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PRODUCTIONS CENTRALISÉES OU DECENTRALISÉES
L'électricité dans les consommations d'énergie
L'électricité joue un rôle croissant dans les consommations d'énergie. Au fur et à mesure qu'on améliore
l'isolation des bâtiments les consommations de chauffage baissent d'importance, alors que les
autres consommations (éclairage et autres applications électriques) jouent un rôle croissant. Alors que
80% des appareils électroménagers tendent à avoir d'excellentes performances énergétiques (classement
A+), le développement des ordinateurs domestiques et l'usage d'Internet compensent largement
cette tendance à la réduction des consommations. Il est donc très important de situer les usages électriques.
C'est d'autant plus délicat que deux solutions se présentent pour la production :
Nous ne traitons, dans ce livret, que des productions centralisées.
Les productions centralisées
Les productions classiques d'électricité reposent, pour l'essentiel, sur trois types de centrales :
auxquelles il faut aujourd'hui ajouter (outre des techniques plus subalternes) :
La répartition des productions dans le temps
La planification de la production d'électricité ne peut pas simplement reposer sur la quantité d'énergie
annuelle que telle ou telle source peut fournir, il faut en plus que cette énergie soit fournie aux bons moments,
ce qui conduit à distinguer : les centrales de base et les centrales de pointe, le classement
étant essentiellement basé sur la facilité de mise en route des centrales. En France les centrales de base
sont essentiellement nucléaires.
Les centrales nucléaires
Les centrales nucléaires jouent un rôle très important dans les bilans français de production d'électricité :
ce sont les centrales de base de référence. Il existera, en fait et dans les années à venir, deux parcs.
1. Le premier parc est celui des 58 réacteurs actuellement en opération, destinés à disparaître à assez
long terme.
.2. Le deuxième parc - à venir - est celui des futurs réacteurs à eau pressurisée dits de troisième
génération (EPR), dont les implantations sont en discussion au moment de la rédaction de ce livret.
La prise en compte de l'énergie nucléaire dans les dégagements de CO2 mérite quelque examen. En
effet le fait, en France, de ne pas comptabiliser les énergies grises, obère les discussions sur l'énergie
nucléaire, car oubliant le fait que cette énergie ne rejetant pas directement de CO2 à l'atmosphère,
consomme de l'énergie lors de l'extraction, de la préparation et du transport de l'uranium.
Les centrales hydrauliques
Il s'agit là d'une production pouvant être de pointe. Avant l'introduction du nucléaire, EdF avait très
fortement privilégié l'hydraulique, y faisant de la France l'un des plus importants d'Europe (après la
Norvège) : de l'ordre de 2100 barrages dont 400 très importants, qui devraient être progressivement
rénovés ces prochaines années. La situation est telle que le parc est proche de sa capacité maximale,
l'ensemble étant saturé en sites disponibles. La seule solution consiste à augmenter les capacités de
production (tout en améliorant les rendements) grâce au recours à de nouvelles turbines.
Pour redévelopper l'hydraulique française des grands et moyens barrages la solution s'impose : revoir
et améliorer l'existant. Pour ce faire il s'agit essentiellement de remplacer les turbines et les roues
existantes par des turbines de haute efficacité, une action déjà plus ou moins en train de se mettre en
place . Avec un appel d'offres au moment de la rédaction de ce livret : les gains prévus sont de 30 %
sur le rendement des turbines.
LES CENTRALES THERMIQUES
Les deux grandes catégories de centrales
Nous prendrons ici comme référence, non pas les installations de production électrique simple, mais
les installations de production combinée de chaleur et d'électricité, dites de cogénération. Elles sont
basées sur l'utilisation soit de turbines à vapeur, soit de turbines à gaz.
L'emploi des turbines à vapeur
Ces centrales utilisent deux modes de fonctionnement, les turbines (voir schémas ci-dessous) pouvant être :
Avec le fonctionnement à contre-pression la totalité de la vapeur issue de la turbine basse pression
(BP) est utilisée pour le chauffage, et la production de chaleur et d'électricité sont dépendantes l'une de
l'autre. C'est donc un système manquant de souplesse, son intérêt essentiel résidant dans son relativement
faible coût.
Avec le fonctionnement par soutirage, les besoins de chauffage et les besoins d'électricité sont plus
indépendants. Il est assez facile, par exemple aux besoins de pointe en électricité, de réduire fortement
la fourniture de chauffage. Toutes ces capacités sont largement utilisées dans les centrales classiques de
chauffage urbain.

L'emploi des turbines à gaz
Avec ce système présentant de multiples avantages (voir plus loin) c'est la chaleur contenue dans les
gaz issus de la combustion qui est utilisée pour le chauffage (voir schéma ci-dessous). Les principaux
avantages notés sont les suivants : faible encombrement, faible coût, mise en température rapide.
N.B. Les systèmes combinés (turbines à gaz + turbines à vapeur) sont également possibles.

Les coefficients de transformation
La multiplicité des techniques possibles rend difficile la fixation du coefficient dit de transformation en
énergie primaire (voir le livret nB02 : le développement durable et l'énergie). Si l'on néglige l'énergie
grise, en France ce coefficient vaudrait 2,58. Par contre, si l'on inclut l'énergie grise (préparation et
transport du combustible) le coefficient, selon les performances des turbines, va se situer entre 2,9 (systèmes
modernes performants) et 3,8 (systèmes plus anciens à base de combustible solide, ou certains
systèmes de production combinée). C'est une des raisons pour lesquelles il peut subsister d'assez fortes
divergences entre évaluations.
LES PRODUCTIONS COMBINÉES (COGÉNÉRATION)
Les systèmes en cause
D'une manière générale il est commode de distinguer trois systèmes de production d'électricité :
. le système de simple production d'électricité,
. le système de production combinée d'électricité et de chaleur,
. le système de production combinée d'électricité, de chaleur et de froid.
Le deuxième système, dit aussi de cogénération, est celui - plus complet - que nous prendrons comme
thème de base dans ce livret. Certains systèmes (rares) produisent à la fois de l'électricité, de la chaleur
et du froid : on parle alors de «trigénération».
Les sources
Certains systèmes utilisent directement de l'énergie mécanique (ex. les éoliennes), mais la plupart
utilisent de la chaleur obtenue :
. soit à partir de combustibles (solides, liquides ou gazeux, déchets inclus),
. soit à partir de sources thermiques diverses telles que des fermes solaires équipées de paraboles
permettant de focaliser l'énergie produite et la porter à relativement haute température.
Les équipements de base : la cogénération de taille industrielle
Les principaux générateurs utilisant l'énergie thermique utilisent :
. soit des moteurs à piston,
. soit des turbines à vapeur ou à combustion.
Les schémas ci-dessous illustrent les deux modes de fonctionnement.

La microcogénération
En France, à partir de 2011, devraient normalement conaitre un certain développement les installations
de microcogénération, basées sur l'utilisation de petites chaudières dites de micro-cogénération,
installées dans les bâtiments terminaux (résidentiels ou non). Ces générateurs spécifiques, qui feront
l'objet d'un livret séparé dès que la technologie sera - en France - stabilisée, sont essentiellement
constituées :
. d'un générateur de chaleur à condensation (à gaz dans les projets actuels),
. suivi d'un moteur Stirling de génération d'électricité.
LES PARCS ÉOLIENS
La France est souvent considérée comme l'un des pays européens qui, avec le Royaume-Uni, présente le potentiel le plus élevé d'utilisation de l'énergie du vent. Avec une légère croissance, le taux de réalisation, en 2008, dépassera probablement l'installation d'un peu plus de 600 unités. Pour des raisons diverses les éoliennes de production centralisée d'électricité sont regroupées dans des «parcs éoliens». Fin septembre 2008 on comptait, en France, plus de 320 parcs de ce type.| SITES ÉOLIENS PRÉFÉRENTIELS | |
| Région (carte ADEME disponible) | Sites |
| peu ventée | crêtes, collines à la rigueur |
| assez peu ventée | crêtes, collines, bords de mer ou de lac |
| moyennement ventée | crêtes, collines, bords de mer ou de lac, prairies dégagées |
| assez fortement ventée | crêtes, collines, bords de mer ou de lac, rase campagne |
| fortement ventée | tous sites, sauf très urbanisés |
LES PRODUCTIONS DÉCENTRALISÉES
Surtout vantées par les publications et manifestations récentes, les solutions décentralisées que nous examinerons sont le suivantes :
. les microcentrales thermiques, § 2.2,
. l'hydraulique locale, § 2.3,
. l'éolien local, § 2.4,
. le photovoltaïque local, chapitre 3,
. les piles à combustibles, chapitre 4.
LES MICROCENTRALES THERMIQUES
Les principes des systèmes courants
Les installations de microgénération sont de relativement petites installations de production d'électricité
(moins de 1000 kW pour ce qui nous concerne ici). Elles sont souvent combinées avec de la production
de chaleur (micro-cogénération : schéma ci-dessous).
Dans tous les cas l'élément central est un moteur, à combustion interne (Diesel). Les rendements
types de ces unités sont, normalement, les suivants :
Les microcentrales de cogénération sont particulièrement indiquées dans les bâtiments où les besoins de chauffage et d'électricité sont souvent simultanés : hôpitaux, piscines ou certaines usines par exemple. De telles installations exigent néanmoins de très sérieuses précautions acoustiques, par suite du bruit du moteur. Au plan du développement durable il faut chercher à utiliser un biogaz.

Les utilisations élargies
Au lieu des cogénérations «électricité-chaleur» il est parfois possible d'envisager la trigénération, avec
une troisième production, celle de froid (au moyen d'une machine à absorption utilisant la chaleur récupérée).
Il existe également - bien qu'assez rare - des petites centrales de cogénération qui sont combinées
avec une pompe à chaleur.
L'HYDRAULIQUE LOCALE
Une solution décentralisée intéressante consiste à développer les petits barrages (10 à 100 kW). Il en
existait environ 100 000 de ce type vers 1900, il en subsiste environ le tiers, qui peuvent être équipés
de turbines efficaces de production d'électricité. De telles installations viennent compléter les centrales
électriques hydrauliques collectives (voir livret MA48), entre moins de 5 MW) mais souvent de plus de
5 MW), l'utilisation étant réservée au réseau public. Il existe, toutefois, des cas où une chute d'eau locale
peut être directement utilisée, plus ou moins indépendamment du réseau extérieur. De telles installations,
dites «micro-hydrauliques», ont des puissances de l'ordre de quelques dizaines de kilowatts.
Pour plus de détails consulter le
chapitre 3 du guide xR21. Les énergies renouvelables.
L'ÉOLIEN LOCAL ET LES MICRO-ÉOLIENNES
L'obstacle aux éoliennes privées
Bien que quelques précautions aient été prises la création des zones de développement éolien (les
parcs éoliens) défavorise très fortement les petites installations localisées. D'autant que se pose presque
toujours des problèmes de voisinage.
La solution technique adoptée consiste à intégrer l'éolienne dans le bâtiment desservi, mais le rendement
est très médiocre. De ce fait, en France, sauf situation très particulière, il n'y a pas intérêt à
équiper directement les bâtiments en éoliennes privées, les exemples relativement valables (éoliennes
incorporées aux bâtiments) se situant pour l'essentiel - mais en nombre limité - hors de la métropole et
même hors de France. Il s'agit souvent de bâtiments de grande hauteur couronnés par des petites
éoliennes, un système de rentabilité très limitée.
Pour plus de détails sur les éoliennes intégrées aux bâtiments, consultez le chapitre 5 du guide :
xR21. Les énergies renouvelables.
LA PRODUCTION SOLAIRE D'ÉLECTRICITÉ
Les deux catégories de production
Il existe deux modes essentiels de production d'électricité utilisant l'énergie solaire :
Dans ce deuxième cas la tarification de vente au réseau est, en France, soumise à un régime tarifaire
promotionnel couvert par des textes législatifs et réglementaires, des textes qui - ayant déjà évolués
- seront toujours susceptibles de modifications dans l'avenir.
La production thermodynamique
La production solaire thermodynamique, la plus ancienne dans les développements réels, ne peut guère
être réservée qu'à des centrales un peu importantes, du type centrales urbaines ou inter-urbaines. Elles
utilisent directement la chaleur solaire, au travers de centrales électriques (thermodynamiques) classiques.
L'efficacité de ces systèmes étant très fortement lié à la température de source chaude, on ne
peut utiliser que des capteurs héliothermiques spécifiques (dits ici «fours solaires»), produisant, grâce à
l'orientation variable des capteurs et à la focalisation des rayons, une source très chaude de vapeur d'eau
ou d'eau chaude permettant d'atteindre des performances thermodynamiques suffisantes .
Vous trouverez, au plan technique comme au plan réglementaire (les tarifs), les détails essentiels sur
ces systèmes dans le livret consacré à l'électricité solaire thermodynamique.
La production photovoltaïque
Reposant sur l'emploi de capteurs photovoltaïques transformant directement le rayonnement en électricité,
ce type de production repose, en France, sur trois techniques un peu différentes, correspondant
chacune à un régime tarifaire différents, le paramètres essentiel étant l'intégration plus ou moins poussée,
des modules dans le bâti. Ces trois régimes correspondent aux réalisations suivantes :
LE PHOTOVOLTAÏQUE
Les modules photovoltaïques
Les cellules photovoltaïques convertissent directe-ment la lumière en électricité. Dans notre cas il
s'agit de cellules placées à l'extérieur, face au rayonnement solaire. Ces cellules sont incorporées dans
des modules fournissant chacun une tension (continue) et une intensité données. Les modules peuvent
être montés en série ou en parallèle, ce qui permet de s'adapter aux caractéristiques électriques
souhaitées, lesquelles dépendent des matériaux utilisés.
Les matériaux de base
Les cellules courantes, à base de silicium, sont de trois types : à base de silicium monocristallin,
à base de silicium polychristallin, à base de silicium amorphe. Avec des rendements très différents.
Le silicium risquant de devenir «rare» et encore plus coûteux, de nombreuses tentatives de
substitution ont vu le jour, mais encore jusqu'ici sans grand succès. On peut, en effet et par exemple,
utiliser : de l'arséniure de gallium, du séléniure de cuivre et d'indium, du tellure de cadmium, du
phosphure d'indium. Une usine, en cours de construction en Allemagne, fabriquera dans quelques
années des cellules au «CIS» (cuivre, indium, sélénium), moins coûteuses que celles au silicium.
Les rendements
La différence essentielle entre les deux «races» de silicium tiennent au rendement.
L'espoir, parfois utilisé à des fins commerciales, d'une amélioration des rendements et d'une baisse des prix significatifs ne s'est pas concrétisé depuis 25 ans. Reste néanmoins une incertitude : le CIS, plus économique, et ce pour un rendement de 11 %.
LES STRUCTURES PHOTOVOLTAÏQUES
Structure des cellules
Les cellules photovoltaïques sont en général carrées, et de 12,5 [cm] de côté. Lors du fonctionnement
les phénomènes essentiels sont les suivants : les photons, portés par le rayonne-ment incident, peuvent
être - en atteignant la cellule photovoltaïque - soit réfléchis soit absorbés. Ce sont les photons absorbés
qui provoquent – au sein du matériau cellulaire - les arrachages d'électrons créant le courant utile.
Afin de renforcer le rôle de l'absorption les modules sont normalement recouverts d'une couche
réduisant le phénomène de réflexion. De sorte qu'un module type est constitué, outre le coeur en
matériau photo-voltaïque, d'un cadre de soutien et d'une couche anti-réflexion face à l'ensoleillement.
Le courant fourni par le module dépend de la tension appliquée et de l'éclairement solaire.
Fonctionnement des cellules
Il est possible de représenter le fonctionnement
électrique d'un module au moyen d'une courbe
donnant en fonction de la tension [V] l'intensité
mesurée en ampère [A]. Cette représentation
fait apparaître trois points particuliers de
fonctionnement :
Les caractéristiques de chaque module doivent être fournies par le fabricant, qui doit indiquer la tension maximale supportable, et les dispositions prises en matière de sécurité électrique.
LES INSTALLATIONS PHOTOVOLTAÏQUES
Les montages photovoltaïques
Deux montages sont possibles (voir les schémas ci-dessous) :

Le générateur photovoltaïque
Le courant produit par les cellules photovoltaïques étant continu il faut le convertir pour obtenir du
courant alternatif, lequel doit être conforme à celui distribué en France (tension de 230 [V] et fréquence
de 50 [Hz]). Pour ce faire les cellules photovoltaïques sont insérées dans un ensemble plus complexe, le
générateur photovoltaïque, décrit ci-dessous.
Il faut noter que l'onduleur - qui fabrique du courant alternatif à partit du courant continu fourni par
les cellules photovoltaîques - jour un rôle assez important dans le rendement de l'ensemble, et doit être
choisi convenablement en fonction de la puissance en jeu.

LE COÛT DU PHOTOVOLTAÏQUE
Le coût des installations photovoltaïques joue un rôle essentiel dans le développement de cette technique. D'autant que ce coût a fortement évolué au cours du temps, et semble continuer à évoluer.
Les coûts toutes puissances
Pour une même puissance crête les ordres de grandeur des coûts relatifs ont été la suivants (pour les installationsq toutes puissances) :
. en 1990 : 100,
. en 1998 : 80,
. en 2002 : 70,
. en 2004 : 60,
. en 2006 :57
. en 2008 : 55,
. en 2010 : 45,
avec une diminution qui semble se poursuivre.
Le rôle des puissances
Ce qui est le plus important c'est que ce coût unitaire dépende fortement de la puissance crête mise en
jeu l'installation. C'est ainsi qu'en 2010, avec les mêmes éléments de comparaison (moyenne 45) :
. les installations de moins de 2 kW crête ont un coût de 70,
. alors que le installations de plus de 1000 kW crête ont un coût de 35.
Les tendances 2012 permettent même d'espérer, pour les grandes installations, un coût de 20 à 30. Malheureusement
il semble bien qu'u moins pour le moment, et en France, on tend à privilégier les petites
installations (sur maisons individuelles).
LE PRINCIPE DES PILES À COMBUSTIBLE
A côté des solutions techniques plus courantes reste une technique plus incertaine, celle des
piles à combustible. Elles pourraient devenir des réalités commerciales dès les années 2015. Le
problème essentiel sera certainement celui du combustible (en principe, actuellement, l'hydrogène).
Les piles à combustible convertissent directement en électricité l'énergie chimique de combustibles
divers (sans combustion), avec de multiples avantages : une grande modularité permettant des montages
très variés avec une très grande facilité d'insertion (y compris dans des unités préfabriquées), une flexibilité
d'installation très forte quel que soit l'emplacement d'utilisation, de grandes facilités de maintenance dues à
l'absence de pièces mobiles et à la facilité de remplacement in situ des composants, une absence quasi-totale
de dégagement de polluant (de CO2 en particulier) le seul rejet étant celui d'eau très pure, un rendement
élevé de production d'électricité (très supérieur à celui des solutions classiques), un rendement pratiquement
indépendant de la charge l'équipement pouvant facilement être très voisin du point d'utilisation, des temps de
réponse extrêmement courts, un fonctionnement très silencieux. Le seul obstacle significatif est le coût.
Le fonctionnement des piles à combustible
La partie centrale d'une pile à combustible est une membrane électrolytique (voir ci-dessous) avec :
1. L'hydrogène fourni à la pile pénètre dans celle-ci par la
face anodique, où une couche de platine favorise la décomposition
de l'hydrogène en électrons et en protons.
2. La membrane électrolytique laisse passer les protons, mais
s'oppose au passage des électrons, qui sont recueillis séparément
sur la première face afin de fournir le courant électrique.
3. L'oxygène, transitant vers la cathode, y rencontre une
autre couche de platine qui provoque la combinaison de l'oxygène
avec des électrons, fournissant de l'eau et de la chaleur.
Les avantages majeurs
1. L'ensemble des processus revient à une conversion directe
de l'énergie chimique en électricité, au contraire des
systèmes courants (transformation de l'énergie chimique
en énergie thermique).
2. Utilisées en production décentralisée d'électricité les piles à
combustible présentent un double avantage :
L'inconvénient majeur
Le seul obstacle significatif restant celui du coût, il est possible
d'espérer que les recherches en cours permettront d'atténuer,
sinon de supprimer ce défaut, mais les prévisions ne sont pas probantes,
et il règne encore beaucoup d'incertitudes (voir ci-contre
les prévisions concernant la période 2015-2020).
3. S'ajoute la possibilité de faire appel à de multiples combustibles, avec un fonctionnement très silencieux,
des coûts de maintenance a priori très réduits. Au contraire des batteries électriques les réactifs cathodiques
et anodiques possèdent l'avantage de se renouveler régulièrement à partir de l'air et du combustible.
| Prévisions PEMFC (€/kW) | |
| Actuel (environ) | 700 |
| 2010 | 450 |
| 2015 | 350 |
| 2020 | 200 |
LES TYPES DE PILES À COMBUSTIBLE
^ sommaireLes types de piles
Chaque type de piles à combustible est caractérisé par l'électrolyte adopté. Si l'on excepte les piles
«AFC» (à la potasse), quatre catégories sont actuellement envisagées pour les applications bâtiments,
applications désignées par leur sigle anglophone. Il s'agit :
1. Les piles «PEMFC» (ou «PEFC»), «proton exchange membrane fuel cells», possèdent un électrolyte
qui est une membrane polymère.
2. Les piles «MCFC», «molten carbonate fuel cells», possèdent du carbonate de lithium fondu comme
électrolyte.
3. Les piles «SOFC», «solid oxide fuel cells», possèdent une céramique (normalement de l'oxyde de zirconium)
comme électrolyte.
4. Les piles «PAFC», «phosphoric acid fuel cells», possèdent un électrolyte à base d'acide phosphorique.
Les piles «bâtiment»
Il existe plusieurs familles de piles à combustibles dont l'utilisation est envisagée dans le domaine du
bâtiment, de perspectives assez différentes. Ces familles sont le suivantes : les piles «PEMFC» (ou
«PEFC»), les piles «MCFC», les piles «SOFC», les piles «PAFC». A chacune de ces familles correspondent
actuellement des coûts et des performances dont les ordres de grandeur sont indiqués à la table
suivante, fournie à titre indicatif.
| Type de pile |
Electrolyte | Investissement €/kW 2020 prévu |
Fonctionnement €/kWh 2008 |
| PEFC | membrane polymère injectée d'acide sulfonique | de l'ordre de 200 | de 0,03 à 0,04 |
| MCFC | carbonate de lithium fondu | de l'ordre de 350 | de l'ordre de 0,06 |
| SOFC | céramique (oxyde de zirconium) | de l'ordre de 400 | de 0,03 à 0,04 |
| PAFC | acide phosphorique | de l'ordre de 750 | de l'ordre de 0,07 |
Un exemple (PEFC) : les avantages
Dans les piles PEFC (ou PEMFC) la couche électrolytique centrale est un polymère conducteur de protons. Sur
les deux faces de la membrane l'anode (d'un côté) et la cathode (de l'autre côté) sont des couches électrolytiques
à base de platine fixées sur des particules de carbone. Cette version possède trois avantages de base :
Les inconvénients
Pour le moment les coûts d'investissement et de maintenance restent encore assez élevés : s'ils
ne deviennent pas rapidement acceptables les piles à combustible resteront des curiosités. Hors de cet
aspect général l'inconvénient principal est que la pile doit fonctionner à partir d'un combustible qui ne
peut guère être que de l'hydrogène pur, lequel peut être produit à partir de charbon, de gaz naturel
ou de fermentations. Il est essentiel que le combustible, comme la combustion, soient d'une excellente
propreté, ce qui est peut-être la servitude la plus lourde. Les impuretés telles que monoxyde de carbone (à
des niveaux de quelques millionièmes) ou les composés sulfureux (à des niveaux de quelques milliardièmes)
doivent être éliminés afin de n'utiliser que de l'hydrogène d'une pureté d'au moins 99,999 %.
La nécessité de disposer d'une source d'hydrogène pur ne peut guère être satisfaite que dans les
situations suivantes : ou bien nous disposons d'un réseau collectif de distribution d'hydrogène pur, soit
sous forme gazeuse (en canalisations) soit sous forme solide (en camions), ou bien nous fabriquons cet
hydrogène localement, vraisemblablement par reformage de gaz naturel. Dans ces deux cas l'avantage
économique des piles restera difficile à justifier, la production et la distribution d'hydrogène pur n'étant
«gratuite» ni au plan énergétique ni au plan environnemental. Malgré les progrès déjà accomplis l'avenir
des piles à combustible reste donc encore assez incertain.
