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La commodité : une exigence qui devrait devenir essentielle (2)

Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019

Existe-t-il, selon vous, d'autres voies de "progrès" ?

Les fournisseurs de régulation et d'automatismes vous en feront peut-être miroiter d'autres, mais je voudrais surtout insister sur les communications, en prenant l'exemple des gestions techniques centralisées. Le grand problème, dans ce domaine, est celui de l'intercommunicabilité. C'est un défi qui n'a pas échappé aux protagonistes de la gestion technique : ils ont créé pour cela - depuis plus de 20 ans - un certain nombre de procédés, dont certains ont pratiquement disparus. Il s'agit, pour l'essentiel, de faciliter les communications entre réseaux de marques différentes. A mon avis deux procédés l'ont emporté sur tous les autres : BACnet et LonWorks.

Peut-on sommairement les décrire ?

Je reviendrai plus loin sur BACnet, car nous examinerons d'abord "LonWorks", qui se trouve d'ailleurs souvent sous BACnet. L'inconvénient de LonWorks est de faire appel à un réseau limité, de type informatique, utilisant un processeur d'une facture et d'une marque absolument impérative : le processeur Echelon. Ce qui rend le système strictement "propriétaire". En Février dernier, devant cette difficulté, l'organisation de base, la LonMark Interoperabilty Association, a décidé de lancer une nouvelle structure, LonMark International. Celle-ci est - cette fois ci - tout à fait indépendante d'Echelon, et devient désormais responsable du développement de LonMark dans les trois grandes régions du monde. Le plus intéressant c'est qu'il est prévu une certification des firmes adhérentes au système. Il est néanmoins difficile, dès maintenant, de supputer l'avenir de cette démarche, bien que ce soit une ouverture importante.

De quoi s'agit-il quand on parle, par ailleurs, de BACnet ?

D'une initiative, déjà très ancienne, venant de l'ASHRAE (l'Association Américaine des Ingénieurs), visant à créer une "norme" d'interopérabilité. Démarrée un peu timidement, cette initiative a finalement connu une utilisation mondiale de plus en plus forte. Au point que le système, déjà sous "norme" américaine, devient maintenant une norme internationale (ISO). Le texte du standard américain en est trop volumineux pour que je l'analyse en détail, puisque la dernière version (2001) couvre 555 pages, sans compter les 443 pages de la norme consacrée aux tests des produits.

Peut-on, quand même, en donner une image ?

Ce n'est guère possible sans entrer dans des détails trop "savants" pour cette lettre. Ce qu'il convient, par contre, de noter - et ce qui est trop fréquemment oublié - c'est qu'on aborde de plus en plus les aspects sécurité. Ils sont loin d'être simples. Au début il s'agissait de couvrir des réseaux de gestion technique strictement internes, avec des problèmes de sécurité très limités. Aujourd'hui il s'agit de plus en plus de systèmes branchés (au moins partiellement) sur des réseaux collectifs extérieurs, de plus en plus souvent de type Internet. Les risques sont importants, et la sécurité de tels montages devient vite une affaire de spécialiste…

Peut-on, quand même, dire ce que sont ces risques ?

Ils sont le fait des hackers (les "étudiants de génie") ou d'intervenants délictueux, compétiteurs ou personnel de l'entreprise en tête. Avec des actions sur les mots de passe, sur les données confidentielles, des prélèvements plus ou moins irréversibles, des actions sur le fonctionnement correct du système, etc... Avec tous les virus dont vous pouvez avoir entendu parler. Prévoir des coupe-feux (firewalls) est indispensable, mais ce n'est pas toujours suffisant. La sécurité est donc une exigence essentielle, et non pas accessoire - que certains ont, hélas, tendance à oublier.

Dans ma prochaine lettre, j'aborderai le problème des "nouveaux services", un aspect qui n'est pas oublié par tous, mais qui me semble peu connu en France. Vous verrez mieux, à ce moment là, pourquoi il m'a paru nécessaire de fournir ici quelques indications simples sur BACnet.

Roger CADIERGUES

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