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Juillet 2010
SOMMAIRE
La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part que les "copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective", et d'autre part que les analyses et courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration " toute reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite ".
Pendant de longues années, et même encore maintenant, le bâtiment s'est articulé en corps d'état :
maçonnerie, menuiserie, chauffage, électricité, etc. C'est une organisation qui reste toujours indispensable,
en particulier sur le plan des obligations juridiques particulières au bâtiment. Et sur la nécessité
de fixer clairement les responsabilités de chaque intervenant, qu'il s'agisse des architectes, des bureaux
d'études ou des entreprises. Toutefois il faut bien reconnaître que l'utilisation du système traditionnel
des corps d'état n'est pas toujours très bien adapté, surtout face aux nouvelles obligations dont nous
reparlerons. Pour que ce soit plus clair, nous utiliserons le découpage suivant, distinguant :
- d'une part les aspects structurels, concernant les intervenants sur les composants "fixes" de la
construction : maçonnerie, béton armé, construction métallique, couverture, etc.
- et d'autre part les aspects fonctionnels, ces derniers couvrant ici, par commodité :
a. d'abord les aspects strictement fonctionnels tels que les caractéristiques aérauliques, thermiques ou
acoustiques des bâtiments, ainsi que leur sécurité (incendie ou autre),
b. mais également tout ce qui concerne les équipements techniques, souvent impliqués dans l'assurance
des objectifs proprement fonctionnels relevant du point a.
MémoCad est dédié aux aspects "fonctionnels complets", ceux qui relèvent (à la fois) des deux
domaines a et b ci-dessus, ce qui inclut les équipements techniques. Dans ce cadre les documents
législatifs, réglementaires et normatifs jouent un role essentiel.
Le cadre juridique joue ici un role assez fondamental. Il s'exprime à travers les lois, les décrets,
les arrêtés, plus éventuellement les circulaires d'accompagnement, l'ensemble constituant la documentation
officielle de base. Comme nous le verrons, il s'agit là d'un ensemble de textes en grande
partie obligatoires, mais qui sont - hélas - de plus en plus nombreux et souvent soumis à des refontes
périodiques plus ou moins profondes. Pour plus de détails il vous faudra vous reporter au livret nA02. Les lois et règlements,
ainsi qu'aux livrets chargés de présenter les différents thèmes techniques particuliers.
Au-delà de ce premier cadre il est de plus en plus souvent nécessaire de faire également référence
aux normes et documents associés. Le cadre normatif, complémentaire du cadre juridique, en diffère
par le fait que les normes ne sont généralement pas juridiquement automatiquement obligatoires. Il
n'empêche qu'elles jouent souvent un role de référence essentiel. Pour plus de détails sur ce cadre il
vous faudra vous reporter au livret nA03. Les normes et avis techniques,
ainsi qu'aux livrets chargés de présenter les différents thèmes techniques particuliers.
Les problèmes posés par les textes législatifs, réglementaires et normatifs
Les documents relevant des cadres juridique et normatif - spécialement les textes de caractère législatif
ou réglementaire - feront, dans les livrets à venir, l'objet d'une présentation systématique. C'est
d'autant plus important que le nombre de ces documents est une source de complications fréquentes
pour tous les intervenants de notre domaine, puisqu'on y compte environ :
- près de 300 textes législatifs et réglementaires (documents d'accompagnement compris),
- et plus de 350 normes très diverses, françaises uniquement, ou européennes sinon internationales,
- tous ces textes étant en nombre de croissance forte.
Tous ces textes, qui se sont considérablement multipliés ces dernières années, crée un flot d'obligations
et d'informations de plus en plus difficiles à assimiler. Pour vous aider MémoCad a choisi les
dispositions suivantes :
- les textes législatifs et réglementaires, circulaires d'accompagnement comprises, sont synthétisés
dans le corps des textes, et surtout reproduits en annexe dans de nombreux livrets ;
- les normes - du moins celles sélectionnées - sont systématiquement analysées dans les livrets adéquats,
mais sans reproduction directe leur copyright l'interdisant généralement ;
Grâce au support Internet, tous ces textes et leurs commentaires, permettront aux livrets de posséder
des mises à jour régulières. C'est l'une des raisons essentielles de la présentation de MémoCad sous
forme de fiches pouvant être personnalisées, et qui sont de toutes façons archivables selon les souhaits
de chacun.
Depuis presque un siècle l'industrie du bâtiment a, schématiquement, vécu trois périodes, chacune
caractérisée par des préoccupations majeures différentes.
1. Jusqu'à la fin des années 1940 les soucis courants des réalisateurs étaient structurels : comment
construire en béton, en bois ou en métal. Tout, ou presque tout ce qui gravitait autour de la résistance
des matériaux était fondamental.
2. Puis est venu le temps - schématiquement à partir de 1950 - où ce sont les aspects fonctionnels
qui ont commencé à prédominer : l'isolation thermique, les précautions acoustiques, la sécurité incendie,
etc. Ce qui a fait jouer un role de plus en plus important aux équipements techniques, débordant
ainsi les préoccupations qui -jusque là - étaient surtout structurelles.
3. Tout ceci jusqu'à la fin des années 1990 et au début des années 2000, date à partir de laquelle les
aspects environnementaux ont largement pris le pas sur les autres préoccupations. Nous devons,
maintenant, faire face à de nouveaux défis.
Dès la fin des années 1970 la peur de manquer d'énergie a provoqué beaucoup d'inquiétudes dans de
nombreux de pays du monde et suscité la mise en place de différentes mesures publiques d'économie
d'énergie. Les décisions françaises, dans notre domaine, furent essentiellement les suivantes :
- le lancement de la réglementation thermique pour les bâtiments neufs, exigeant surtout une isolation
thermique progressivement renforcée,
- le lancement (un peu rapidement abandonné) d'une action sur l'existant en prévoyant des aides de
l'Etat (le "400 F par tep") orientées vers l'amélioration des performances thermiques des bâtiments et
équipements existant.
Depuis les dernières crises de l'énergie, dès la fin des années 1990, l'Europe - dans son entier - a tenté
de modifier le cours des événements en luttant collectivement contre la montée du prix du pétrole,
et en mettant en place différentes obligations énergétiques, chaque pays ayant la charge de les transformer
en obligations nationales. Il en est résulté des textes réglementaires concernant les bâtiments
neufs (la réglementation RT en France) aussi bien que les bâtiments en vente ou en location (avec les
diagnostics de performance énergétique). Si l'on y ajoute les labels, qu'ils soient purement énergétiques
ou qu'ils soient plus ambitieux, on aboutit à un faisceau de règles assez disparates, souvent très
conventionnelles, mais de plus en plus utilisées.
Allant encore plus loin la Commission européenne a présenté, le 23 janvier 2008, ce qu'on a appelé le paquet "climat-énergie", ou des "trois fois vingt", cette dernière désignation signifiant simplement qu'il s'agit d'un engagement, par rapport à 2005 :
De nouveaux engagements ont progressivement été envisagés, mais sont aujourd’hui plus ou moins abandonnés.
En France, comme dans tous les pays européens et dans la majorité des pays développés (avec de
sérieuses nuances quant aux détails), la prise en compte des problèmes d'environnement a d'abord visé
les économies d'énergie. En France nous avons connu des réglementations diverses (réglementations
dites "thermiques"), souvent mal appliquées ou inappliquées par suite de leurs défauts, mais qui
se sont succédées les unes après les autres depuis plus de quarante ans.
Plus récemment - abandonnant plus ou moins le risque exagéré de manquer d'énergie - l'objectif crucial
étant devenu celui de la protection de l'environnement - différentes actions ont progressivement
été engagées, soutenues par des ambitions de plus en plus larges, les problèmes étant généraux et ne
concernant pas le seul domaine du bâtiment. Ce qui a conduit durant les années 90 au développement des systèmes dits de qualité environnementale, et, en 2008, pour mieux définir des actions pratiques, à réunir les représentants des différents domaines
concernés au sein de ce qu'on a appelé le Grenelle de l'Environnement, présenté plus loin en
détail.
A la fin des années 1980 le Centre du Bâtiment britannique (BRE) imagina, et mis au point un système
permettant de noter les précautions prises dans les bâtiments pour la protection de l' environnement.
Ce système ("BREAM") consiste à honorer les constructeurs accordant une attention très soutenue à la
réalisation de bâtiments de très forte qualité écologique. Et ce grâce à un système de cotation fonctionnant
par addition de points attribués à une quinzaine d'aspects environnementaux, les économies de
l'énergie constituant l'un des points clés de ce système de notation, mais sans être le seul.
Au cours des années 1990 le système fut adapté en France avec la création de l'association consacrée
à la "haute qualité environnementale" (marque protégée : HQER). Depuis cette période presque
tous les pays développés du monde se sont lancés dans des actions de ce type, pr�\'nant un peu partout,
avec un certain succès, les constructions "vertes" (les "Green Buildings"). Et ce grâce à de multiples labels
s'appuyant sur des méthodes de cotation plus ou moins dérivées de l'expérience britannique (BREAM en
Grande Bretagne) : HQER en France, LEED aux USA, etc.
L’une des conséquences les plus importantes de tous ces mouvements a été de dépasser les exigences purement énergétiques, conduisant à examiner plus en détail les différents critères environnementaux qu’il a été décidé de retenir.
La mise au point, souhaitée dans le monde entier, de nouveaux critères de jugement environnemental sur le bâtiment, ont conduit d'abord à une analyse préalable de nos principaux défis actuels vis à vis du futur. Pour ce qui nous concerne il s'avère qu'il faut d'abprd tenir compte des deux défis suivants :
Le manque d'énergie étant généralement un risque limité - pour l'immédiat du moins - le principal défi essentiel auquel nous devons finalement faire face tient aux exigences concernant la protection de l'atmosphère. Ces exigences se situent - pour l'essentiel - à deux niveaux :
Dans les deux cas ce sont des dégagements excessifs, au niveau du globe, de différents gaz qui sont en cause :
Le second dégagement, celui que l'on appelle le dégagement des "gaz à effet de serre" est souvent le seul qui soit pris en compte : dans MémoCad nous éviterons cette exclusive.
Ce sont les deux dégagements précédents qui constituent actuellement nos défis essentiels. Pour
en limiter l'impact il faut impérativement organiser nos interventions de manière à préserver l'avenir,
ce qui conduit à insérer nos décisions dans le cadre de qu'il est convenu d'appeler le développement
durable. Etant bien entendu que nous nous limitons ici au bâtiment, en excluant les transports et les
activités extérieures.
Sur le plan pratique, bien que les deux domaines soient intriqués, nous traiterons séparément :
Comme indiqué page 2, afin de mieux définir les actions à mener, le développement des préoccupations
environnementales a conduit les Pouvoirs Publics à réunir les représentants des différents
domaines concernés au sein de ce qu'on a appelé le Grenelle de l'Environnement, réuni à partir de
2008. Les travaux de cette structure (2007-2010) devraient entériner les recommandations européennes,
mais en allant beaucoup plus loin, puisqu'il s'agit, en France :
- de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre entre 1995 et 2050,
- d'augmenter la part des énergies renouvelables (dans le même temps) de 23 %.
En fait ces principes doivent se traduire par des dispositions techniques nouvelles concernant le bâtiment
(neuf ou ancien), les transports, etc.
Le travail des collèges du Grenelle de l'Environnement s'est traduit :
Tant que la loi Grenelle 2, ainsi que ses décrets et arrêtés d'application, ne sont pas tous parus il est
parfois difficile de prendre une position définitive. Entre temps les incertitudes n'empêchent pas qu'il
existe déjà une masse importante de données immédiatement utilisables. C'est dans la présentation de
ces données que sont consacrés les chapitres suivants de cette première édition des livrets MémoCad.
Face au déferlement de textes officiels la solution pratique que nous avons adoptée est la suivante :
dans la majorité des cas ces textes législatifs et réglementaires sont analysés dans les livrets qui les
concernent. Grâce à l'emploi d'Internet nous profiterons des éditions à venir pour mettre à jour les
différents livrets concernés.
La nécessité d'attendre concerne en particulier le point suivant, ce qu'on appelle généralement la
réglementation RT 2012 : à la suite du Grenelle de l'environnement et des lois en tirant les conséquences,
un certain nombre de décisions à formaliser ont été adoptées sous impulsion ministérielle. Elles
devraient aboutir au résultat suivant : une part essentielle des dispositions qui concernent le bâtiment
devraient voir le jour, d'ici fin 2010, sous la forme de textes législatifs et réglementaires nouveaux, en
particulier sous le forme d'une nouvelle réglementation déjà dénommée "RT 2012", qui remplacerait
- et irai au delà le - la réglementation thermique existante (RT 2005).
Au-delà d'une simple utilisation des présents livrets comme supports d'information, et ce afin de répondre à la demande d'un certain nombre d'interlocuteurs souhaitant accélérer le développement durable, l'auteur a mis au point un certains nombre d'outils complémentaires qui seront présentés par la suite, dès leur parution.
