Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Quand on examine les plaintes, ou les regrets des occupants dans la majorité des lieux de travail, sans utiliser un questionnaire directif, il apparaît généralement que le reproche le plus fréquent concerne la température (il fait "trop chaud" ou il fait "trop froid"). Les autres reproches n'apparaissent qu'avec moins de fréquence, et concernent des aspect dispersés, certains d'entre eux seulement touchant à l'environnement (qualité de l'air, bruit, éclairage, etc.), et les autres - pour l'essentiel - aux conditions de travail. Quoi qu'il en soit, dans tous les cas, la demande concernant la maîtrise des températures semble prédominante, et paraît traduire un besoin de contrôle direct de ces températures par l'occupant.
Le contrôle direct des températures par l'occupant n'est pas une nouveauté
Aucun doute sur ce point. Rappelez- vous néanmoins l'une des critiques
essentielles de ma dernière lettre : "Les automatismes classiques
sont trop souvent dépersonnalisés". Ce qui veut dire que
très souvent la personnalisation n'est pas réellement possible,
ou reste difficile. Ce qui peut changer ce sont désormais :
- soit l'introduction de systèmes climatiques localisés; avec
- malheureusement, et pour l'essentiel - d'assez nets échecs dans les
réalisations,
- soit le développement de commandes locales simples et peu coûteuses,
applicables à des systèmes relativement classiques.
C'est sans doute là où tout pourrait changer. C'est donc sur ces
commandes locales que nous allons d'abord nous pencher.
Comment ?
Premier point : il existe déjà des solutions traditionnelles adaptées, dans certains cas, à ce besoin. Par exemple les thermostats de chambres d'hôtels (s'ils marchent, ou s'il n'ont pas été mis hors circuit). La commande est assez facilement accessible, mais des organes plus "parlants", utilisant la logique floue, seraient certainement souhaitables. Deuxième point : il est des cas, bureaux par exemple, où les occupants peuvent plus difficilement se déplacer vers un organe de commande. C'est dans ce second cas où de nouvelles technologies devraient apparaître, même si elles sont également utilisables dans le premier cas.
A quoi voulez-vous faire allusion ?
Aux commandes sans fil. L'avantage de tels systèmes ne se limite pas à l'utilisateur, il concerne également l'installateur, les systèmes sans fil étant plus faciles à installer et à modifier. Ce devrait être la raison essentielle de leur succès. Il y a, bien entendu, des inconvénients classiques : le coût du régulateur ou la durée de vie limitée des piles. Mais les nouvelles technologies sont là pour y répondre.
De quelles nouvelles technologies voulez-vous parler ?
Pour l'essentiel des systèmes micro-électromécaniques (MEMS pour les anglophones) utilisant des puces de silicium très fines, auto-configurables, cumulant les fonctions de captation de paramètres, les fonctions de transmission, et les fonctions d'action (les trois fonctions de base des automatismes). C'est une technologie qui existe déjà, peu ou prou, en automobile, pour le contrôle de pression des pneus, ou pour l'ajustement de pression des airbags aux "volumes" des occupants. On peut imaginer, facilement, que les parois des bâtiments contiendront (dans la peinture ou le revêtement intérieur) de multiples puces de ce genre, ayant la faculté de déceler les occupants. Toute une nouvelle conception du "contrôle du confort" peut en résulter, dans un délai de moins de cinq ans. Nous n'avons donc pas le droit de négliger de telles perspectives.
Dans ma prochaine lettre,je poursuivrai sur ce même thème.
Roger CADIERGUES
