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Le Gimelec dévoile ses réponses aux enjeux énergétiques de demain


Le 3 Septembre 2018

Par Grégoire Noble, journaliste scientifique

PROSPECTIVE. Convergence entre électrique et numérique, production décentralisée, compétitivité et attractivité de la France… Dans son rapport annuel, le Groupement des industries de l'équipement électrique (Gimelec), identifie les grandes tendances qui sous-tendent l'évolution des systèmes énergétiques. Focus.



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Le paysage énergétique français change à grande vitesse. Et les 180 entreprises membres du Groupement des industries de l'équipement électrique, du contrôle-commande et des services associés (Gimelec) s'adaptent de façon réactive, voire proactive, à ces évolutions technologiques et réglementaires. Dans le rapport annuel 2017-2018, elles se posent de nombreuses questions sur les enjeux futurs.

Moderniser les réseaux et les rendre "intelligents"

La première d'entre elles est celle de la demande électrique croissante et de l'optimisation nécessaire des systèmes de distribution. Le Gimelec répond "effort de modernisation des réseaux" (numérisation des postes, renouvellement des colonnes montantes, déploiement de compteurs évolués) et "développement des smart grids" (mise en place d'un indicateur de performance). Au travers de son adhésion active à T&D Europe (association continentale dédiée aux équipements et services liés au transport/distribution de courant), le groupement français explique participer à des travaux de recommandations auprès d'experts de la Commission européenne sur les objectifs d'interconnexion, sur les solutions alternatives au gaz SF6 (utilisé comme isolant dans les appareils haute et moyenne tension), sur la révision du règlement Ecodesign 548/2014 et sur la production d'indices de prix des matières pour les transformateurs. L'objectif est notamment de démontrer aux institutions européennes que le "tout électrique" est possible, qu'il s'agisse de mobilité ou de "smart cities".

Les problématiques de cybersécurité et de gestion des données sont également abordées par les spécialistes français au sein de différentes instances européennes. Ils entendent rédiger un guide explicitant l'usage des standards existants et de la certification, "essentielle pour la qualification des produits et systèmes".


Seconde question soulevée par le Gimelec : "Comment faire du bâtiment un acteur de la transition énergétique et un producteur de services à forte valeur ajoutée?". Il est donc cette fois question de bâtiments connectés ("smart buildings") et de gestion active des équipements. Là encore, le groupement français participe au niveau national et européen, à des travaux réglementaires et normatifs, y compris la révision de la directive "Energy performance of buildings" et l'élaboration de la norme NF EN 15-232. En France, les professionnels se focalisent sur l'expérimentation E+C- et la préparation de la future Réglementation environnementale 2020, et suivent avec attention les débats autour les lois Elan ("Evolution du logement, de l'aménagement et du numérique") et Essoc ("Etat au service d'une société de confiance"). Le Gimelec souhaite accélérer les contacts entre startups et grandes entreprises du secteur en promouvant l'open innovation et différents programmes d'échanges.

L'économie de la donnée au cœur de sa stratégie

Le groupement entend "accroître la compétitivité de l'industrie française" notamment au travers de l'Alliance Industrie du Futur, chargée d'accompagner la transformation digitale des entreprises. Il y pilote les travaux de normalisation visant à créer, à un niveau international, un cadre de référence apte à héberger différentes initiatives nationales, que ce soit avec l'Allemagne ou l'Italie. Le Gimelec a aussi publié un livre blanc intitulé "La révolution des données" et créé un groupe de travail sur l'interopérabilité des machines et systèmes pour promouvoir les protocoles phares. Pour "soutenir l'attractivité du marché français", les membres souhaitent que davantage de data centers s'implantent sur le territoire. Car ces installations seraient "de formidables leviers d'amélioration des organisations (…) tels que les réseaux électriques intelligents, les objets connectés ou encore l'économie de la fonctionnalité". Et le groupement précise mener des travaux visant à réduire leur empreinte environnementale "par la définition de métriques et de méthodologies adaptées".

Pour préparer l'avenir, la filière électrique se penche bien entendu sur l'évolution des modes de consommation du courant, avec la généralisation de l'autoproduction et de l'autoconsommation et celle de la mobilité durable. Elle espère se positionner comme acteur référent sur ces sujets, grâce à son expertise sur les infrastructures de recharge et les solutions de pilotage intelligent. Sur la question de la maquette numérique, le Gimelec annonce qu'il mettra à disposition du marché, une bibliothèque d'objets BIM génériques en 2019. D'ores et déjà, il a soutenu la création d'un diplôme "d'ingénieur des systèmes énergétiques du bâtiment" intégrant l'usage du BIM.

Le programme de travail des membres du groupement des industries de l'équipement électrique s'annonce donc varié et dense, compte tenu de la position centrale de ce secteur dans le vaste schéma de la transition énergétique en cours.





Grégoire Noble

À PROPOS DE L'AUTEUR



Grégoire NOBLE
Journaliste scientifique, spécialisé depuis plus de 10 ans dans l'innovation technologique et la transition énergétique




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