadre plus ou moins traditionnel, les évolutions - surtout importantes - étant souvent délicates et coûteuses. Il est néanmoins évident, quand on examine comment réagissent les principaux pays développés et la relative inertie française qu'il y a là un sujet assez préoccupant.

De quoi voulez-vous vraiment parler ?

Faisons d'abord un peu le point. Il est manifeste que le classement actuel des différents corps d'état est de plus en plus souvent inadapté. Un spécialiste de génie climatique doit bien connaître la réglementation électrique, un électricien doit savoir intervenir en chauffage, etc... Le regroupement, en équipement technique, est de plus en plus inévitable : il interviendra tôt ou tard. J'irai même jusqu'à penser que le divorce juridique français (code civil) entre les marchés concernant les structures et ceux concernant les équipements pourrait survenir plus tôt que prévu. Mais avec la constitution de ce qui pourrait bien être un nouveau corps d'état, celui d'équipement technique. En la matière les réactions des différents pays développés sont d'ailleurs assez variées.

Qu'entendez-vous par là ?

Prenons l'exemple des associations d'ingénieurs en génie climatique. Depuis très longtemps, en Allemagne, ces ingénieurs sont regroupés dans une section " équipement technique " de l'association des ingénieurs (VDI). Depuis plus d'une vingtaine d'années les Britanniques ont abandonné l'association des ingénieurs en génie climatique (IHVE) pour regrouper tout l'équipement technique (les " building services ") dans une association unique (CIBSE) devenue très puissante. Alors qu'en France nous en restons à l'AICVF, et les USA à l'ASHRAE, des associations limitées au génie climatique (plus éventuellement le froid). Cette décomposition marque bien le fait qu'on tarde, ici ou là, à regrouper tout l'équipement dans une unité cohérente, une évolution qui me parait pourtant inévitable. Ceci dit ce n'est qu'un premier point.

Que voulez-vous dire par là ?

Qu'il va falloir bien distinguer deux marchés : celui du neuf et celui de l'existant. La décision (inconsciente) de mélanger les deux, conduit à vouloir imprimer à l'existant les mêmes pratiques que celles en cours dans le neuf. Alors qu'il faudrait prendre conscience du fait que le marché de l'existant - marché d'ailleurs essentiel - devrait être profondément différent pour être efficace :
- d'abord parce que le traitement de l'existant doit pouvoir se réaliser en opérations successives au cours du temps, et non pas en une seule fois,
- ensuite parce que les conseils y sont au moins aussi importants que les travaux.

Le second point est assez évident, mais pouvez-vous être plus clair sur le premier ?

Pour ce faire je vais prendre un exemple que j'ai vécu récemment. Abusé par une publicité abusive sur les chaudières à condensation le maître d'ouvrage du bâtiment en cause n'avait imaginé qu'un simple remplacement de chaudières. Il m'a fallu lui expliquer qu'il valait mieux opérer en quatre phases, et non pas en une seule.
- La première opération à mener était d'abord une amélioration de l'isolation thermique des combles et des vitrages (réduction des déperditions de plus de 25 %).

- La deuxième opération à mener (ensuite mais séparément) était une mise en ordre de la ventilation qui avait beaucoup vieillie(gain de près de 10 %).

- La troisième opération à mener (une fois les travaux précédents totalement terminés, donc avec plusieurs mois de décalage) était de reprendre la régulation du chauffage (dont la puissance était - même avant travaux - très excédentaire), en se basant sur un fonctionnement basse température d'eau (30-50°C au lieu des 80°C actuels).

- La quatrième opération, qui n'était pas forcément à mener tout de suite mais à mener lorsque la chaudière actuellement en service devrait être abandonnée, consiste à mettre en place la, ou les chaudières à condensation.

C'est ce qui fut réalisé à partir de 2001. Le résultat final vous surprendra peut-être, mais dépasse - en ordre de grandeur - une économie de combustible de 50 à 60% (au vu des factures).
Malheureusement, entre temps, je me suis heurté aux recommandations simplistes d'un " conseiller en écologie ". La mode de l'écologie, et l'apparition de conseillers en la matière pourrait bien être une source de régressions regrettables. Le sujet méritant un examen particulier j'y reviendrai la semaine prochaine.

Roger CADIERGUES

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