Chargement...

Coïncidence ou réalité ?

14 Mars 2011

L’année dernière j’ai tenté de souligner le rôle du « carbone investi ». Voici une coïncidence curieuse avec le message récent du commissariat au développement durable affirmant : « Vingt ans d’efforts pour rien ou presque ».  

Ne peut-on pas vous reprocher – dans vos exemples - des valeurs excessives du carbone investi ?

   C’est incontestable, mais mon intervention a deux buts :
1. Faire en sorte qu’on étudie les valeurs exactes du carbone investi, de façon à ce que cette part des émissions de CO2 ne soit ni oubliée ni dissimulée ;
2. Planifier les décisions énergétiques en tenant compte de ces valeurs, et non pas en prenant des décisions subjectives au hasard des imaginations.
   Ceci dit, je ne prétends pas que le carbone investi explique totalement le constat du commissariat au développement durable, mais je prétends que mes analyses sont suffisamment inquiétantes, et coïncident trop avec les réalités (« Vingt ans d’efforts pour rien ou presque ») pour qu’on continue de les ignorer. D’autant que les examens auxquels j’ai pu me livrer révèlent une liaison supplémentaire également perturbante.

De quelle liaison voulez-vous parler ?

   Mes premières études semblent révéler une concordance étroite du carbone investi avec le coût des investissements. J’en prendrai pour exemple celui des panneaux photovoltaïques : un coût en carbone investi très élevé. Bien sûr le fait que nous les importions, au moins pour l’essentiel, le dissimule peut-être, mais la réalité n’en semble pas moins là : le développement du photovoltaïque pourrait fort bien s’accompagner, au départ, d’un surplus de dégagement de CO2 très significatif, rendant le recours à cette technique (dite pourtant « énergie renouvelable ») proche d’une erreur fondamentale d’analyse.

Mais vous remettez en cause toute la politique énergétique actuelle …

   Absolument pas : je dis simplement qu’il faut la rationaliser, et ne pas la laisser aux «idées miracles», ce qui est le cas actuellement. Et ce bien au-delà de nos frontières …

Ne craignez-vous pas que votre position détruise toutes les politiques énergétiques actuelles …

   Je n’en sais rien, je dis simplement qu’il faut arrêter de faire de l’écologie subjective. Revenons pour cela – comme premier effort – aux constats du commissariat au développement durable. Selon les données les plus récentes les émissions françaises totales de CO2, qui s’élevaient à 438 Mt/an en 1990, s’élèveraient à 439 Mt/an en 2007. La situation est, aujourd’hui, toujours la même. Et ce  malgré une réduction significative de 10% ((sur la période 1990-2007 en cause) des émissions de CO2 dans l’industrie. En fait, surtout semble-t-il, par la faute d’une croissance finale de consommation due pour beaucoup aux transports, lesquels sont d’ailleurs une composante essentielle du carbone investi dans nos installations.

Les données essentielles que vous signalez s’arrêtent en 2007 : qu’en est-il depuis ?

   Il est déjà manifeste que nous ne vivons pas, en la matière, un retournement significatif – bien au contraire. Dire que nous faisons beaucoup mieux depuis 2007 – comme l’affirme la commissaire au développement durable - est un peu fallacieux, car nous sommes abreuvés de réglementations depuis bien plus longtemps. Et, sur ce plan, il n’y a rien eu de vraiment significatif depuis 2007.

Roger CADIERGUES


Commentaires

Aucun commentaire actuellement, soyez le premier à participer !

LAISSER UN COMMENTAIRE

ABONNEZ-VOUS !
Ce site respecte strictement la réglementation RGPD sur les données personnelles. Pour connaitre et exercer vos droits, vous pouvez consulter notre politique de confidentialité
Reférencement gratuit

Référencez gratuitement votre société dans l'annuaire