Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
11 Mai 2009
Ces dernières semaines j'ai essayé de faire un peu le point sur les intentions des textes officiels français, et sur les positions européennes en général. Peut-on en tirer des conclusions valables. Essayons de prendre les suggestions que j'ai présentées dans un ordre raisonnable, en commençant par les spécifications concernant les produits (ma lettre du 14 Avril).
Que voulez-vous dire ?
Prenez l'exemple des usages électriques résidentiels. Pour l'éclairage c'est déjà clair l'interdiction programmée de la vente de lampes de trop faible efficacité (l'incandescence surtout). Il faudra bien, un jour, se rendre compte que ce n'est pas le seul poste électrique qui soit en cause.
A quels autres voulez-vous faire allusion ?
Je laisse de côté les usages proprement domestiques tels que le froid : l'étiquetage énergétique est déjà en place. Avec des résultats assez probants. Mais il est d'autres usages un peu plus sournois.
Que voulez-vous dire ?
Actuellement le règlement les ignore, alors que ce sont probablement
ceux qui sont les plus inquiétants. Dans ce domaine nous avons l'avantage
de bénéficier d'une enquête Enertech initiée par
l'ADEME. Cette enquête, pour la schématiser indique les consommations
domestiques annuelles 2007 suivantes :
- 550 [kWh/an] pour l'audio-visuel (en forte croissance),
- 400 [kWh/an] pour l'informatique domestique (en forte croissance),
- outre 20 [kWh/an] pour les jeux et 640 [kWh/an] pour le froid (en décroissance
régulière)
Dans cet ensemble le coût énergétique de ce qu'on peut appeler
la bureautique domestique (déjà plus 400 kWh/an), est en croissance
difficile à suivre. Tout ceci montre bien à quel point l'évolution
des conditions de vie, tout comme les évolutions technologiques sont
susceptibles de modifier fortement les situations. 2020 ne sera pas 2009. De
plus, le coût bureautique et téléphonique local n'est qu'une
faible partie des dépenses énergétiques globales. Car il
faut ajouter à ce coût direct, celui des serveurs
(Internet ou autres), l'utilisation d'un téléphone portable, par
exemple, coûtant énergétiquement bien plus que les terminaux
eux-mêmes.
Ce coût indirect serait-il donc essentiel ?
Hélas oui, le coût énergétique - par exemple - des serveurs Internet n'est pas négligeable. Les augures les plus pessimistes sont d'ailleurs inquiétants à cet égard, d'autant que les serveurs ne se limitent pas à Internet, mais servent également à d'autres applications. Ils consomment déjà, probablement, plus de 1% de l'énergie électrique mondiale avec un taux de croissance qui semble supérieur à 50% par an. Si vous y ajoutez la consommation indispensable liée à la climatisation des fermes de serveurs, cet additif n'est pas négligeable : il suffit, en France, de suivre les indications des principaux hébergeurs pour constater que, dans notre pays, c'est un pourcentage double qui est concerné quand vous incluez la climatisation. Nous approchons d'ailleurs, dans trois ans au plus tard, du million de mètres carrés de serveurs dans notre pays. En adoptant le chiffre que j'ai indiqué dans ma lettre du 2 Février (1500 W/m² pour les serveurs), et en admettant que la climatisation dépense à peu près la même énergie, nous arrivons aux chiffres de 3 milliards de kWh/an (3 TWh/an), et ce très prochainement. Tout ceci pour vous prouver que ce n'est pas négligeable. Et sans insister sur les sources éventuelles d'économie qui vaudraient un examen spécial. C'est là un exemple très net du fait que tous nos efforts énergétiques doivent rester extrêmement souples. Et ne pas se réfugier dans les données passées, même si elles paraissent récentes.
Roger CADIERGUES
