Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Depuis de nombreux mois, dans notre secteur, les discussions en reviennent presque toujours à la fameuse réglementation "thermique" RT 2000. Je vais pourtant vous proposer de surmonter ce sujet. En effet, face à cette nouvelle réglementation, les positions sont très variées, et les énergies qui y sont dépensées à mon sens disproportionnées. Certains s'accommodent plus ou moins des textes actuels, et opèrent je ne sais trop comment. D'autres "laissent tomber", estimant qu'ils n'ont pas la charge de respecter les obligations. D'autres, enfin, sont extrêmement virulents et voudraient que l'on corrige d'urgence les dispositions prévues. Allant jusqu'à me citer des cas aberrants d'application. Face à cette débauche d'énergie perdue ma réponse est relativement simple : choisissons un nouveau départ, en veillant à ce qu'il soit adapté aux besoins réels, plus qu'à des circonstances un peu occasionnelles.
En clair qu'est ce que cela veut dire ?
Tout simplement qu'il faut laisser tranquillement les dispositions réglementaires (actuelles ou proches) se heurter progressivement aux réalités. Et ce sans s'ingénier à vouloir corriger des instruments dont les points de départ sont, de toutes façons, inadaptés aux véritables défis actuels. Ce que je propose vaut, d'ailleurs, aussi bien pour les directives européennes que pour les initiatives françaises. Car les projets européens vont, eux aussi, venir buter contre le mur des réalités. Prenez l'exemple de l'inspection obligatoire des chaufferies. Y a-t-il quelqu'un qui s'est préoccupé des conséquences démographiques (l'Europe, comme tous les pays développés, commençant à manquer d'ingénieurs) ? Y a-t-il quelqu'un qui s'est préoccupé des conséquences financières de ces inspections, et des situations qu'elles provoqueront ? Si vous en doutez allez donc voir au Danemark ce qu'est l'application réelle de cette obligation, un pays où elle existe pourtant depuis de nombreuses années.
Quelle est donc votre réponse ?
Si je dis "ne vous préoccupez pas trop de ces dispositions politiques" vouées plus ou moins à de nombreux échecs, c'est qu'en réalité nous devons nous consacrer à des défis bien plus nombreux, et d'une toute autre taille. Ces défis sont tels que les méthodes adoptées jusqu'ici sont franchement inadaptées à un monde où, seule, la participation quasi-unanime peut permettre de répondre aux besoins réels, vastes et multiformes.
Ce que vous dites est très général. N'est-ce pas également très utopique ?
Votre critique ne me surprend pas, elle est tout à fait normale. La suite de mes lettres y répondra, et j'espère alors vous démontrer que nous sommes très loin de l'utopie. Nous avons besoin de solutions efficaces sans doute, mais aussi, et surtout, pratiques, simples et claires. Je prétends montrer qu'on peut assez aisément y parvenir. Rappelez-vous simplement cette règle : des dispositions pratiques, simples et claires.
Pouvez-vous en citer un exemple ?
Avant de le faire je voudrais souligner les deux principes essentiels sur lesquels je vais me baser : d'abord le choix d'un cadre adéquat, ensuite le choix de méthodes efficaces. Ce qui peut paraître très philosophique, mais nous verrons bien qu'il n'en est rien. C'est, de toutes façons, indispensable tellement nous sommes habitués à raisonner autrement.Si je vous comprends bien, dans votre stratégie figure en tête le choix du cadre ?
Oui, et je vais faire appel - pour des raisons que j'illustrerai - à un cadre très général. Rassurez-vous, le fait de placer nos préoccupations sur un plan global n'est pas - pour moi - un moyen de vous entraîner vers des considérations théoriques, mais au contraire un moyen de vous entraîner vers des actions pratiques, simples et claires. C'est peut-être surprenant mais c'est ainsi. Alors nous pourrons parler de "développement souhaitable", un terme que je préfère à celui de "développement durable", même si les querelles de mots n'ont pas ici grande importance. Vous verrez très vite que ce n'est pas un moyen d'éluder les réalités.
Dans ma prochaine lettre, je poursuivrai sur les vrais défis.
Roger CADIERGUES
