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Le commissionnement : le vrai et le faux (1)

Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019

Quels sont, alors, les défauts du système ?

On parle, aujourd'hui, beaucoup, de commissionnement. Sans doute à la suite de démarches américaines (déjà un peu anciennes) et de l'obligation qui en est faite en Grande Bretagne. Il s'agit, en fait, d'une très vieille pratique de la marine, en particulier française, le mot "commissioning" dérivant directement du français "commissionnement". En France, et dans le domaine du bâtiment, là où les honoraires d'ingénierie sont insuffisants, et là où les prix des installations sont trop souvent abusivement serrés, le commissionnement prend plus l'allure d'un remède et d'un emplâtre que d'une procédure indispensable.

Qu'avez-vous donc contre le commissionnement ?

D'abord le fait que chacun y met un peu ce qu'il veut, les définitions étant abusivement nombreuses. Ensuite le fait qu'on y met un peu tout ce qui devrait être fourni, et ne l'est pas. C'est ainsi que certains y mettent l'équilibrage des installations et la mise en service. L'équilibrage et la mise en service sont des prestations normales de l'installateur, sans lesquelles je ne vois pas très bien comment on peut procéder à une réception.

N'est-ce pas une position extrême que celle de mettre l'équilibrage dans le marché d'installation ?

Je vais vous donner un exemple. Lorsqu'en France nous avons lancé, il y a une trentaine d'années, le calcul informatisé des installations sur mini-ordinateur, plus de 2 millions de locaux ont ainsi été réalisés dans le monde. Chaque installation était complètement calculée, équilibrage compris. Les résultats ont été si probants que le Président du Syndicat des Exploitant a souhaité que notre procédé soit rendu obligatoire. Ce n'était pas juridiquement possible, et ce n'était d'ailleurs que la transposition des calculs que tous les ingénieurs de chauffage effectuaient normalement il y a cinquante ans.

Nos calculs étaient couverts par une assurance de résultat. Elle n'est intervenue que dans 3 cas. Le premier cas tenait à une erreur de saisie des opérateurs sur 7 radiateurs. Les deux autres cas se sont révélés être à l'origine de détections de défauts de construction, et non pas de défauts de calcul. Dans un cas par exemple, que j'ai eu à contrôler personnellement, il était manifeste (aux essais) que le rez-de-chaussée sur sous-sol ouvert d'un immeuble était sous-chauffé. Tout contrôle fait, et en amenant l'expert au sous-sol il a été facile de montrer que l'isolation basse, placée en fond de coffrage, avait été écrasée au coulage du béton, ce qui évidemment ruinait l'isolation. Je vous laisse à penser aux retards et aux coûts qui auraient pu résulter du fait que "l'équilibrage n'est pas compris", ce qui veut dire trop souvent en clair que "le calcul n'est pas obligatoire" !

Quelles solutions proposez-vous ?

Des solutions simples pour tous, mais j'y reviendrai dans quelques semaines.

Le commissionnement ne comprend pas que l'équilibrage ? C'est tout à fait exact. Prenons l'exemple des USA. La procédure d'origine, datant de près de 10 ans, couvre l'ensemble du bâtiment. Sa définition la plus pertinente (et, semble-t-il la plus utilisée) est celle du National Institute for Building Sciences, avec un soutien gouvernemental appuyé depuis 1990. Dans beaucoup de cas les aspects énergétiques sont venus soutenir l'intérêt de la procédure, ainsi que l'atteste (dès 1997) la création d'un modèle de commissionnement par le DOE (US Department of Energy), développé par le PECI (Portland Energy Conservation Inc.), lequel semble servir d'exemple.

Dans ma prochaine lettre,je poursuivrai sur ce même thème.

Roger CADIERGUES

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