Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Peut-on en tirer des conclusions sur la probabilité de décès ?
Les statistiques du Pas de Calais sont assez inquiétantes sur ce point,
et ne confirment pas les observations habituelles. Les taux de mortalité
fréquemment annoncés dans la presse sont très souvent exagérés.
Il est rare, surtout lorsqu'on tient compte des cas plus ou moins bénins,
que la mortalité dépasse 10 %. C'est néanmoins suffisant
pour qu'on s'attache à se prémunir contre la maladie, surtout
dans les hôpitaux où existe un nombre plus élevé
de sujets présentant un système immunitaire plus ou moins défaillant.
Méfiez-vous également du nombre de malades annoncés, par
exemple 1 000 en France par an : ce sont des statistiques qui n'ont généralement
pas une grande valeur. Vous pouvez, d'ailleurs, trouver des chiffres très
différents, par exemple 20 000 dans un pays voisin, sans aucune justification
valable autre que la répétition des chiffres dans les médias.
Contentez-vous donc de cette simple remarque : pour de multiples raisons, minimisez
(à défaut d'annuler) le risque de légionellose, en traitant
convenablement les sources éventuelles de cette maladie.
Le problème est donc de savoir quelles sont ces sources ?
C'est une question ambiguë, pour laquelle deux difficultés vous
attendent.
- La première difficulté tient à ce que, selon les périodes,
telle ou telle source est "à la mode".
- La deuxième difficulté est qu'il est encore fréquent
que l'on fasse allusion à des risques qui n'existent pas.
Dans ce cas n'y a-t-il pas moyen de vérifier si telle ou telle installation peut être la source de contamination ?
C'est tout le problème de la mesure au niveau des sources, qui s'effectue
traditionnellement en décomptant le nombre de légionelles dans
l'eau. Il s'agit d'une technique assez délicate et un peu coûteuse.
Comme dans la majorité des procédures de mesure bactérienne,
on "cultive" sur un milieu adéquat l'échantillon en
cause, puis on mesure au microscope le nombre de "colonies" qui se
forment. Le résultat s'exprime en "unités formant colonies
par litre" (ufc/L). L'interprétation internationale la plus fréquente
du résultat est généralement la suivante, cette interprétation
concernant surtout les tours de ruissellement :
1. 100 ufc/L ou moins : pollution considérée comme négligeable
(le seuil des mesures se situe vers 50),
2. Plus de 100 et moins de 1 000 ufc/L : refaire une mesure et prendre les décisions
sur lesquelles je reviendrai en fonction des deux résultats,
3. 1 000 ufc/L ou plus : pollution considérée comme inacceptable,
avec (si le résultat se confirme) arrêt recommandé et traitement
de désinfection.
Face à de telles dispositions, on ne voit pas vraiment comment la légionellose peut se développer sans qu'on y puisse rien ?
A mon avis, il y a quatre raisons à cela.
1. Il serait plus justifié (dans les tours) d'effectuer la mesure de
concentration sur le panache, mais c'est très difficile.
2. Les limites "varient" selon les pays, au moins dans leurs conséquences
pratiques.
3. Vous pouvez très bien ne pas trouver de concentrations significatives
aujourd'hui, et en trouver de très fortes demain, sans que vous sachiez
vraiment pourquoi.
4. Les limites précitées sont des limites "convenues"
qu'il est difficile de justifier. Il n'y a, en effet, aucune preuve démontrée
d'une corrélation significative entre la concentration dans les eaux
et le risque de développement de la légionellose. Tout peut arriver,
même en respectant les consignes indiquées plus haut, j'y reviendrai.
Dans notre prochaine lettre,
je reviendrai sur les équipements
susceptibles d'être des sources de contagion.
Dans la lettre suivante, je reviendrai encore sur ces équipements.
Roger CADIERGUES
