Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Parler de la directive européenne sur les performances énergétiques fait trop souvent oublier le "développement durable", alors que les performances énergétiques en sont l'une des composantes essentielles. Ceci dit il est logique de se poser la question suivante : le développement durable correspond-t-il à une idée valable ? C'est ce que nous allons essayer de découvrir, l'actualité m'entraînant à repousser de quelques semaines le thème promis dans ma dernière lettre.
Pourquoi craindre qu'on oublie le développement durable, alors que le thème est actuellement l'objet de nombreux discours français ?
Parce que ces discours sont trop franco-français, et un peu fermés
sur eux-mêmes. Alors qu'il est sans aucun doute important de prendre un
peu de distance, car de nombreux pays se penchent sur le thème, et aboutissent
souvent à des conclusions pratiques différentes des nôtres.
Pour en revenir à notre pays, je constate deux types de réactions
sur ce sujet :
- ou bien une réaction que j'appellerai "utilitaire", consistant
à gagner des "étoiles" et à promouvoir le projet,
en essayant de limiter le coût de la démarche,
- ou bien une réaction moins utilitaire et moins aveugle, basée
sur la conviction qu'il faut faire face à une nécessité
fondamentale en essayant de faire le mieux possible, sous réserve - bien
entendu - de définir clairement ce "mieux", ce qui n'est pas
toujours facile.
Par expérience de l'application des réglementations françaises
en général je crains beaucoup les réactions utilitaires.
Aujourd'hui, quand la RT 2000 est appliquée, c'est presque toujours avec
l'objectif de satisfaire simplement les textes, non pas d'optimiser le projet.
Je ne crois pas que ce soit la voie rêvée pour faire du développement
durable. De toutes façons et dans tous les cas, démarche utilitaire
ou pas, il faudra choisir ses "procédures".
Qu'appelez-vous "procédures" ?
Si vous examinez ce que devrait être le certificat de performance énergétique (tel qu'il est projeté) vous y verrez qu'il ne consiste pas à respecter un minimum, mais à caractériser les performances. En faisant le mieux possible bien entendu. Mais surtout - il faut l'espérer - en se basant sur la réalité beaucoup plus que sur des principes conventionnels. C'est la même chose en développement durable : ce n'est généralement pas une question de "minimum". Ce n'est pas une question de convention à satisfaire, mais une question de réalité à optimiser.
Qu'entendez-vous par "réalité ?
Si la certification énergétique s'applique à la construction et à son équipement tels qu'ils existent, la qualité des réalisations va apparaître comme un paramètre essentiel. Ce serait alors un premier point gagné. Mais, sous une forme ou sous une autre, il va bien falloir aller plus loin, et se placer dans un cadre plus large, celui du "développement durable". Un thème se prêtant trop facilement à des discours assez creux, avec des contenus faussement précis, rendant difficile le choix des procédures à adopter.
Roger CADIERGUES
