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Perspectives encourageantes pour la chaleur renouvelable en Europe



Perspectives encourageantes pour la chaleur renouvelable en Europe

L’Europe est, de toutes les régions du monde, celle qui a connu en 2015 la plus forte croissance en matière d'utilisation des EnR pour le chauffage. Et les EnR ont représenté, dans l’Union européenne, environ 18% de la consommation totale d’énergie pour le chauffage et le refroidissement. C’est ce qu’indique une récente étude de l’association internationale REN21, qui précise que, depuis 2008, la croissance annuelle moyenne en Europe a été, en la matière, de près de 5%, mais qu’elle a ralenti en 2015, à la triple exception, toutefois, du segment des chaudières biomasse pour le résidentiel qui a montré, au contraire, des signes de reprise, de celui des réseaux de chaleur géothermique qui s’est développé, et du marché des pompes à chaleur qui, quant à lui, a continué de croître, particulièrement en France.
Au niveau mondial, 2015 a vu une baisse du taux de croissance des EnR thermiques et un ralentissement des investissements dans ce domaine, tandis que le soutien apporté par les pouvoirs publics au chauffage et au refroidissement par les EnR restait « bien en dessous » de celui en faveur de l'électricité et des transports « verts ». L’étude ajoute que le déploiement des EnR sur les marchés du chauffage et du refroidissement continu d'être « entravé », notamment, par une sensibilisation encore limitée de l’opinion et par une relative absence de volonté politique, ainsi que par les subventions en faveur des combustibles fossiles. Cela étant, l’étude reconnaît toutefois qu’il y a eu, l’année dernière, des signes d’intérêt des milieux politiques pour les EnR thermiques. Et elle estime que les aides publiques en faveur de ces EnR pourraient croître dans un futur proche.

Prise de conscience croissante du potentiel des EnR en chauffage et climatisation

Elle estime également, à propos de la stratégie chauffage/climatisation présentée dernièrement par la Commission européenne (n°856 de ThermPresse), que cette stratégie - l'une des premières dans le monde, souligne l’étude - met en évidence une prise de conscience croissante du potentiel des EnR en chauffage et climatisation. Et l’étude ajoute que, sur la quarantaine de pays dans le monde qui, à fin 2015, avaient des objectifs en matière de développement des EnR thermiques, pas moins de 31 étaient européens. Par ailleurs, l’étude se félicite des mesures réglementaires et financières prises l’an passé à travers le monde - en particulier, le développement du Fonds Chaleur en France - pour encourager la production solaire d’ECS et le chauffage à la biomasse, tout en regrettant que ces mesures soient restées assez rares.

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L’étude observe aussi que, comme dans le secteur de l'électricité, les décideurs politiques ont tendance à encourager le développement des EnR en chauffage et climatisation par la fixation d’objectifs et par des financements, mais assez peu par des mesures réglementaires, sauf au niveau local où, souligne l’étude, des exigences réglementaires sont aujourd’hui très souvent imposées. Par ailleurs, l’étude constate que les politiques publiques en faveur des EnR thermiques ont été, jusqu’à présent, davantage orientées vers le chauffage (et, tout particulièrement, vers les chauffe-eau solaires individuels) que vers la production de froid - et également davantage vers le résidentiel et le tertiaire que vers le secteur industriel. Elle constate également que, en raison d'une offre excédentaire d'électricité « verte » à certaines heures, « l'électrification de la chaleur a reçu une attention croissante » en 2015 - particulièrement en Europe - même s’il y a eu peu de mesures concrètes prises en la matière l’an passé. L’étude signale par ailleurs que, en 2015, l'énergie solaire a été intégrée dans un certain nombre de réseaux de chauffage urbain, là encore en grande partie en Europe. Elle indique aussi que, bien que l’on enregistre, à travers le monde, un intérêt croissant pour les réseaux urbains de froid, dans un contexte d’augmentation de la demande mondiale de climatisation, l'utilisation des EnR dans ces réseaux de froid reste, pour l'instant, assez exceptionnelle.


« En génie climatique, une transformation est nécessaire pour décarboniser l’Europe »

Une récente étude de la Commission européenne souligne qu’« une transformation importante serait nécessaire pour décarboniser le chauffage et la climatisation jusqu'à un niveau conforme aux objectifs européens de 2030 et 2050 en matière d'énergie et de climat ». Une telle transformation devrait être réalisée grâce à des gains d'efficacité énergétique et à une évolution vers des énergies bas carbone et, en particulier, des EnR, poursuit l’étude. Une réduction de la demande et une telle décarbonisation du chauffage et de la climatisation, à l'échelle et au rythme nécessaire pour atteindre les objectifs de 2050, ne pourront être obtenues dans un scénario du type « business-as-usual ». Et il sera donc nécessaire de définir des stratégies et des trajectoires d’évolution qui permettent de réaliser une telle transformation.  

Par ailleurs, l’étude recommande d’élaborer des cartes géographiques de la densité de demande de chaleur pour déterminer sur quelles zones d’un territoire il serait économiquement envisageable de construire des réseaux urbains de chaleur ou de froid ou, au contraire, sur quelles zones des solutions individuelles seraient plus appropriées. Dans un cas comme dans l’autre, toutefois, une planification serait de toute façon nécessaire, car c’est seulement ainsi que l'efficacité énergétique et l'utilisation des EnR peuvent être maximisées, estime l’étude. Environ 50% de la demande de chaleur en Europe est localisée dans des zones géographiques suffisamment denses pour y développer le chauffage urbain, poursuit l’étude. Si ce dernier passait de son niveau actuel de 10% de la demande européenne de chaleur à un maximum potentiel estimé à 50%, potentiel mis en évidence par de récentes études cartographiques, cela permettrait de réduire tout à la fois la consommation d'énergie, les émissions de dioxyde de carbone et le coût de l'énergie, tout en augmentant le nombre d'emplois dans l'Union européenne. Il y a, à l’heure actuelle, plus de chaleur fatale disponible à partir de la production thermique d'électricité ou de process industriels ou encore d'incinération d’ordures ménagères, que ce qui serait nécessaire pour chauffer tous les bâtiments en Europe.



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Exemple d'un numéro de ThermPresse : ThermPresse du 25 Janvier 2016

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