Nouveau DPE : chronique d’un désastre annoncé

Fait par Bruno Slama, ancien élève Ecole Normale Supérieure et gérant de BBS Slama

Le 1er avril, le Ministère a publié la liste des logiciels validés pour calculer le DPE. Beaucoup ont espéré que cette publication marquerait l’achèvement du processus de « fiabilisation » du DPE. Il n’en est rien et malheureusement cela n’a rien d’étonnant :

  • La méthode de calcul qui ne repose sur aucune étude scientifique spécifique et qui consiste en la concaténation de différentes méthodes antérieures, n’est pas finalisée.
  • Le moteur de calcul fourni à la majorité des éditeurs de logiciel DPE, est de surcroit très partiel. Ce moteur n’est pas stabilisé et ses résultats continuent à évoluer notablement. Il n’a été l’objet d’aucune validation.
  • Le processus d’évaluation a été mené dans des conditions apocalyptiques. Il a mené les éditeurs de logiciels au bord de la crise de nerf, sans que soient sérieusement examinés les différents aspects des calculs réalisés par les logiciels.

Dans cette chronique, nous allons détailler ces trois aspects : méthode, calcul, évaluation. Nous montrerons ensuite qu’il n’est pas raisonnablement envisageable d’utiliser le DPE en son état pour faire de l’Audit Energétique. 

nouveau dpe

Nouveau DPE : chronique d’un désastre annoncé

1. La méthode du DPE

La méthode du DPE est ce que l’on appelle une « méthode globale » par opposition aux méthodes dites de STD (Simulation Thermique Dynamique) dans lesquels les calculs sont faits pour chaque heure de l’année.

L’avantage historique des méthodes globales est de pouvoir être calculées « à la main ». Dans les années 60, mon père, Richard Slama, effectuait « de tête » des évaluations de besoin de chauffage en multipliant les déperditions par degré d’écart par les DH14 (degrés heure calculés par rapport à 14°C). Ensuite, son expérience lui permettait à la vue de l’installation de choisir le coefficient faisant passer du besoin à la consommation. Pour ne pas utiliser une méthode aussi simplifiée que les DH14 de nombreux travaux ont été menés jusqu’à la fin des années 80. Comment caractériser l’impact d’un masque par un seul coefficient alors que cet impact dépend de la position du soleil dans le ciel ? Comment caractériser l’efficacité moyenne d’une PAC alors que ce que l’on peut connaitre c’est son efficacité dans différentes conditions de fonctionnement ? Comment caractériser les pertes par un réseau de distribution ? Comment calculer la part récupérée des apports internes et solaires ? Comment caractériser l’intermittence ? Ces questions très difficiles ont mobilisé de nombreux chercheurs et ont trouvé des réponses, par exemple dans la RT88.

A l’inverse pour les méthodes de STD, comme la RT2012 ou la RE2020, il n’est pas possible de réaliser à la main les 8760 (les 24 heures  des 365 jours de l’année) calculs et le processus prend un côté plus « boîte noire ». Mais avec les ordinateurs actuels, il n’y a pas de problème de temps de traitement et les problèmes difficiles présentés précédemment disparaissent.

2. Les 3 versions du DPE

La première version du DPE, écrite par Bernard Sésolis, s’appuyait directement sur les travaux ayant conduit à la réglementation de 88 en ajoutant 2 idées très intéressantes : calculer les surfaces déperditives à partir de la surface du bâtiment et de sa forme, évaluer les déperditions par les parois à partir de l’année de construction pour les bâtiments construits après 1947. Ce premier DPE s’appuyait sur des travaux scientifiques en assumant un certain niveau d’incertitude et il a permis d’avoir une vision générale des bâtiments en France.

Les 2 versions de « fiabilisation » du DPE ont marqué une rupture. Des ajouts de méthodes ont été faits en piochant dans des documents plus récents mais sans étude scientifique pour s’assurer de la cohérence du résultat. Par exemple dans la version de 2021 :

  • Les données météo sont devenues mensuelles, mais les valeurs de 88, données globalement pour l’année, ont été conservées pour le coefficient d’orientation et la caractérisation des masques, alors que ces valeurs dépendent de la hauteur du soleil et donc du mois.

  • Dans les données mensuelles, les degrés heures utilisés : « prennent en compte … un réduit des températures à 16°C pendant la journée en semaine ». Cela signifie que l’on a introduit dans la méthode une façon de tenir compte de l’intermittence dans l’utilisation des logements. Pourtant le coefficient d’intermittence utilisé dans le calcul de consommation n’a pas été modifié.  Cela signifie que dans le DPE de 2021 l’impact de l’intermittence est compté 2 fois.

  • La méthode limite maintenant les apports gratuits pendant les périodes d’inoccupation. Cela a-t-il un impact sur le calcul de F, la fraction des besoins de chauffage couverte par les apports gratuits ? La question n’a pas été posée et le calcul de F n’a pas été modifié.

La version du DPE 2021 a également introduit des éléments nouveaux, comme une « méthode d’échantillonnage », utilisée pour calculer un immeuble. Dans une note du 6 février (1), j’ai démontré que cette méthode induisait une incertitude de l’ordre de 20% pour les immeubles hétérogènes et que l’utilisation proposée du logement moyen était grossièrement fausse pour le calcul des systèmes.  

On vient de voir que le processus de « fiabilisation » du DPE a été engagé par les pouvoirs publics en sous estimant l’ampleur de la tâche. La marche au désastre s’enclenchait…

Etiquette énergie

Etiquettes énergie et émission de GES du nouveau DPE

3. Logiciels et moteur de calcul pour le DPE

Bernard Sesolis avait mis au point la première version du DPE en réalisant simultanément un logiciel lui permettant de tester la méthode et de réaliser des jeux d’essais. De la même façon le CSTB a réalisé la RT2012 puis la RE2020 en s’appuyant sur son logiciel Maestro.

Le bureau d’études chargé par le Ministère du DPE 2021, n’a disposé à aucun moment d’un logiciel de calcul, capable de traiter globalement un bâtiment. A partir de juillet 2020, BBS Slama pouvait fournir un logiciel conforme au projet de méthode, mais aucune demande ne lui a été faite. C’est donc si l’on peut dire « à l’aveugle » que les seuils des classes du DPE ont été fixés.

La possibilité d’un scénario catastrophe était en place, et … c’est ce qui est arrivé. En octobre 2021, parmi les DPE réalisés pendant les 3 premiers mois d’application, le nombre de logements en classe F ou G était beaucoup plus élevé qu’attendu ; en particulier pour les logements anciens. Pour ne pas se dédire, les seuils de classe n’ont pas été changés et la méthode a été « corrigée » essentiellement en introduisant une erreur manifeste dans le calcul de la ventilation des logements ventilés par ouverture des fenêtres.

Pour accompagner les éditeurs de logiciels qui le souhaitaient, dans cette complexification de la méthode, le Ministère a voulu fournir un « moteur » pour calculer la partie « système ». A ce jour, même si en un an des progrès ont été réalisés, ce moteur n’est pas achevé et pour les éditeurs qui l’utilisent, c’est dans ce moteur que réside le plus fort risque d’erreur de calcul. De plus, contrairement à l’obligation concernant les logiciels, ce moteur n’a dû entrer dans aucun processus d’évaluation. La marche au désastre a pris corps…

4. L’évaluation du DPE 2021

Même, si avec le passage partiel au calcul mensuel, la quantité de calcul a augmenté, le DPE conserve l’avantage de pouvoir être calculé manuellement. Pour l’évaluation, le Ministère n’a pas cherché à utiliser cette possibilité de réaliser des cas tests sans utiliser de logiciels. L’appel à des bureaux d’études extérieurs, coordonnés par un organisme certificateur, pour effectuer des calculs manuels, aurait permis :

  • De s’assurer de la cohérence de la méthode en permettant éventuellement de la corriger.
  • De donner des exemples qui auraient permis aux éditeurs de solidifier puis de valider leurs logiciels.
  • De contrôler puis de valider les moteurs.

Au lieu de cela une tentative a été faite de réaliser le calcul du bâti dans un programme Excel, puis d’alimenter le moteur en écrivant à la main un fichier XML. Cela s’est avéré particulièrement peu efficace.

 Le processus de création d’une centaine de jeux d’essai devait être fini en janvier 2021 pour que les logiciels puissent être évalués en juillet 2021, au moment où le DPE est entré en application. Dans les faits, le nombre de cas s’est réduit jusqu’à ne couvrir qu’une petite partie de la méthode. De plus, la production des cas tests ne s’est achevée que 10 jours avant la fin de l’évaluation, contraignant des éditeurs à passer des nuits blanches pour faire, défaire puis refaire leurs cas au fur et à mesure que les jeux d’essai et le moteur évoluaient.

Même si à la fin, comme dans « l’Ecole des Fans » de Jacques Martin, tout le monde a eu une bonne note, le désastre pressenti était bien là.

dpe 2022

Le nouveau DPE, Diagnostic de Performance Energétique

5. Un mot sur l’audit énergétique

Beaucoup le savent, le Ministère souhaite utiliser le DPE 2021 pour la réalisation d’audits énergétiques. Comme on vient de le voir, l’état du DPE devrait décourager à s’engager dans cette voie.

De plus, une démarche d’audit nécessite de pouvoir caler, pour l’état initial du bâtiment, la consommation théorique avec la consommation relevée. Or la forme actuelle du DPE, avec ses fichiers météo retraités, ne permet pas de calculer le besoin de chauffage en faisant varier l’altitude ou la température intérieure. Elle ne permet pas non plus de tenir compte des conditions météo correspondant au relevé de consommation.

Au vu des temps de calcul actuels avec une méthode au pas de temps horaire, il devient difficile de trouver une justification pour utiliser une méthode globale très complexe à mettre au point. Si, pour des raisons idéologiques qui m’échappent, le Ministère veut absolument le faire, le choix de la version 2021 serait catastrophique et préparerait un nouveau désastre.


Fait par Bruno Slama, ancien élève Ecole Normale Supérieure et gérant de BBS Slama

(1) Bruno Slama : Retour sur l’échantillonnage. Disponible sur le site https://www.bbs-slama.com/
 

Bruno Slama
 

Bruno Slama est normalien supérieur, docteur en mathématiques. Depuis une quarantaine d’années il a produit différentes méthodes de calcul en calcul énergétique. Il a été l’auteur de moteurs de calcul pour les différents DPE. Il est également l’auteur d’un moteur de calcul pour la RT2012 et pour la Simulation Energétique Dynamique.

Source et lien

BBS

Commentaires

  • Romain DEMAISON
    0
    24/05/2022

    Bonjour Bruno Salma,

    Merci pour votre article très intéressant !

    J'ai été confronté à ce problème l'année dernière avec deux logements à rénover entièrement à cause de locataires malsains. Vu qu'il fallait tout refaire, et qu'il n'y avait pas d'isolation, j'ai commencé à me renseigner pour l'améliorer.

    J'ai contacté plein d'artisans, des chauffagistes, les conseillers Faire, l'anah... Impossible d'avoir une réponse claire sur l'impact des différents travaux sur le DPE. On me disait de changer mon chauffe eau, de mettre 25 cm d'isolation à l'intérieur, et j'en passe.

    Du coup, je me suis procuré un logiciel DPE et j'ai fait mes propres simulations pour choisir les travaux à faire en priorité. Je me doutais que le DPE était un peu éloigné des performances réelles thermique des logements, mais pas à ce point...

    J'ai donc fait mes travaux avec cette vision du DPE afin de ne pas être embêté dans le futur, et je me suis dis que je n'étais pas le seul dans ce cas. J'ai donc décidé de multiplier les simulations et analyses avec différents cas de logements, et j'ai regroupé cela dans un livre numérique que j'ai publié. J'ai eu quelques bons retours de personnes qui étaient aussi perdues que moi, avec certains qui se sont même rétracte sur des petits logements parisiens impossible à rénover énergétiquement.

    Je serais ravi de vous envoyer gratuitement un exemplaire pour avoir un œil critique sur ce livre. Et peut être d'autres pistes d'analyses.

    J'espère sincèrement que cela va se tasser dans ce domaine car cette contrainte, intéressante sur le papier, est complètement absurde avec le manque d'information et de clarté sur le sujet !


  • Emmanuel
    0
    13/05/2022

    J'ai mis en vente mon appartement. Le diagnostic ressort en E. L'acheteur demande un DPE projet pour estimer les travaux à effectuer pour passer en D. Il passe par un autre diagnostiqueur. Ce dernier ressort en F. Je fais appel à un 3ème pour confirmation. Il ressort en G. Ubuesque !


  • Arnaud LEMAIRE
    0
    12/05/2022

    Très belle analyse de cette catastrophe avérée et de grandes craintes pour les audits énergétique obligatoires a venir.
    Effectués par des diagnostiqueurs et non des thermiciens couplé à un mauvais outil de calcul. Le parc immobilier n'est pas prêt de devenir performant et durable.
    Quelle tristesse...

    • serge
      0
      16/05/2022

      Merci à vous de vos informations ---Nous sommes vraiment dans le doute de toutes ces obligations qui ressemblent plus a du rackette financier --Par ailleurs nul part nous n'est imposé l'obligation de résultats ce qui me semble anormal et devrait être obligatoire vu les montants des investissements ----J'abonde également totalement dans les écrits de NILS M --ARNAUD LEMAIRE et JEAN CLAUDE

    • serge
      0
      16/05/2022

      Merci a tous de vos réponses ---Serge


  • serge
    0
    12/05/2022

    Je suis membre du conseil syndical de ma copropriété et je viens de lancer le projet de ravalements généraux avec ou sans isolation thermique et a la lecture de cet article ,( auquel j'abonde totalement ) je me demande ce que nous devons proposer aux copropriétaires lors de notre future Assemblée Générale a savoir si nous stoppons nos démarches en attendant qu'une bonne fois pour toute qu'il y ai des textes plus sérieux et précis sans avoir a faire engager des frais énormes aux copropriétaires sachant la non fiabilité des diagnostics effectués sur de mauvaises bases ----Je me pose la question de savoir si les régles imposées par le gouvernement sont faites par des gens compétents ou si ce n'est que des recherches d'honoraires divers-

    • Bruno
      0
      15/05/2022

      Il existe heureusement des méthodes permettant de faire de l'audit sur un immeuble . Ce que j'ai montré dans l'article c'est que le DPE n'en fait pas partie. Si vous travaillez avec un bureau d'étude compétant il saura mener un calcul théorique collant aux consommations relevées . A partir de là il saura déterminer les travaux pertinents à effectuer, et le temps de retour de ces travaux. Bruno Slama

    • Nils M
      0
      14/05/2022

      Bonjour Serge,
      Je me permets de vous répondre - comprenant votre interrogation/crainte à la lecture de ce billet de Bruno Slama.
      (A noter que je suis MOE sur ces questions de thermique notamment, et partage avec l'auteur cette "inquiétude" relative au DPE et sa prétendue généralisation dans les audits énergétiques)

      Votre problématique est à cheval sur des enjeux indissociables de fait mais malgré tout différents.
      La performance réelle de votre bien - donc sa capacité à répondre à sa fonction (protéger ses occupants) - et comme pour tout système cette lecture doit tendre à intégrer autant que possible sa complexité (impacts des matériaux mis en œuvre sur le bâti, pérennité des ouvrages ...etc)
      La faisabilité financière - laquelle s'articule notamment avec la question des aides et autres subventions éventuelles (dont les CEE) et dont l'un des indicateurs pivot peut être le DPE.
      Pour répondre à votre inquiétude, il s'agit de cibler le bon "interlocuteur", avec ses outils.


      Arnaud Lemaire résume bien la situation, il y a deux métiers à distinguer dans la filière actuelle : diagnostiqueur et thermicien. (même si quelques thermiciens embarquent dans leurs missions le DPE, à dessein)
      . L'un réalisait les DPE ancienne mouture - lesquels ne portaient pas de question de réhabilitation mais de simple "idée" d'amélioration. Il réalisait ces diagnostiques au même titre que de nombreux autres comme l’électricité ou l’aimante, essentiellement sur des constats visuels appuyés sur des listes de point de vérification. (le coût de ces interventions est un bon indicateur du temps pouvant être accordé ; qui ne correspond nullement à de la conception)
      . L'autre porte la question de la conception thermique et donc de l'audit énergétique avec ses préconisations.*


      En synthèse,
      Le diagnostic DPE n'est pas une conception de travaux.
      Cherchez du côté des bureau d'étude / interlocuteur associatif / via France Renov [exFaire] ou anah ...etc.
      Les professionnels poseurs / assembleurs de travaux ont leur intérêt, mais je vous recommande de toujours vous appuyer également sur un tier dont la mission est seulement de vous accompagner.


      Et surtout, n'abandonnez pas le projet d'intégrer l'isolation à vos ravalements.
      Il est indispensable de travailler aujourd'hui sur l'existant et notamment le triptyque : façades /toiture + menuiseries + ventilation ; car celui-ci peut être souvent (très) bien traité en occupation sur une bonne part du parc immobilier.
      (Sous réserve bien-sur des caractéristiques de votre bien donc)
      Le coût relatif seul de l'isolation dans vos travaux sera vraisemblablement pas si important que cela une fois considéré que le ravalement embarque déjà un certain nombre de prestations onéreuses tels l’échafaudage.

      Et même si le DPE est plus que très perfectible ; rien n'empêche de jouer sur le tableau de la "note" pour les aides et de réaliser une conception performante en parallèle.
      Il s'agit surtout de ne pas prendre ce DPE comme un indicateur suffisant et exhaustif.

      Pour finir, c'est aujourd'hui (et en réalité hier, nous sommes déjà en retard) que se joue la question de l'énergie. Il ne faut surtout pas que les balbutiements et la mauvaise communication politique ralentissent encore la prise en main de ce sujet par chacun.

    • Arnaud LEMAIRE
      0
      14/05/2022

      Je vous recommande de faire réaliser une étude par un bon bureau d étude thermique avec modélisation du projet, une saisie détaillée de l'enveloppe thermique et des systèmes et moteur de calcul TH-BCE.

    • jean-claude
      0
      13/05/2022

      Dans mes dossiers de rénovation (je suis architecte), je présente le gain en consommation d'énergie induit par l'isolation thermique. Il est en général largement supérieur à 30% , je ne m'occupe que des postes chauffage et éventuellement ECS. En général également, l'économie d'énergie finance sur 7 à 15 ans le supplément de travaux. Les dossiers présentés ainsi aux organismes sont acceptés. c'est très différent du DPE qui concerne les logements pris individuellement. et est juste une occasion de faire de l'honoraire pour le lobbying. Une étude présentant ce qui doit être fait pour obtenir un classement DPE favorable serait très différente et servirait à quelque chose.
      Mais pour ça, il faut faire appel aux gens qui savent, et pas aux emplois sous-payés des diagnostiqueurs.
      Or la politique de nos gouvernements depuis 1969 est d'exclure ceux qui trouvent au profit de ceux qui cherchent (...le profit.)


  • Marcel
    0
    12/05/2022

    Tres pertinent


  • Nicole
    0
    12/05/2022

    Les aberrations du DPE nouvelle formule. Une maison ancienne en briques pleines 40 cm la toiture 20cm de laine de verre 20cm sous les planchers fenêtres pvc doubles vitrages 4/16/4 porte d'entrée Pvc avec vitrage double argon. Un convecteur gaz qui chauffe la totalité de la maison de 65m2 sur 2 niveaux. Volets roulants. Ventilation par ouverture des fenêtres (calculé 27%desdeperditions comme si on vivait fenêtres ouvertes ! Région nord. Classé E donc passoire thermique non louable en 2034.!!!!!!?

    • Bruno
      0
      15/05/2022

      Pour les petits logement le DPE est moins bon, car le poids des parois et le poids de l'ECS est plus fort (vu que le DPE est une valeur par m² habitable). Le pb peut venir aussi d'un très mauvais rendement du convecteur gaz. Mais d'ici 2034 ce système de chauffage a probablement de grandes chances d'être changé.
      Bruno Slama.

    • Vincent
      0
      14/05/2022

      Et l'isolation des murs ?


  • jean-claude
    0
    13/05/2022

    J'utilise moi-même une méthode archaïque quoique bien plus fiable:
    -évaluation des déperditions par parois, dans laquelle on peut introduire par exemple les effets de vent sur la convection , si on utilise des retardateurs de déperdition au lieu d'isolants réfléchissants )
    -évaluation des déperditions par renouvellement d'air .

    pour les apports , il y a les apports intérieurs extrêmement variables selon les modes d'occupation, et les apports solaires qu'on peut établir sur une moyenne de mi-saison, en fonction des surfaces réellement exposées.

    le tout est très approximatif, mais colle étrangement bien avec les factures de chauffage des occupants.

    Conclusion: à force de vouloir rendre impénétrable le plus simple des calculs, en créant des spécialités au lieu de laisser le généraliste faire son travail , on assiste à une bulle du crapaud de l'activité bâtiment, partiellement en cause dans le renchérissement et la pénurie de logements. Oublions pour l'instant l'effet meurtrier de la rente foncière....

    • serge
      0
      13/05/2022

      Eh oui j'abonde totalement à vos propos


  • Corinne
    0
    13/05/2022

    Nous avons un propriétaire qui refuse de nous donner le DPE, son logement est une passoire énergétique. Que peut-on faire ?

    • Cyril
      0
      14/05/2022

      Vous pouvez acheter votre logement comme ça vous serez à même de dépenser en travaux la somme qui vous plaît afin de consommé juste l énergie dont vous souhaitez.


  • Maurice
    0
    13/05/2022

    Merci beaucoup Bruno pour cet article qui corrobore le constat que j'ai fait en comparant des résultats de 7 DPE réalisés dans une grande copropriété, comportant des logement assez homogènes.
    J'ai relevé de nombreuses incohérence entre les DPE, avec parfois des valeur manifestement aberrantes (par exemple des consommations d'auxiliaires du même ordre de grandeur que celle du chauffage) ou bien encore des simulations d'améliorations (ITE par exemple) qui se traduisaient par... une plus faible performance !
    En plus des problématiques évoqués par Bruno (validité du modèle amont, manque de fiabilité des logiciels), il apparait aussi que, du fait du manque de temps et de formation des diagnostiqueur, il y a beaucoup d'erreurs de saisie. Dans mon immeuble, on pourrait faire et refaire d'autres DPE et on en saura pas davantage !
    Existe-t-il quelque part un guichet (via ADEME, CSTB ) pour faire remonter ces problèmes et notamment les DPE qui sont manifestement incohérents. ?
    J'ai vu que l'ADEME va mettre en place un service "d'open data" des données (anonymisées) des DPE . OK sur le principe mais avec tant d'incohérence dans les données, cela n'aura sans doute que peu d'intérêt.
    Serait il possible aussi de faire remonter des "suggestions", la première d'entre elles serait de fournir davantage de résultats intermédiaires, par exemple :
    - les valeurs de la ventilation naturelle ET motorisée
    - les besoins chauffage bruts (sans prise en compte des rendements)...
    Ces résultats intermédiaires permettraient de faciliter les contrôle de cohérence et de mieux cerner ce qui est significatif.

    Ce ne sont pas les idées qui manqueraient pour améliorer cet outil qui a beaucoup de vertus, mais effectivement comme le dit Bruno, il y a pour le moment un côté boîte noire et on ne sait pas à qui s'adresser pour proposer d'améliorer tout ça.
    J'ai même interrogé des députés sur le sujet mais pour l'instant je n'ai pas de réponse !


  • Flo
    0
    13/05/2022

    Et l'aberration de la VMC qui doit-être hydro... Sauf que sur le marché les VMC hydro, elles sont toutes à piles .
    Donc dans les faits, la VMC marché le jour du DPE et 3 mois après plus piles... Et le locataire ne les changera pas !!


  • Pierre
    0
    18/05/2022

    Merci pour votre étude sérieuse et claire, qui a aussi l'avantage d'avoir déclenché des commentaires intéressants. Le problème est-il celui d'une incompétence généralisée dans certains services, ou bien d'une mafia qui piloterait la programmation de l'effondrement de l'immobilier pour s'emparer du secteur ? L'avenir nous le dira, mais dans les deux cas de figure, c'est catastrophique !


  • Romain
    0
    14/05/2022

    Propriétaire bailleur, je me désengage au vu de l'amateurisme de ce ministère. Comment monter des projets sans feuille de route fiable? Investir pour voir son logement déclassé en 2034, sans compter les futurs difficultés dans les co-pro...
    Se serais moins triste et plus réaliste si les locataires avaient déjà les moyens de se loger dans le parc actuelle.

    Merci pour l'article bien étayé.


  • philippe
    0
    14/05/2022

    Bonjour,

    Merci pour votre article.

    Existe-t-il une méthode simple pour convertir les résultats (consommations) d’une étude Th-C-E ex en ceux d’une étude 3 CL DPE 2021.

    D’avance merci,

    Cordialement,


  • georges studer
    0
    14/05/2022

    2016. Je vends une grande maison de 250 m2 en Isère. Je l'avais achetée en 2002 avec un chauffage central et une chaudière à fioul. J'ai installé dès mon arrivée une chaudière électrique en parallèle, et une vanne de commutation au cas où... Les PAC n'étaient pas à l'époque assez performantes.
    La chaudière électrique, très bien régulée a marché comme un montre pendant 14 ans. Puis j'ai donc vendu la maison en 2016.
    Le technicien en charge du DPE m'a classé juste au dessus des "passoires thermiques" (E ou F, je ne me souviens plus).
    J'ai contesté, vu tous les travaux d'isolation que j'avais réalisés, côté plafond et ouvertures.
    Il m'a exposé son calcul, très pénalisé par l'existence d'un chauffage électrique (coef. de pénalité de 2,5 si je me souviens bien), à cause, m'a-t-il dit des "centrales nucléaires" (??).
    Je lui ai montré la chaudière au fioul, toujours opérationnelle pourvu que je commute la vanne.
    Il a refait ses calculs, et j'ai gagné 2 classes sur le DPE en prenant en compte un chauffage au fioul.
    Sans tricher, j'ai pu vendre facilement ma maison.
    Depuis, je ne fais plus confiance à ces méthodes d'évaluation, conçues selon moi par des idéologues qui haïssent le nucléaire plus que le fioul et ses émissions polluantes.
    Ma nouvelle maison est bien isolée avec une PAC "gainable".


  • Yann
    0
    14/05/2022

    Remarquable travail sur les aberrations de ces modes de calcul. Mais il y a une aberration en amont, plus grave encore, faire comme si une maison ancienne, souvent vaste, d,' un plan compliqué avec des zones dédiées à des fonctions, était chauffées d'une manière homogène, a 20 degrés, partout, dans les couloirs, buanderies dessertes ,arrière cuisine, etc. En pratique on se débrouille pour avoir chaud dans le salon et la salle de bain, tempéré dans les chambres., le reste on s'en fiche, c'est hors gel. La consommation réelle est infiniment inférieure au résultat de ces calculs théoriques.
    Bref le résultat de ce DPE est de dévaloriser l' essentiel de notre patrimoine immobilier précieux qui passe de luxueux, typique, charmant à "indigne,".


  • vVDB
    0
    16/05/2022

    Tant qu'il n'y aura pas une vraie mesure, on va continuer à se faire avoir..

    Les caméras thermiques et les thermomètres numériques existent !


  • Philou
    0
    16/05/2022

    Bonjour à tous.
    Les animaux de cirques sont interdits en France et c'est très bien! Mais pas les clowns!!!
    Nous sommes dans un pays dirigé par des fous qui veulent créer des désespérés en appauvrissant la population qui l'a créé à force de travail et d'impôts!
    Depuis 4 décennies, ils ont tellement bien géré qu'ils ont vidé les caisses de la France et oublié entre autre, une politique du logement digne de ce nom!
    Aujourd'hui sous couvert de plaire aux verts et de "laver plus propre" ils sont prêts à toutes les compromissions jusqu'à broyer les bailleurs! Et que l'on ne me parle pas d'environnement! Ceux là doivent prendre leur bâton de pèlerin de filer place Tien AN Men pour demander à Xi de fermer ses 900 centrales à charbon!
    Une politique de préservation de l'énergie dans le locatif? oui. Mais concertée, étalée sur de nombreuses années, encadrée, tenant en compte la spécificité technique de chaque bâtiments et pas laissée entre les mains d'un ramassis de technocrates idéologues et fanatiques!

    Ceux qui ont eu la volonté de faire de leurs revenus locatifs une part non négligeable de leur retraite sont dores et déjà ruinés et broyés par ces idéologues inconséquents qui d'un coup de baguette magique leur volent non seulement leurs revenus mais aussi leur patrimoine. Ces classes moyennes qu'ils veulent faire disparaitre vont elles se laisser déposséder sans passer à l'action ? Leur désespoir le dira.

    Il est patent que le DPE est une vaste connerie puisque il insatisfait tout le monde , n'a aucune logique réelle tangible (sauf pour les cons) vue la multitude des cas différents, est incompréhensible et ubuesque! Par la faute d'incommensurables fantaisistes, nous allons passer des marchants sommeil impunis aux aux bailleurs démunis et ruinés!
    Ce n'est pas " un " DPE qu'il faut mais " des " DPE très très spécifiques pour chaque types de constructions chaque localisations etc. , et pas un seul logiciel qui s'adapte à tout les cas!

    Comment nous faire accroire que ce logiciel peut considérer et évaluer correctement la maison que je viens de construire RT2012 et une maison de 1870 pourtant totalement rénovée dans le centre d'Albi? Il n'y a qu'a voir les résultats des DPE!!!
    Ils sont en train de préparer l'anéantissement du parc foncier français aussi surement que les Russes ont anéantis l'Ukraine!!!

    La preuve? Les résultats abracadabrantesque de ce qu'ils appellent le DPE!
    Qu'allons nous faire de nos maisons? Des musées?!?! Demandons à nos Enarques pour voir ils ont surement la réponse.
    Les maisons anciennes qui (sans pour autant qu'elles soient des passoires) ne peuvent être rénovées (comme ils le rêvent) par ce que justement anciennes, elles en seraient dénaturées, doivent elles être démolies, qui les louera, qui les achètera? qui en paiera le foncier?
    Prenons le cas du centre de Toulouse. Il sera un désert parce que personne ne sait comment seront classés tous les logements des anciennes maisons. Seront ils interdits à la location en 2034? Avec des YAKA IFONKON et des YAPUKA ont fout tout en l'air!
    Ce pays est désespérant de bêtise, car même après des travaux important d'isolation, le DPE n'est pas sûr d'être réellement amélioré!
    Il y a peu, suite aux évènements en Ukraine, et à la Stagflation, j'entendais un spécialiste de politique et d'économie dire à notre endroit :" la fête est finie"! Et bien pas chez nous monsieur, il reste encore des clowns!

    L'après COVID, la guerre en Ukraine, la Chine, L'Europe, l'ENA, le DPE, qui dit mieux?
    Philou.









  • yann
    0
    17/05/2022

    Aux quelques intervenants répondant à mes remarques sur le massacré annoncé du patrimoine immobilier français en disant "il n'y a qu'à isoler par l'intérieur", je souligne : ce n'est pas rien de diminuer la surface habitable dans de si grosses proportions, c'est très regrettable de perdre l'inertie thermique en été, c'est extrêmement délicat d'isoler des murs en pierre, briques, colombage etc sans dégâts considérables dans les 10 15 ans. Un mur frais confronté à une paroi tiède et isolante ça condensé et pourrit.
    Les artisans "RGE" n'y connaissent pas grand chose et vous garantissent seulement que vous aurez plus chaud en hiver pendant quelques années, et beaucoup plus chaud l'été.. La Belgique, pays de la brique et des façades travaillées, on est beaucoup beaucoup plus prudent dans ce domaine


  • Michel
    0
    17/05/2022

    Les questions ;
    Comment en est on arrivé là?
    Le Cinov ne s’intéresse pas à la rénovation sauf quand on lui le rappelle…
    Des agglomérations arrivent à obtenir des qualifications OPQIBI…
    Des collecteurs de CEE idem
    Si tout le monde sait tout faire…et que tous ensemble on s’attribue les qualités que nous n’avons pas…
    Alors nous sommes tous des thermiciens …
    Que la fête continue …





  • Christian
    0
    12/05/2022

    Merci Bruno pour ce bel article qui reflète bien et malheureusement la réalité de l'actuel DPE qui est une véritable "usine à passoires Energétiques et Thermiques". faite de temps, le ministère est cependant sourd à toutes évolutions de la méthode et l'on va droit dans le mur pour les audits énergétiques mais également les calculs en rénovation énergétique des logements avec les rénovations globales et les CEE, ma prime rénov. Espérons que les choses changent dans les prochains mois.


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