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Juillet 2010
SOMMAIRE
La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part que les "copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective", et d'autre part que les analyses et courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration " toute reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite ".
Les productions d’électricité sont, dans MémoCad, décomposées en deux catégories, chacune
d’entre elles bénéficiant d’un livret :
les productions centralisées et les productions localisées (ou décentralises).
Les productions décentralisées : présentation générale
Surtout vantées par les publications et manifestations récentes, les solutions décentralisées que nous examinerons sont le suivantes :
Les principes des systèmes courants
Les installations de microgénération sont de relativement petites installations de production d’électricité
(moins de 1000 kW pour ce qui nous concerne ici). Elles sont souvent combinées avec de la production
de chaleur (micro-cogénération : schéma ci-dessous).
Dans tous les cas l’élément central est un moteur, à combustion interne (Diesel). Les rendements
types de ces unités sont, normalement, les suivants :
Les microcentrales de cogénération sont particulièrement indiquées dans les bâtiments où les besoins de chauffage et d’électricité sont souvent simultanés : hôpitaux, piscines ou certaines usines par exemple. De telles installations exigent néanmoins de très sérieuses précautions acoustiques, par suite du bruit du moteur. Au plan du développement durable il faut chercher à utiliser un biogaz (voir mB32).

Les utilisations élargies
Au lieu des cogénérations «électricité-chaleur» il est parfois possible d’envisager la trigénération, avec
une troisième production, celle de froid (au moyen d’une machine à absorption utilisant la chaleur récupérée).
Il existe également - bien qu’assez rare - des petites centrales de cogénération qui sont combinées
avec une pompe à chaleur.
Les petits barrages
Une solution décentralisée intéressante consiste à développer les petits barrages (10 à 100 kW). Il en
existait environ 100 000 de ce type vers 1900, il en subsiste environ le tiers, qui peuvent être équipés
de turbines efficaces de production d’électricité. De telles installations viennent compléter les centrales
électriques hydrauliques collectives (voir livret MA48), entre moins de 5 MW) mais souvent de plus de
5 MW), l’utilisation étant réservée au réseau public. Il existe, toutefois, des cas où une chute d’eau locale
peut être directement utilisée, plus ou moins indépendamment du réseau extérieur. De telles installations,
dites «micro-hydrauliques», ont des puissances de l’ordre de quelques dizaines de kilowatts.
La refonte des moulins
La plupart des réalisations microhydrauliques récupèrent les installations d’anciens moulins : il existe
encore un peu moins de 2000 centrales électriques de ce type qui sont en activité. Il existait environ
100 000 barrages de ce type vers 1900, 1/3 environ pouvant manifestement être équipés de turbines
efficaces, avec des puissances comprises entre 10 et 100 kW. Encore faut-il vaincre les difficultés qui
résultent de la loi sur l’eau de 2006, mais un tel système peut être prévu dans le cadre d’un projet
de développement durable si la situation est favorable, même si c’est relativement rare.
Il existe une procédure très spécifique d’autorisation administrative, autorisation indispensable pour
utiliser l’énergie des cours d’eau. Il existe également une organisation dédiée à cette application : le
Groupement des producteurs autonomes d’électricité (www.gpae.fr) qui fédère les propriétaires de centrales
et peut servir de centre de renseignement.
Les techniques à utiliser
Les roues à aubes, qui équipaient les anciennes chutes, peuvent être utilisées dans les cas les plus
modestes. Sinon il faut recourir à des turbines standards (de 20 à 750 kW en ordre de grandeur) qui
sont faciles à mettre en oeuvre pour des chutes d’eau de 1 à 5 [m]. Pour des chutes plus importantes
on peut utiliser des turbines Kaplan, certaines étant également utilisables aujourd’hui pour des chutes
plus faibles. Pour les pentes importantes (en montagne ou moyenne montagne) il faut recourir à un
canal de dérivation solide (en béton) et à des turbines de type Pelton.
Dans tous les cas, hors rendement, la puissance est schématiquement fournie par la formule :
L’obstacle aux éoliennes privées
Bien que quelques précautions aient été prises la création des zones de développement éolien (les
parcs éoliens) défavorise très fortement les petites installations localisées. D’autant que se pose presque
toujours des problèmes de voisinage.
La solution technique adoptée consiste à intégrer l’éolienne dans le bâtiment desservi, mais le rendement
est très médiocre. De ce fait, en France, sauf situation très particulière, il n’y a pas intérêt à
équiper directement les bâtiments en éoliennes privées, les exemples relativement valables (éoliennes
incorporées aux bâtiments) se situant pour l’essentiel - mais en nombre limité - hors de la métropole et
même hors de France. Il s’agit souvent de bâtiments de grande hauteur couronnés par des petites
éoliennes, un système de rentabilité très limitée.
Pour plus de détails sur les éoliennes intégrées aux bâtiments, consultez le livret :
nB33. L’énergie éolienne
Les deux catégories de production
Il existe deux modes essentiels de production d’électricité utilisant l’énergie solaire :
Dans ce deuxième cas la tarification de vente au réseau est, en France, soumise à un régime tarifaire
promotionnel couvert par des textes législatifs et réglementaires, des textes qui - ayant déjà évolués
- seront toujours susceptibles de modifications dans l’avenir.
La production thermodynamique
La production solaire thermodynamique, la plus ancienne dans les développements réels, ne peut guère
être réservée qu’à des centrales un peu importantes, du type centrales urbaines ou inter-urbaines. Elles
utilisent directement la chaleur solaire, au travers de centrales électriques (thermodynamiques) classiques.
L’efficacité de ces systèmes étant très fortement lié à la température de source chaude, on ne
peut utiliser que des capteurs héliothermiques spécifiques (dits ici «fours solaires»), produisant, grâce à
l’orientation variable des capteurs et à la focalisation des rayons, une source très chaude de vapeur d’eau
ou d’eau chaude permettant d’atteindre des performances thermodynamiques suffisantes .
Vous trouverez, au plan technique comme au plan réglementaire (les tarifs), les détails essentiels sur
ces systèmes dans le livret consacré à l’électricité solaire thermodynamique.
La production photovoltaïque
Reposant sur l’emploi de capteurs photovoltaïques transformant directement le rayonnement en électricité,
ce type de production repose, en France, sur trois techniques un peu différentes, correspondant
chacune à un régime tarifaire différents, le paramètres essentiel étant l’intégration plus ou moins poussée,
des modules dans le bâti. Ces trois régimes correspondent aux réalisations suivantes :
La fourniture négociable
Pour évaluer l’énergie électrique pouvant être fournie par une installation nous vous conseillons de
consulter le livret suivant, basé sur la norme NF EN 15316-4-6 :
nB41 : Evaluer la production photovoltaïque.
Attention : il s’agit là d’une évaluation technique, la part juridiquement vendable étant fixée par l’arrêté
du 6 décembre 2000 (article 4), avec une valeur limite tout à fait forfaitaire, relativement indépendante
du site, la seule différences acceptée concernant l’appartenance (ou non) à la métropole continentale.
Les développements en cours
Le présent livret se borne aux techniques couramment utilisées actuellement. De nombreuses autres
techniques sont actuellement envisagées, et en cours de développement. Voir, en particulier, le livret :
nB42. Les piles à combustible
Vous trouverez des informations de base sur le phénomène photovoltaîque dans le livret nB32
consacré aux techniques solaires, le livret qui suit étant consacré aux aspects pratiques relevant des
techniques actuelles les plus fréquentes, situation susceptible d’évoluer.
Les modules photovoltaïques
Les cellules photovoltaïques convertissent directe-ment la lumière en électricité. Dans notre cas il
s’agit de cellules placées à l’extérieur, face au rayonnement solaire. Ces cellules sont incorporées dans
des modules fournissant chacun une tension (continue) et une intensité données. Les modules peuvent
être montés en série ou en parallèle, ce qui permet de s’adapter aux caractéristiques électriques
souhaitées, lesquelles dépendent des matériaux utilisés.
Les matériaux de base
Les cellules courantes, à base de silicium, sont de trois types : à base de silicium monocristallin,
à base de silicium polychristallin, à base de silicium amorphe. Avec des rendements très différents.
Le silicium risquant de devenir «rare» et encore plus coûteux, de nombreuses tentatives de
substitution ont vu le jour, mais encore jusqu’ici sans grand succès. On peut, en effet et par exemple,
utiliser : de l’arséniure de gallium, du séléniure de cuivre et d’indium, du tellure de cadmium, du
phosphure d’indium. Une usine, en cours de construction en Allemagne, fabriquera dans quelques
années des cellules au «CIS» (cuivre, indium, sélénium), moins coûteuses que celles au silicium.
Les rendements
La différence essentielle entre les deux «races» de silicium tiennent au rendement.
L’espoir, parfois utilisé à des fins commerciales, d’une amélioration des rendements et d’une baisse des prix significatifs ne s’est pas concrétisé depuis 25 ans. Reste néanmoins une incertitude : le CIS, plus économique, et ce pour un rendement de 11 %.
Structure et fonctionnement des cellules
Les cellules photovoltaïques sont en général carrées, et de 12,5 [cm] de côté. Lors du fonctionnement
les phénomènes essentiels sont les suivants : les photons, portés par le rayonne-ment incident, peuvent
être - en atteignant la cellule photovoltaïque - soit réfléchis soit absorbés. Ce sont les photons absorbés
qui provoquent – au sein du matériau cellulaire - les arrachages d’électrons créant le courant utile.
Afin de renforcer le rôle de l’absorption les modules sont normalement recouverts d’une couche
réduisant le phénomène de réflexion. De sorte qu’un module type est constitué, outre le coeur en
matériau photo-voltaïque, d’un cadre de soutien et d’une couche anti-réflexion face à l’ensoleillement.
Le courant fourni par le module dépend de la tension appliquée et de l’éclairement solaire.
Vous trouverez des informations de base sur le phénomène photovoltaîque dans le livret nB32
consacré aux techniques solaires, le livret qui suit étant consacré aux aspects pratiques relevant des
techniques actuelles les plus fréquentes, situation susceptible d’évoluer.
Il est possible de représenter le fonctionnement
électrique d’un module au moyen d’une courbe
donnant en fonction de la tension [V] l’intensité
mesurée en ampère [A]. Cette représentation
fait apparaître trois points particuliers de
fonctionnement :
Les caractéristiques de chaque module doivent être fournies par le fabricant, qui doit indiquer la tension maximale supportable, et les dispositions prises en matière de sécurité électrique.
Les montages photovoltaïques
Deux montages sont possibles (voir les schémas ci-dessous) :

L’aspect financier
Depuis juillet 2006 le tarif d’achat de l’électricité solaire est de 0,3 [€/kWh] en métropole continentale,
0,40 [€/kWh] en Corse, dans les DOM, à Saint-Pierre-et-Miquelon et Mayotte. Il faut y rajouter une prime
d’intégration au bâti de 0,25 [€/kWh] en métropole continentale, et de 0,15 [€/kWh] en Corse, dans les
DOM, à Saint-Pierre-et-Miquelon et Mayotte. Il existe également des subventions régionales et européennes,
ainsi que des crédits d’impôt. Chacun peut choisir d’être fournisseur, les encadrés ci-dessus indiquant
les conditions du rachat du courant électrique. Ce tarif de rachat, face à celui du courant public
(de l’ordre de 0,1 [€/kWh]), est tel que le réalisateur d’une installation photovoltaïque a intérêt à vendre
tout le courant produit, donc à utiliser le montage dit «raccordement deux points» (ci-dessus).
Le générateur photovoltaïque
Le courant produit par les cellules photovoltaïques étant continu il faut le convertir pour obtenir du
courant alternatif, lequel doit être conforme à celui distribué en France (tension de 230 [V] et fréquence
de 50 [Hz]). Pour ce faire les cellules photovoltaïques sont insérées dans un ensemble plus complexe,
le générateur photovoltaïque, décrit ci-dessous.

Les tarifs de rachat
Le rachat contractuel de l’électricité produite localement à partir d’énergies renouvelables est une
technique introduite récemment en Europe. Comme il est impossible d’affirmer que les conditions financières
de ce rachat seront intangibles, nous nous limitons aux tarifs français valables en 2009 (voir table
ci-dessous).
Ils sont loin d’être homogènes ainsi que le démontre le prix du rachat de l’électricité d’origine photovoltaïque
dont le kilowatt-heure peut être sept fois plus cher que celui du kilowatt-heure issu d’éoliennes.
| TARIFS DE RACHAT (nouvelles installations) | |
Filière |
Tarif de rachat |
Hydraulique |
0,0607 [€/kWh] à 0,1025 (selon primes diverses) |
Eolien terrestre |
0,082 [€/kWh] (pendant 10 ans) |
Eolien maritime |
0,13 [€/kWh] (pendant 10 ans) |
Photovoltaïque |
0,30 [€/kWh] (hors bâti) à 0,55 [€/kWh] (intégré au bâti) |
Géothermie |
0,12 [€/kWh] à 0,15 (selon primes diverses) |
Biogaz, méthane |
0,075 [€/kWh] à 0,14 [€/kWh] (selon primes diverses) |
Le cas particulier du photovoltaïque
Depuis juillet 2006 le tarif d’achat de l’électricité solaire est de :
0,3 [€/kWh] en métropole continentale,
0,40 [€/kWh] en Corse, dans les DOM, à Saint-Pierre-et-Miquelon et Mayotte.
Il faut y rajouter une prime d’intégration au bâti de :
0,25 [€/kWh] en métropole continentale,
et de 0,15 [€/kWh] en Corse, dans les DOM, à Saint-Pierre-et-Miquelon et Mayotte.
Il existe également des subventions nationales et européennes, ainsi que des crédits d’impôt.
Pour plus de détails sur ce problème des tarifs consultez le livret :
nB41. Evaluer la production photovoltaïque
