Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Quels furent les principes adoptés lorsqu'il y a présence éventuelle de fumeurs ?
Des principes aussi simples, mais beaucoup plus "tangents", circonscrits par la loi Veil (voir plus haut). Mon rapport et ma proposition furent, dans ce cas, basés sur le polluant le plus dangereux de la fumée de tabac (dans les perspectives de cette époque) : le CO. C'est sur cette base que furent choisis les débits d'air neuf lorsqu'il y a des fumeurs, aboutissant à des débits certainement trop faibles, mais en pleine conscience de l'insuffisance éventuelle. Il nous faudra, aujourd'hui, y revenir, et ce avec des conséquences probablement lourdes, et des réformes probablement brutales.
Que voulez-vous dire exactement ?
Que la France se trouve dans une situation qui provoquera très vraisemblablement un retournement technique auquel nos techniques ne sont pas du tout préparées. Le problème est simple, et a été résolu de manière précise par certains pays, en répondant aux deux questions suivantes :1. Peut-on, vraiment, autoriser de fumer sans prévoir des locaux spécifiques ?2. Quelles sont, alors, les règles techniques à appliquer à ces locaux ?Chacune de ces questions doit être examinée séparément.
Insinuez-vous qu'il faudra, un jour, exiger des locaux spécifiques ?
Absolument, pour des raisons simples : quand vous analysez aujourd'hui les produits toxiques dégagés par la fumée de tabac (ce que nous connaissons de mieux en mieux) leur élimination au niveau des non-fumeurs est quasi-impossible techniquement. A la fois par les concentrations admissibles (très faibles) et par l'impossibilité de maîtriser vraiment le "panache" de fumée émis par chaque cigarette. Sous une forme ou sous une autre, on aboutit aux "locaux-fumeurs", les "smoking rooms" des USA. Il n'est même pas nécessaire, ici, que j'aille plus loin dans l'analyse des produits toxiques qui figurent dans les émanations de fumée, les considérations générales qui précédent suffisent.Car le problème est simple : si, un jour, la réalisation de locaux spécifiques "fumeurs" devient obligatoire en France (ce que je pense inévitable à terme) nous disposons de données, sur lesquelles je reviendrai si c'est nécessaire. Le drame c'est qu'il s'agit là d'une situation qui peut devenir, très brutalement, impérative dans notre pays tant nous avons fait preuve de négligence. Notre corps technique n'y est pas préparé, et nos techniques devront s'y adapter très rapidement. Nous y sommes prêts pour ce qui me concerne.
Dans ma prochaine lettre, comment voulez-vous que je n'aborde pas le problème de la canicule. Non pas pour répéter ce que la presse indique abondamment, mais simplement parce qu'il s'agit d'un point de départ essentiel : quels sont les risques humains que nous font courir le chaud ou le froid, quand ils sont excessifs ?
Roger CADIERGUES
