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Février 2011
SOMMAIRE
La loi du 11 mars 1957 n'autorisant, aux termes des alinéas 2 et 3 de l'article 41, d'une part que les "copies ou reproductions strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective", et d'autre part que les analyses et courtes citations dans un but d'exemple et d'illustration " toute reproduction intégrale, ou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite ".
Le solaire, comme la biomasse, sont les énergies renouvelables essentielles dans nos applications : le livret qui suit concerne uniquement le solaire. Attention : il ne s'agit que d'une présentation générale, regroupant les données communes que l'on retrouvera dans plusieurs applications (avec leurs livrets).
L'utilisation du rayonnement solaire : une ambition déjà ancienne
En bâtiment la prise en compte du rayonnement solaire est une exigence assez fondamentale, qui
peut se traduire par trois catégories de dispositions.
1. Le solaire joue, normalement, un rôle fondamental dans la conception même des bâtiments, les choix
architecturaux classiques le prenant en compte au plan de l'orientation des bâtiments et des vitrages.
2. Cette prise en compte peut également donner lieu à des dispositions archi-tecturales particulières,
ce qu'il est convenu d'appeler le solaire passif, le «mur Trombe» en étant l'illustration principale.
3. Il est également possible de faire appel à des systèmes spécifiquement conçus pour utiliser l'énergie
solaire, basés sur l'emploi de dispositifs captant directement le rayonnement : les capteurs. Dans ce
cas, où l'on fait appel à des dispositifs très spécifiques, nous disons qu'il s'agit de solaire actif.
Le solaire passif et la conception des bâtiments
Les points essentiels de la conception «solaire» des bâtiments, y compris les dispositifs spécifiques de
solaire passif, son traités plus loin, dans les fiches auxquelles il vous faudra vous reporter, qui renvoient
elles-mêmes à d'autres livrets.
Le solaire actif
Les systèmes actifs utilisent des capteurs chargés de recueillir le rayonnement solaire direct et diffus.
Les différents systèmes que nous retenons sont les suivants :
Les systèmes solaires actifs à base de capteurs thermiques peuvent être utilisés : soit pour produire de
l'eau chaude dans les services classiques d'eau chaude, soit pour réchauffer l'eau des piscines, . soit
pour chauffer des locaux, soit pour produire de la chaleur à usage professionnel, soit pour produire
(indirectement) du froid - pour la climatisation en particulier.
Le solaire actif haute température
On a, depuis longtemps, cherché à utiliser l'énergie solaire pour des températures voisines de 100 °C
ou plus. Dans ces systèmes (les «fours solaires») on concentre optiquement le rayonnement, la figure
ci-dessous illustrant l'une des tentatives d'A. Mouchot à l'Exposition Universelle de 1878. Entre 1864 et
1878 diverses installations solaires réalisées par A. Mouchot ont permis de fournir de la vapeur basse
pression pour la production d'électricité. Les résultats obtenus sur une installation réelle ont été malheureusement
de rentabilité insuffisante. Depuis lors d'autres tentatives ont eu lieu, en particulier en France
(Odeiho), mais sans succès significatif. Il est, néanmoins, régulièrement question de reprendre le sujet.

Le classement des systèmes solaires dans MémoCad
En laissant de côté les fours solaires, nous retenons trois catégories de systèmes :

En dehors de la solution qui consiste à utiliser - pour le chauffage d'ambiance - les apports gratuits
à travers les vitrages normaux, le solaire thermique passif est essentiellement représenté par le «mur
Trombe» (du nom de son auteur), illustré ci-dessus. L'air ascendant, contenu dans la lame d'air derrière
le vitrage, s'échauffe sous l'action du soleil, et se répartit alors dans le local arrière (dit «local
chauffé» dans le schéma).
Ce système n'a connu que très peu d'applications. De plus son efficacité est, malheureusement, insuffisante
dans le cadre des développements actuels.
Principes du mur Trombe
Les capteurs de base
Le solaire thermique utilise des capteurs chargés de recueillir, localement, le rayonnement solaire. Ces
capteurs (thermiques) appartiennent à l'une des quatre catégories suivantes :
Les absorbeurs
Les absorbeurs sont les capteurs les plus simples, ne comportent pas de vitrage Ils sont utilisés
pour le réchauffage d'eau de piscine. Ce sont, aujourd'hui, des nattes ou des ensemble de tubes en
matériaux de synthèse, peu coûteux. Nous les signalons ici pour mémoire car il s'agit d'équipements de
commodité sans calcul précis. Leur emploi plus systématique fait actuellement l'objet d'études.
Le principe des capteurs à eau
Les capteurs les plus courants sont conçus
comme indiqué ci-contre. Ils utilisent l'eau
(chauffée par le soleil) comme fluide caloporteur.
1 et 2 : vitrages
3 : plaque absorbante (métallique noire)
4 : tube (eau) évacuant la chaleur reçue par
la plaque
5 : isolant.
Le principe des capteurs à air
Peu utilisés actuellement les capteurs à
air fonctionnent schématiquement comme
indiqué ci-contre.
1 et 2 : vitrages
3 : plaque absorbante (métallique noire)
5: isolant.
Le principe des capteurs sous vide
Pour améliorer le rendement des capteurs,
et pour pouvoir atteindre des températures
suffisamment élevées, ont été mis au point
des capteurs à base de tubes sous vide.
Plusieurs configurations ont été tentées, la solution la plus simple figurant ci-dessous, les tubes étant
regroupés sous la forme de panneaux plans.

Le rendement normalisé des capteurs thermiques
Les capteurs thermiques sont caractérisés par leur courbe de rendement, établie pour un flux solaire
incident donné. Vous trouverez au schéma ci-dessous trois courbes types, correspondant aux
catégories de base que nous venons de décrire (capteurs à air exclus). Ces courbes sont fournies pour
un flux solaire incident de 1000 [W/m²], l'abscisse étant l'écart de température entre le fluide chauffé et
l'air environnant le capteur. De tels résultats doivent être fournis pour chaque modèle de capteur commercialisé,
avec référence à la norme d'essai (EN 12975, 12976, 12977).

La présentation précédente - normalisée - repose sur les conventions suivantes, le flux surfacique incident étant fixé conventionnellement à 1000 [W/m²] :
Remarques sur une présentation différente
La présentation des rendements peut varier avec les conventions (ci-dessus normalisées). Si - tout en
maintenant le rendement en ordonnée - nous adoptons, pour caractériser les performances du capteur,
l'échelle des abscisses suivante :
x = (Tf - Te) / Φ'' [m² K/W]
Tf [°C] étant la température moyenne du fluide chauffé et Φ'' [W/m²] le flux surfacique global incident,
les courbes de rendement sont souvent linéaires et générales (indépendantes du flux incident).
L'effet photoélectrique
La conversion directe du rayonnement solaire en électricité est due à l'effet photoélectrique dont
la découverte est déjà ancienne (18e siècle), effet où il y a libération d'un électron lorsqu'un photon
d'énergie suffisante est absorbé par certains matériaux. On distingue deux types d'effets photoélectriques
: «externe» et «interne», le second étant le seul pris ici en compte. Dans ce cas il faut qu'un
champ électrique se crée naturellement dans la masse, ce qui est la propre des jonctions de matériaux
semiconducteurs différents.
Le rendement
L'un des aspects essentiels du phénomène
est son rendement de production d'électricité.
Ce rendement varie selon les matériaux
utilisés, la table ci-contre - très générale
- illustrant les valeurs essentielles.
Jusqu'ici, et dans la pratique on a surtout
utilisé, comme matériau photovoltaïque - le
silicium, mais la situation pourrait évoluer
ces prochaines années avec la mise en service
de nouvelles usines.
L'influence de l'épaisseur
Le coût étant essentiel on peut avoir tendance
à utiliser des couches très minces de
matériaux photo-électriques.
Comme l'indique le schéma ci-contre (attention,
échelle logarithmique en ordonnée) il
faut prendre quelques précautions de façon à
ce que les photons puissent pénétrer suffisamment.
L'influence de la température
Afin d'améliorer les résultats on peut être
tenté d'utiliser des systèmes optiques de
concentration du rayonnement , mais on utilise
alors d'assez fortes températures, assez
défavorables au rendement comme l'indique
la table ci-contre. C'est une des raisons pour
lesquelles nous ne parlerons pas ici des dispositifs
à concentration.
Sur le plan pratique
Les panneaux photovoltaïques courants sont constitués d'une juxtaposition de cellules identiquues
dont la structure est indiquée au schéma ci-dessous. Pour davantage de détails sur l'emploi de ces paneaux
pour la production locale d'électricité, pour plus de détails sur leur montage et sur l'organisation
de leurs branchements, compléments divers compris, consultez le livret à paraître sur les capteurs
photovoltaïques.

Les modules photovoltaïques
Les cellules photovoltaïques convertissent directe-ment la lumière en électricité. Dans notre cas
il s'agit de cellules placées à l'extérieur, face au rayonnement solaire. Ces cellules sont incorporées
dans des modules fournissant chacun une tension (continue) et une intensité données. Les modules
peuvent être, de plus, montés en série ou en parallèle, ce qui permet de s'adapter aux caractéristiques
électriques souhaitées.
Les cellules peuvent utiliser différents matériaux, capables d'effet photovoltaïque grâce à
leur structure atomique. Dans les cas courants, actuels et nous concernant, il s'agit de silicium
(monocristallin, polycristallin, ou amorphe)). Le recours à des matériaux plus «rares» est également
envisagé (l'arséniure de gallium, le séléniure de cuivre et d'indium, le tellure de cadmium, le phosphure
d'indium, etc.) mais nous n'en tiendrons pas compte leur avenir semblant incertain.
Les modules utilisés en production solaire d'électricité, ne comportant pratiquement aucune partie
mobile, sont relativement robustes et possèdent en principe une assez longue durée de vie. Ceci dit les
modules étant généralement soumis à des conditions climatiques sévères, il est essentiel de veiller aux
garanties du fournisseur et de suivre ses recommandations.
Le fonctionnement des cellules
Les photons, provenant du rayonnement incident et atteignant la cellule photovoltaïque, peuvent être
soit réfléchis soit absorbés, deux phénomènes physiques à bien distinguer. Ce sont les photons absorbés
qui provoquent – au sein du matériau cellulaire - les arrachages d'électrons provoquant la formation de
courant utile. Afin de renforcer le rôle de l'absorption les modules sont normalement recouverts d'une
couche réduisant le phénomène de réflexion. De sorte qu'un module type est constitué, outre le coeur
en matériau photovoltaïque, d'un cadre de soutien et d'une couche anti-réflexion face à l'ensoleillement.
Le courant fourni par le module dépend de la tension appliquée et de l'éclairement solaire.
Le fonctionnement électrique
Il est possible de représenter le fonctionnement électrique d'un module au moyen des deux courbes
caractéristiques présentées sur un même diagramme fournissant en fonction de la tension en volt [V] :
Cette représentation fait apparaître, sur chacune de ces courbes caractéristiques, trois points particuliers de fonctionnement :
Les caractéristiques de chaque module doivent être fournies par le fabricant, lequel doit en particulier
indiquer la tension maximale supportable, et d'une manière générale les dispositions prises en matière
de sécurité électrique.
Les accessoires complémentaires
Outre les cellules proprement dites et l'équipement électrique transformant le courant continu
en courant alternatif type (220 V, 50 Hz), les composants photovoltaïques comportent souvent les
composant suivants :
Dans beaucoup de pays développés des normes et des contrôles de qualité viennent compléter les exigences, et les conforter.
