Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Revenons donc au cas général, et à l'inquiétude de vos interlocuteurs. Que peut-on vraiment faire ?
Je vais répondre à votre question, mais il faut d'abord que nous
abandonnions l'exemple du Pas-de-Calais. Revenons donc au cas général
Dans ce cadre il faut, à mon avis opérer comme suit :
- mener d'abord l'action consistant à ce que tous les responsables, techniques
et administratifs, comprennent les phénomènes en cause, afin d'en
minimiser les conséquences les plus néfastes, et surtout de ne pas
faire d'erreur sur les origines,
- assurer par ailleurs une plus grande diffusion des connaissances de base, ceci
à tous les niveaux, grand public inclus, afin de rectifier trop d'idées
toutes faites et la répétition trop fréquente d'erreurs,
ou de paniques inutiles.
J'ajouterai qu'il faut également tenter d'éviter les "propagandes"
excessives sur les matériaux ou procédés prétendant
supprimer le risque légionellose, même si cette action est réelle,
mais presque toujours limitée à certains systèmes..
C'est dans ce cadre que je voudrais essentiellement me consacrer aux précautions
qui me paraissent indispensables, même si certaines de ces précautions
sont parfois difficiles à appliquer. Et même, si comme nous le verrons
par la suite, certaines d'entre elles peuvent, parfois, se révéler
insuffisantes. Notez que je parlerai surtout des précautions concernant
l'existant (le plus important aujourd'hui). Pour le neuf vous pouvez utiliser
les techniques décrites dans l'ouvrage "Minimiser le risque Légionellose"
paru aux éditions Sedit en 2001 (BP 66. 78470 St Rémy lès
Chevreuse), en les complétant si nécessaire.
Peut-on, quand même, fournir quelques précautions générales) de la manière suivante :
1. Assurer la propreté des circuits d'eau de façon à éliminer
les bases de développements microbiens. C'est une tâche qui peut
être parfois très difficile, et nous y reviendrons.
2. Eviter les stagnations de l'eau, locales ou non, ces zones stagnantes pouvant
favoriser les développements microbiens, légionelles comprises.
3. Maintenir la température de l'eau hors de la plage 20-50 °C, sinon
prévoir qu'il y a risque de développement des légionelles.
Dans ce cas les traitements biocides peuvent devenir souhaitables, mais ils
ne sont pas forcément la solution "parfaite".
Ces précautions sont-elles applicables à toutes les tailles d'installation ?
Malgré des dispositions contraires parfois recommandées, ma position est que ces précautions sont, dans tous les cas, souhaitables. Il n'y a malheureusement pas à tenir compte de la taille, que ce soit pour les services d'eau chaude, pour les tours de ruissellement, ou pour les bains bouillonnants, les fontaines dites réfrigérantes, ou les stations de lavage. Même si la réglementation prévoit des limites de taille, je vous conseille de ne pas en tenir compte, et d'opérer selon les principes que je viens d'indiquer.
Vos trois principes sont-ils applicables dans tous les cas ?
Il y a malheureusement des cas où (sur l'existant) vous aurez de la peine à respecter les consignes que je viens de vous proposer. Dans certaines tours de ruissellement (que je dis "artisanales"), il est par exemple impossible d'accéder, pour le nettoyage, à certaines parties des circuits. .
Dans notre prochaine lettre
, nous reviendrons sur les risques de légionellose,
et surtout sur les sources de contamination.
Dans la lettre suivante, je poursuivrai la description de ces risques.
Roger CADIERGUES
