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Rénovation de bâtiment réussie : n’oublions pas les besoins humains pour plus de mieux-être !

Par le Dr Suzanne Déoux, Fondatrice de Medieco, ingénierie de santé du cadre bâti et urbain et Denis Dessus, Président, Conseil National de l’Ordre des Architectes

Dans l’acte de rénover, aujourd’hui, seule l’énergie semble digne d’intérêt et possède un coût. La santé, dans son acception globale, de bien-être physiologique, sensoriel, psychique et social, n’en aurait-elle pas un aussi ? Regards croisés d’un architecte et d’un médecin sur les objectifs de la rénovation du bâtiment avec le Dr Suzanne Déoux, Fondatrice de Medieco, ingénierie de santé du cadre bât et urbain Denis Dessus, Président, Conseil National de l’Ordre des Architectes, lors de la Journée EnerJ-meeting à Paris le 7 févier 2019.



Rénovation d’un bâtiment réussie : regard croisé d’un médecin et d’un architecte
Conférence EnerJ-meeting du 7 février 2019


Le bâtiment est le premier environnement de l’homme qui perçoit les caractéristiques de ses espaces de vie par les sens, en lien étroit avec le système nerveux végétatif, « pilote automatique » qui régule les différentes fonctions vitales (digestion, respiration, circulation artérielle et veineuse, pression artérielle, sécrétion et excrétion).

Ainsi la lumière naturelle ne sert pas qu’à voir. Elle synchronise les différents rythmes biologiques. Ne se préoccuper que du confort visuel est donc une approche trop restreinte.
En rénovation, où la position des percements est souvent imposée, le travail de la lumière, influe sur le comportement et l’état psychologique des habitants.

Notre environnement sonore a un impact sur le système cardio-vasculaire par la stimulation du système neuro-végétatif. Les expositions au bruit, surtout nocturnes sont ainsi corrélées avec un risque d’hypertension artérielle et une déstructuration du sommeil. Lors des rénovations, l’isolement vis-à-vis de l’extérieur et du bruit des équipements intérieurs, doit répondre aux interactions avec le reste du bâti pour offrir une acoustique adaptée aux habitants.

Dans le bâtiment, le toucher ne jouit pas de la même attention que la vue et l’ouïe, considérés comme des sens nobles, des sens sociaux parce qu’ils permettent de communiquer à distance. Pourtant premier sens développé chez l’homme, il doit être impérativement intégré dans la rénovation des bâtiments accueillant des enfants. Il est urgent de prendre en compte les besoins immédiats, avec une vision prospective de l’usage. Le vieillissement de la population impose une ergonomie spécifique des lieux, une accessibilité et une facilité de déplacement avec des solutions évolutives, souvent contraignantes dans l’existant. Même si un environnement inodore n’est pas souhaitable, la surstimulation actuelle de l’odorat dans les bâtiments par de nombreux produits aux diverses fragrances n’améliorent pas le nettoyage, mais dispersent dans l’air des teneurs élevées de composés organiques volatils aux potentialités irritantes et allergisantes. L’odeur de propre n’est pas synonyme d’air sain !
Les bâtiments anciens, avec des moisissures odorantes et allergisantes, exigent un diagnostic et un traitement avec des solutions correctives de ventilation et de revêtements qui intègrent l’existant et l’usage.

La sensorialité n’est qu’une partie des sollicitations sensibles reçues par l’organisme. La sensibilité cutanée ou superficielle nous assure une sensibilité vibrotactile dite d’exploration, et une sensibilité à la fois de protection et de perception au froid et au chaud. L’environnement hygrothermique influe évidemment sur la santé.
Autre facette de la sensibilité générale ou somatique, la sensibilité proprioceptive, véritable sens spatial, est la grande oubliée de la qualité environnementale des bâtiments. Le principe du vivant est d’être en mouvement. Le corps sent et comprend l’espace par sa position, son déplacement et la situation des différents segments des membres les uns par rapport aux autres. La perception spatiale d’un adolescent et d’une personne âgée n’est pas identique. Un même environnement aura des impacts différents.

L’architecte réalise la synthèse de ces paramètres, les hiérarchise, les adapte aux usagers en réalisant les meilleurs compromis, en intégrant les volets économiques, l’amélioration du fonctionnement et de la valeur patrimoniale du bien.
Mettre en adéquation un bâti et un vécu constitue le sens de toute rénovation réussie, garante de la santé et du bonheur d’habiter.

Manifeste 2019

Retrouvez la synthèse des interventions
« le bâtiment 2020, réglementation et tendances »




Par le Dr Suzanne Déoux, Fondatrice de Medieco, ingénierie de santé du cadre bâti et urbain
et Denis Dessus, Président, Conseil National de l’Ordre des Architectes



Dr Suzanne Déoux
Denis Dessus

Dr Suzanne Déoux
Fondatrice de Medieco, ingénierie de santé du cadre bâti et urbain Médecin ORL et professeur associé à l’Université d’Angers, Suzanne Déoux, développe depuis plus de 30 ans une approche globale des thématiques santé dans le bâtiment en assistance à maîtrise d’ouvrage et d’oeuvre, en accompagnement d’industriels, en management de la qualité de l’air intérieur. Auteur de nombreux ouvrages de référence et organisatrice du colloque « Les Défis Bâtiment Santé ».

Denis Dessus
Président, Conseil National de l’Ordre des Architectes Président du Conseil National de l’Ordre des Architectes. Architecte libéral exerçant en France et à l’étranger, conférencier et enseignant l’architecture et l’urbanisme écologiques, militant d’une approche holistique de l’architecture.



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