Par Roger CADIERGUES le 04 Juillet 2019
Nous ne vivons plus, aujourd'hui, qu'avec des acronymes. Désormais tout terme doit être remplacé par son abréviation, ce que nous allons bien être obligés de faire. C'est ainsi que, sauf pour ceux d'entre vous qui sont déjà au courant, vous allez apprendre ce que sont les "MEMs", de drôles de petits engins matériels qui vous seront sans doute invisibles, mais qui constitueront probablement le cœur de tous vos outils.
Pourquoi tous ces nouveaux termes ?
Non pas pour le plaisir de faire savant, mais parce qu'il s'agit de termes aujourd'hui réellement utiles. Qui correspondent à des concepts qui, pour tout ce qui concerne nos équipements, pourraient bien devenir majeurs ces dix prochaines années. En clair, nos équipements devraient, je pense, devenir de plus en plus "intelligents", en particulier grâce aux "inserts" microélectroniques que sont les MEMs, mais aussi parce que ces MEMs devraient systématiquement communiquer entre eux et avec l'extérieur, grâce à un adressage individuel systématique des équipements et grâce à un ensemble unifié de protocoles de communication.
Parmi toutes ces nouveautés, ce sont les "MEMs" qui me paraissent les moins connus ?
C'est tout à fait normal, et voici ce dont il s'agit : MEMs veut tout simplement dire "Microelectronic mechanical systems". Il s'agit de tous petits capteurs, très rapides et à bas prix, accompagnés d'actionneurs également minuscules. C'est sans doute l'industrie automobile qui est ici notre précurseur, avec 25 à 70 MEMs par véhicule moderne. Ce ne sont pas des composants vraiment nouveaux, puisqu'ils datent des deux ou trois décades passées, mais leurs performances se sont considérablement améliorées. Avec des tailles de plus en plus petites, une intégration micronique des actionneurs de plus en plus poussée, un très faible poids, et surtout - de plus en plus - de faibles coûts de fabrication.
Ces avantages sont évidents, mais il est logique de se demander si la très petite taille (la microélectronique) est si fondamentale pour nos techniques ?
Au premier abord ce n'est peut-être pas évident. Mais, en y regardant de près, apparaît par exemple un nouvel avantage : de tels composants ne perturbent pas les processus, par exemple l'écoulement d'un fluide dans lequel ils sont plongés. Les applications frigorifiques (dans les circuits à compression) et surtout les pompes à chaleur en devraient être un bon exemple, mais d'autres également.
Vous semblez impliquer que la petite taille est synonyme de faibles coûts de fabrication ?
Exactement, la plupart des MEMs ne dépassant pas (en coût de fabrication) un demi Euro. La technique de base repose sur les micro-fabrications à base de silicium, les tailles allant du micromètre au millimètre, et les fabrications étant très répétitives. Il s'agit, bien, entendu, de retombées directes des industries électroniques, de la photolithographie en particulier. Mais il est difficile d'aller ici plus loin sur leur technologie.
Peut-on quand même indiquer les domaines où les MEMs devraient systématiquement intervenir ?
Disons, pour proposer un tableau prospectif, que les domaines physiques où les MEMs peuvent au minimum intervenir sont les suivants, puisqu'ils partent d'abord des capteurs : les températures, les pressions, les humidités, les vibrations, les viscosités, etc. Il n'y a, aujourd'hui, guère de limites à priori. Tout ce qui est "mesure + action", est concerné. Reste que les MEMs ne sont qu'un support matériel, et qu'il reste à examiner d'un peu plus près deux points importants concernant les MEMS et leur implémentation.
Quels sont donc, à votre avis, ces deux points importants ?
Le premier concerne les communications entre MEMs, le second point concerne le format et l'organisation du contenu les mieux indiqués pour le stockage ou les échanges. C'est là où vont intervenir de nouveaux acronymes : IPv6, XML, SOAP en particulier. Des acronymes correspondant en fait à des véritables normes, mises au point par le "W3C", l'organisme international d'unification du Web.
Dans ma prochaine lettre, je poursuivrai rapidement cette série que nous venons d'engager sur les "nouvelles technologies" afin d'étendre notre examen à IPv6 et XML-SOPAP.
Roger CADIERGUES
