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Il faut aller, tout de suite, au plus important (2)

Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019

Ce dernier exemple est intéressant, mais n'est-il pas un peu exceptionnel ?

Heureusement non, si je puis dire. Car le défi est là, et ce ne sont pas les lois et règlements qui vont résoudre nos problèmes. Ce que je voudrais dire finalement c'est que rien ne doit être négligé, ni dans le bilan global, ni dans l'action commune. Ce n'est pas de l'utopie, c'est la réalité. Ce sont, au contraire, la majorité des lois et normes sur les performances énergétiques qui le cachent. Ce sont ces textes et ces dispositions qui relèvent de l'utopie ou de l'illusion. Pour bien le démontrer reprenons l'exemple des risques énergétiques …

1. Il faut absolument que la tâche "maîtrise de l'effet de serre" soit accomplie dans un cadre où chacun s'implique. Sur bien des points les comportements sont essentiels. C'est là l'un des premiers défis à relever. Faire des textes en oubliant le comportement est une issue inacceptable. Provoquer, en les facilitant et les aidant, les comportements réducteurs de CO2 (ou autre gaz à effet de serre) doit être, au contraire, la première de nos cibles. Il ne sert à rien d'isoler outrageusement les bâtiments si les chauffages sont traités et gérés n'importe comment. Il ne s'agit pas de réglementer, il s'agit de "trouver les bons joints". C'est peut-être beaucoup plus facile que beaucoup de sceptiques ne le croient. J'espère, en tous cas, vous le démontrer.

2. Il ne faut pas oublier, par exemple, que chaque être humain dégage annuellement des quantités de CO2 qui sont très supérieures à ce qu'il consomme de gaz ou de fioul pour le chauffage de son habitat. Il y a bien là un facteur que nous ne pouvons pas non plus négliger, touchant d'ailleurs le développement fulgurant de la démographie mondiale. Ne sommes nous pas entrain de traiter les problèmes par le petit bout de la lorgnette ? En tous cas qui prend ces réalités en charge ?

3. Autre exemple : cherchons, cette fois ci, à être positif. Ne serait-il pas possible, dans de nombreux cas, d'équiper les bâtiments de panneaux photovoltaïques afin de fournir l'électricité nécessaire - au moins partiellement - à nos véhicules, qui seraient alors électriques. Utopie ou pas, c'est la réalité qui le dira. De tous façons voilà un exemple précis du défaut consistant à trop segmenter les problèmes. Traiter séparément le bâtiment d'une part, les moyens de transport d'autre part, et les industries de leur côté, constitue probablement un très mauvais choix, car cette solution exclut de nombreuses synergies, alors que nous n'avons pas le droit de refuser quelque "remède" que ce soit. Il faudra impérativement "faire feu de tout bois". Ce n'est difficile que pour ceux qui n'ont pas essayé.

Est-ce qu'en clair vous voulez dire que les actions réglementaires actuelles ou futures sont inutiles ?

Elles ne sont pas inutiles, mais elles sont largement insuffisantes et souvent même regrettables. Elles ont un triple inconvénient :
- elles gaspillent beaucoup de temps, d'énergie et de moyens financiers, qui seraient souvent plus utiles ailleurs,
- elles occultent trop souvent les vrais problèmes,
- elles relèvent beaucoup trop souvent d'un esprit étroit qu'elles encouragent plus ou moins.

Un exemple : nous passons, actuellement, beaucoup de temps et d'énergie à mettre au point et discuter du calcul prévisionnel des consommations de climatisation. Or: il y a plus de 15 ans que nous avons réglé ce problème avec les Etats-Unis, au moyen d'une procédure déjà appliquée dans des dizaines (sinon quelques centaines) de milliers de cas concrets. Ma question est simple : n'y a-t-il pas mieux à faire ?.

Malgré vos intentions, ne remettez-vous pas en cause les méthodes de calcul, alors qu'elles semblaient être exclues de vos démarches ?

La remarque est pertinente, et elle me permet de mettre les idées au point. Quand je parle de solutions pratiques, claires et simples, je parle des outils essentiels - j'y reviendrai d'ailleurs pour les calculs. Mais mon intention n'est pas d'exclure les outils de conception d'un niveau "avancé". Je demande simplement que ces outils "avancés" soient :
- ou bien transformés en démarches facilement utilisables par les praticiens,
- ou bien très exceptionnels, et alors réservés à des spécialistes.
Cette position vaut également pour les mesures et les expertises : il faut s'en passer le plus possible (question d'économie de temps et de compétences), mais il n'est pas question, comme vous le verrez par la suite, de les éliminer.
En clair il ne faut pas refuser de donner à l'ordinateur ses chances d'être un outil de performance, mais il faut le faire exigeant qu'il soit clair et pratique.

Dans ma prochaine lettre, je quitterai les généralités, pour aborder les solutions concrètes dont j'ai déjà parlé. Nous commencerons par un sujet qui, très probablement, vous surprendra : il m'appartiendra de vous expliquer pourquoi ce sera l'un des appuis essentiels de nos méthodes.

Roger CADIERGUES

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