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Juillet 2010
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A côté des solutions techniques plus courantes reste une technique plus incertaine, celle des
piles à combustible. Elles pourraient devenir des réalités commerciales dès les années 2015. Le
problème essentiel sera certainement celui du combustible (en principe, actuellement, l’hydrogène).
Les piles à combustible convertissent directement en électricité l’énergie chimique de combustibles
divers (sans combustion), avec de multiples avantages : une grande modularité permettant des montages
très variés avec une très grande facilité d’insertion (y compris dans des unités préfabriquées), une flexibilité
d’installation très forte quel que soit l’emplacement d’utilisation, de grandes facilités de maintenance dues à
l’absence de pièces mobiles et à la facilité de remplacement in situ des composants, une absence quasi-totale
de dégagement de polluant (de CO2 en particulier) le seul rejet étant celui d’eau très pure, un rendement
élevé de production d’électricité (très supérieur à celui des solutions classiques), un rendement pratiquement
indépendant de la charge l’équipement pouvant facilement être très voisin du point d’utilisation, des temps de
réponse extrêmement courts, un fonctionnement très silencieux. Le seul obstacle significatif est le coût.
Le fonctionnement des piles à combustible
La partie centrale d’une pile à combustible est une membrane électrolytique (voir ci-dessous) avec :
1. L’hydrogène fourni à la pile pénètre dans celle-ci par la
face anodique, où une couche de platine favorise la décomposition
de l’hydrogène en électrons et en protons.
2. La membrane électrolytique laisse passer les protons, mais
s’oppose au passage des électrons, qui sont recueillis séparément
sur la première face afin de fournir le courant électrique.
3. L’oxygène, transitant vers la cathode, y rencontre une
autre couche de platine qui provoque la combinaison de l’oxygène
avec des électrons, fournissant de l’eau et de la chaleur.
Les avantages majeurs
1. L’ensemble des processus revient à une conversion directe
de l’énergie chimique en électricité, au contraire des
systèmes courants (transformation de l’énergie chimique
en énergie thermique).
2. Utilisées en production décentralisée d’électricité les piles à
combustible présentent un double avantage :
L’inconvénient majeur
Le seul obstacle significatif restant celui du coût, il est possible
d’espérer que les recherches en cours permettront d’atténuer,
sinon de supprimer ce défaut, mais les prévisions ne sont pas probantes,
et il règne encore beaucoup d’incertitudes (voir ci-contre
les prévisions concernant la période 2015-2020).
3. S’ajoute la possibilité de faire appel à de multiples combustibles, avec un fonctionnement très silencieux,
des coûts de maintenance a priori très réduits. Au contraire des batteries électriques les réactifs cathodiques
et anodiques possèdent l’avantage de se renouveler régulièrement à partir de l’air et du combustible.
| Prévisions PEMFC (€/kW) | |
| Actuel (environ) | 700 |
| 2010 | 450 |
| 2015 | 350 |
| 2020 | 200 |
Les types de piles
Chaque type de piles à combustible est caractérisé par l’électrolyte adopté. Si l’on excepte les piles
«AFC» (à la potasse), quatre catégories sont actuellement envisagées pour les applications bâtiments,
applications désignées par leur sigle anglophone. Il s’agit :
Ces différentes catégories sont caractérisées par les électrolytes suivants.
1. Les piles «PEMFC» (ou «PEFC»), «proton exchange membrane fuel cells», possèdent un électrolyte
qui est une membrane polymère.
2. Les piles «MCFC», «molten carbonate fuel cells», possèdent du carbonate de lithium fondu comme
électrolyte.
3. Les piles «SOFC», «solid oxide fuel cells», possèdent une céramique (normalement de l’oxyde de zirconium)
comme électrolyte.
4. Les piles «PAFC», «phosphoric acid fuel cells», possèdent un électrolyte à base d’acide phosphorique.
Les piles «bâtiment»
Il existe plusieurs familles de piles à combustibles dont l’utilisation est envisagée dans le domaine du
bâtiment, de perspectives assez différentes. Ces familles sont le suivantes : les piles «PEMFC» (ou
«PEFC»), les piles «MCFC», les piles «SOFC», les piles «PAFC». A chacune de ces familles correspondent
actuellement des coûts et des performances dont les ordres de grandeur sont indiqués à la table
suivante, fournie à titre indicatif.
| Type de pile |
Electrolyte | Investissement €/kW 2020 prévu |
Fonctionnement €/kWh 2008 |
| PEFC | membrane polymère injectée d’acide sulfonique | de l’ordre de 200 | de 0,03 à 0,04 |
| MCFC | carbonate de lithium fondu | de l’ordre de 350 | de l’ordre de 0,06 |
| SOFC | céramique (oxyde de zirconium) | de l’ordre de 400 | de 0,03 à 0,04 |
| PAFC | acide phosphorique | de l’ordre de 750 | de l’ordre de 0,07 |
Un exemple (PEFC) : les avantages
Dans les piles PEFC (ou PEMFC) la couche électrolytique centrale est un polymère conducteur de protons. Sur
les deux faces de la membrane l’anode (d’un côté) et la cathode (de l’autre côté) sont des couches électrolytiques
à base de platine fixées sur des particules de carbone. Cette version possède trois avantages de base :
Les inconvénients
Pour le moment les coûts d’investissement et de maintenance restent encore assez élevés : s’ils
ne deviennent pas rapidement acceptables les piles à combustible resteront des curiosités. Hors de cet
aspect général l’inconvénient principal est que la pile doit fonctionner à partir d’un combustible qui ne
peut guère être que de l’hydrogène pur, lequel peut être produit à partir de charbon, de gaz naturel
ou de fermentations. Il est essentiel que le combustible, comme la combustion, soient d’une excellente
propreté, ce qui est peut-être la servitude la plus lourde. Les impuretés telles que monoxyde de carbone (à
des niveaux de quelques millionièmes) ou les composés sulfureux (à des niveaux de quelques milliardièmes)
doivent être éliminés afin de n’utiliser que de l’hydrogène d’une pureté d’au moins 99,999 %.
La nécessité de disposer d’une source d’hydrogène pur ne peut guère être satisfaite que dans les
situations suivantes : ou bien nous disposons d’un réseau collectif de distribution d’hydrogène pur, soit
sous forme gazeuse (en canalisations) soit sous forme solide (en camions), ou bien nous fabriquons cet
hydrogène localement, vraisemblablement par reformage de gaz naturel. Dans ces deux cas l’avantage
économique des piles restera difficile à justifier, la production et la distribution d’hydrogène pur n’étant
«gratuite» ni au plan énergétique ni au plan environnemental. Malgré les progrès déjà accomplis l’avenir
des piles à combustible reste donc encore assez incertain.
