Rénovation énergétique des bâtiments : quels besoins de main-d’œuvre en 2030 ?

Par France Stratégie

L’isolation thermique du parc existant et l’adoption de modes de chauff­age moins carbonés sont les voies nécessaires de réduction de nos émissions de gaz à e­ffet de serre. Pour y parvenir, il faudra mobiliser 20 à 30 milliards € d’investissement annuel supplémentaire dans la rénovation d’ici la fin de la décennie. Un e­ffort financier qui ne saurait à lui seul suffire. Y aura-t-il assez de bras et de têtes dans le secteur de la construction déjà en pénurie de main-d'œuvre ?


construction


La rénovation énergétique implique près de 200 000 emplois

Nous estimons qu’il faudra créer entre 170 à 250 000 emplois supplémentaires d’ici 2030 dans la rénovation énergétique des bâtiments pour l’atteinte des objectifs BBC de la France.

Certes, un fléchissement de la construction neuve permettrait de réallouer une partie des professionnels vers la rénovation, mais il faudrait une chute drastique des mises en chantier pour couvrir l’ensemble des besoins. Sans compter que la main-d'œuvre qui exerce aujourd'hui dans la construction de logements neufs n’est pas nécessairement localisée là où les besoins de rénovation sont les plus criants, c’est-à-dire dans les régions les plus froides qui se chau­ffent intensément et longtemps, mais aussi dans les zones rurales où le chauff­age au fioul est plus répandu comme dans le Grand Est ou les Hauts-de-France.

Ouvriers du bâtiment, chefs de chantier, architectes seront à la manœuvre pour réaliser ces travaux ; leur emploi devrait être particulièrement dynamique dans toutes les régions, y compris celles qui sont en retrait de la dynamique nationale d’emploi (carte).

Si l’on ajoute à ces créations d’emploi les départs en fin de carrière des seniors, 635 000 postes seraient à pourvoir d’ici 2030 dans les métiers du bâtiment (37% de l’emploi actuel). Or le nombre de jeunes débutants devrait être insuffisant pour les occuper, en particulier parmi les ouvriers qualifiés du second œuvre et du gros œuvre. Il faudra donc faire appel, plus encore que par le passé, à la main-d'œuvre immigrée, aux chômeurs, aux reconversions et aux mobilités professionnelles.


scénario référence scénario bas carbone

Lecture : entre 2019 et 2030, l’emploi des métiers du bâtiment augmenterait de 10,7% en Auvergne-Rhône-Alpes dans le scénario de référence (soit un scénario tendanciel intégrant les mesures climat existantes) et de 14,9% dans le scénario bas carbone (soit un scénario considérant comme atteint les objectifs de la Stratégie nationale bas carbone 2).
Sources : Projections Dares/France Stratégie



Téléchargez la note « Les besoins d’emplois en 2030 pour la rénovation énergétique »



La réalisation des objectifs de neutralité carbone à l’horizon 2050 va demander un eff­ort d’investissement

Cette note d’analyse de 16 pages, partagée pour les lecteurs d’Xpair, fait suite à la deuxième Conférence annuelle des métiers et s’inscrit dans le prolongement de l’exercice de prospective Les Métiers en 2030, publié par France Stratégie et la Dares en 2022, qui dressait un panorama des dynamiques et des difficultés probables de recrutement dans la décennie à venir.

Cet exercice s’appuie sur un scénario macroéconomique de référence et étudie plusieurs scénarios alternatifs à titre de variante, notamment un scénario bas carbone permettant de respecter les objectifs de la SNBC 2. Une déclinaison régionale des dynamiques du scénario de référence est également disponible depuis début 2023.

Le travail présenté dans cette note montre différentes trajectoires envisagées pour l’atteinte de la neutralité carbone dans le secteur du bâtiment, selon les approches de modélisation et les hypothèses retenues.

Afin d’éclairer les besoins en emploi globaux de ce secteur, il est en outre nécessaire de comparer non seulement les trajectoires de la rénovation énergétique mais aussi celles de la construction neuve, qui peuvent être contrastées entre scénarios, sans pour autant préjuger d’un transfert automatique de l’une vers l’autre.


Anticiper les besoins en emploi de la rénovation énergétique des bâtiments


La construction, un enjeu majeur de la décarbonation et de l’emploi

La trajectoire de neutralité carbone à 2050 nous impose des objectifs ambitieux dès 2030. Le bâtiment est un des leviers principaux de cette décarbonation car il est le principal émetteur avec le transport, et les technologies pour le décarboner existent déjà. Les deux stratégies nationales bas carbone avaient déjà fixé des cibles de réduction partiellement atteintes en 2022 (9). Depuis, un certain nombre de mesures réglementaires et de soutien ont été mises en place. L’interdiction de location des logements les plus énergivores (10) et la refonte annoncée du dispositif MaPrimeRénov’ (11) affichent l’ambition d’orienter les aides vers la rénovation globale, en particulier pour les passoires énergétiques (12). L’autre dimension de la baisse des émissions dans le secteur est orientée vers la décarbonation des vecteurs énergétiques, avec notamment l’interdiction d’installation de chauage au fioul (13). La décarbonation du bâti tertiaire existant est principalement encadrée par le dispositif Éco Énergie Tertiaire (14) pour les surfaces supérieures à 1 000 m² : 40% de baisse de la consommation d’énergie d’ici 2030, 60% d’ici 2050.

Sous l’égide du Secrétariat général à la planification écologique (SGPE), créé en juillet 2022, un document d’orientation de la décarbonation du secteur du bâtiment a été élaboré et soumis à concertation (15). Il alimentera la révision de la Stratégie nationale bas carbone, qui s’inscrit dans la lignée des objectifs climatiques de l’Union européenne pour 2030 − visant à atteindre une réduction de 55% des émissions nettes de gaz à effet de serre par rapport à 1990 (Fit for 55) − et, en ce qui concerne spécifiquement le bâtiment dans la nouvelle directive européenne sur la performance énergétique des bâtiments (16).

Les objectifs soumis à concertation par le SGPE visent une baisse de 61% des émissions en 2030 par rapport à 2019, dont environ 60% de l’effort est à réaliser dans le résidentiel, essentiellement par la décarbonation des vecteurs (gaz,fioul) et par l’isolation des logements les plus énergivores - (Graphique 1).


Graphique 1 - Cible de baisse des émissions directes liées à l’usage des bâtiments

cible émission usage bâtiment

Lecture : les objectifs soumis à concertation par le SGPE visent une baisse des émissions en 2030 de 61% par rapport à 2019, soit -46 MtCO2e.
Source : SGPE (2023) « La planification écologique dans les bâtiments »


Cette ambition vise les objectifs chiffrés suivants d’ici 2030 :

  • isoler 60% des passoires énergétiques ;
  • remplacer 75% des chaudières au fioul et 20% des chaudières à gaz, principalement par des pompes à chaleur (y compris hybrides), des réseaux de chaleur urbains et de la biomasse ;
  • augmenter la part du biogaz dans le réseau à 15% (50 TWh produit en 2030) ;
  • réduire de 40% la consommation d’énergie finale dans le tertiaire privé ;
  • rénover en bâtiment basse consommation (BBC) aumoins 3% par an du parc des bâtiments publics (même engagement que la directive performance énergétique) et sortir du fioul ;
  • poursuivre les efforts de sobriété (moindre consommation d’énergie par la baisse du niveau de température dans les logements notamment).


La construction neuve, quant à elle, influe principalement sur les émissions indirectes du bâtiment (artificialisation, matériaux de construction). Afin de limiter ces émissions et, par ailleurs, de contribuer à l’objectif de réduction de l’artificialisation, le SGPE table sur une baisse de la construction neuve des logements allant de 2% à 18% entre 2020 et 2030 (par rapport à la moyenne des mises en chantier entre 2010 et 2020), soit un nombre annuel de logements neufs compris entre 302 000 (hypothèse basse) et 360 000 (hypothèse haute).

Ces évolutions ne sont pas sans impact sur l’emploi de la construction, qui compte près de 1,8 million d’équivalents temps plein hors travaux publics (17). La plupart des entreprises du bâtiment exerçant leur activité dans la construction neuve comme dans la rénovation (énergétique ou non) et les petits travaux d’entretien, il est aujourd’hui difficile d’isoler la part des emplois consacrée à chacune de ces composantes. L’absence de définition unanimement admise de la rénovation énergétique, qui ne correspond à aucune catégorie statistique, complique par ailleurs l’estimation de l’emploi correspondant.

La grande majorité des activités de la branche est constituée de travaux dits « spécialisés » qui préparent la construction (terrassement, fondation, maçonnerie) et qui la rendent fonctionnelle (plomberie, chauffage, électricité, vitrerie, carrelage, peintures, etc, ...). Près de neuf emplois sur dix (et 80% de la valeur ajoutée) appartiennent à ces activités, le reste étant constitué de la construction stricto sensu de bâtiments (hors ouvrages de génie civil). La majorité du chiffre d’affaires de ces activités spécialisées est consacrée à l’entretien-amélioration des bâtiments existants plutôt qu’à la construction neuve (18). Les travaux d’efficacité énergétique pour se conformer aux réglementations thermiques ont amplifié ce phénomène : les activités électriques et thermiques représentent 37% de l’emploi salarié des activités de construction spécialisée, une activité en hausse continue et moins cyclique que la construction de bâtiment.

Pour autant, la construction neuve et les mises en chantier sont un indicateur de la conjoncture du bâtiment, le secteur étant très sensible aux retournements de cycle, comme en 2008. Après avoir progressé de 15% en quatre ans (19), l’emploi salarié du bâtiment se stabilise depuis dix-huit mois (Graphique 2). La baisse de la construction neuve de logements observée ces derniers mois (Graphique 3) n’a donc encore affecté le recrutement que de manière limitée, même si on ne peut exclure que cet effet s’amplifie dans un proche avenir, dans un contexte de fort relèvement des taux d’intérêt et de baisse de la capacité d’emprunt des ménages. Pour autant, les pénuries de main-d’oeuvre continuent d’affecter les professionnels du bâtiment (comme les couvreurs, les plombiers et les chauffagistes) (20).


Graphique 2  - Emploi salarié de la construction hors génie civil (y compris intérim), en milliers

emploi salarié construction

Source : Urssaf, Dares, Insee (2023), « Estimations d’emploi ; estimations trimestrielles »


Graphique 3 - Nombre de logements cumulés sur douze mois, en milliers

nombre logements cumulés

Source : Service des données et études statistiques (SDES), Sit@del2


À plus long terme, les cibles envisagées par le SGPE en matière de rénovation énergétique et de construction neuve posent deux questions :

  • celle de l’impact net sur l’emploi du bâtiment, compte tenu du fait que les mises en chantier entre juin 2022 et mai 2023 restent encore de 14% supérieures à la borne basse de 302 000 logements affichée par le SGPE;
  • celle de la capacité à réallouer les emplois supprimés dans la construction neuve vers la rénovation énergétique.


Comparaison des estimations d’investissements et d’emploi dans le secteur de la construction

Les scénarisations développées pour anticiper les besoins en emploi de la transition écologique, en particulier dans le secteur de la construction, permettent de présenter des cheminements différents pour parvenir à la neutralité carbone, en l’absence de certitudes sur les politiques qui seront mises en place au cours du temps. La comparaison de leurs méthodes, de leurs hypothèses et de leurs résultats fournit en ce sens une estimation probable des créations de postes nécessaires pour réaliser l’ensemble des travaux de rénovation énergétique. Les impacts sur l’emploi dépendent néanmoins des scénarios de décarbonation retenus et des modèles utilisés. Il est donc important d’identifier ce qui rapproche et ce qui diérencie les scénarisations pour mieux comparer leurs estimations d’emploi.


Différentes approches de modélisation

La modélisation de l’économie dépend de la façon dont est abordée la transition écologique et des mesures mises en place pour atteindre les objectifs de réduction des émissions. Deux types de méthodes sont utilisés pour estimer au niveau national les besoins d’investissement et d’emploi de la décarbonation de l’économie ou du seul secteur de la construction.

D’une part, les scénarios de l’exercice Les Métiers en 2030 (France Stratégie et Dares) (21), publié début 2022, s’appuient sur une modélisation dite « bouclée » qui tient compte des rétroactions macroéconomiques : elle intègre à la fois les emplois directs (dans la construction), indirects (dans les matériaux de construction par exemple) et induits (surcroît de revenus lié à la croissance économique dépensé dans le reste de l’économie). La demande internationale adressée à la France (exportations) et la propension à importer des biens et services en fonction de la compétitivité de la France sont également projetées. Dans cette prospective, la transition climatique est vue essentiellement comme une relance keynésienne (induite par le surcroît de besoins d’investissement), financée par emprunt et sans friction (ni sur la capacité d’emprunt, les taux d’intérêt, la compétitivité ou les ressources en main-d’oeuvre). Les résultats en termes de créations d’emploi doivent donc être vus comme des majorants.

D’autre part, les exercices d’estimation d’emploi dans la rénovation énergétique des bâtiments du scénario négaWatt (22) ou du projet Build up skills 2 (BUS 2), actuellement mené par l’ADEME et AVE, s’appuient sur un outil intermédiaire entre une modélisation technico-économique fondée sur des facteurs physiques (nombre de mètres carrés rénovés, de chaudières performantes installées, etc, ...) et la modélisation macroéconomique. Dans le modèle utilisé (TETE, Transition Écologique Territoires Emplois), développé par l’ADEME et le Réseau Action Climat (23), la demande physique adressée à la construction est traduite en coûts unitaires et se diffuse dans le reste de l’économie via les consommations intermédiaires. L’emploi estimé est à la fois direct et indirect mais ne tient pas compte du surcroît (ou de la baisse) de demande adressée à la construction du fait d’une accélération (ou d’une décélération) de la croissance (emplois induits). Cette méthode a l’avantage d’une certaine simplicité : elle repose sur le calcul de l’équivalent en emploi d’un euro dépensé. Ce qui n’est pas le cas des modèles bouclés qui ont, quant à eux, l’avantage de présenter une vision plus systémique du fonctionnement de l’économie.


Des trajectoires affichant une ambition élevée sur la rénovation énergétique, mais de fortes divergences sur la construction neuve

Les hypothèses en matière de rénovation énergétique et de construction neuve des différentes modélisations sont également déterminantes dans les estimations d’investissement et d’emploi. Les scénarios réalisés depuis la SNBC 2 se distinguent tout d’abord par l’ampleur et la performance des rénovations énergétiques (rythme de rénovation, types de bâtiments ciblés, performance des rénovations, décarbonation des systèmes de chauffage) et par leurs hypothèses sur l’évolution de la construction neuve (Tableau 1).


Tableau 1 -  Principales hypothèses des scénarios de réduction des émissions de GES dans le secteur du bâtiment à l’horizon 2030


hypothèses scénarios réduction ges


Les scénarios Transition(s) 2050 de l’ADEME (24) proposent quatre trajectoires vers la neutralité carbone impliquant une mobilisation différente des leviers de sobriété, de décarbonation des vecteurs énergétiques ou d’amélioration de l’efficacité énergétique. Faute de s’appuyer sur la SNBC 3 en cours d’élaboration, BUS 2 est fondé sur l’un d’entre eux, « Coopérations territoriales », qui privilégie la rénovation performante BBC (bâtiment basse consommation) par étapes sur la majorité des logements (25), à un rythme très soutenu jusqu’en 2030, puis une stabilisation jusqu’en 2050. Le scénario négaWatt suppose aussi la rénovation performante des logements, mais ces rénovations s’effectuent essentiellement en une fois (26), et leur montée en charge est progressive entre 2022 et 2030 avant d’atteindre un rythme élevé à partir de 2030. Les deux approches retiennent une forte dynamique de décarbonation des vecteurs énergétiques par des pompes à chaleur (aérothermiques et géothermiques) ou encore le chauffage au bois.

Ces scénarios reposent par ailleurs sur une baisse significative du rythme de la construction neuve dans le résidentiel et le tertiaire, pour tenir compte de la réduction nécessaire des émissions du bâti neuf et de l’artificialisation des terres. Ces hypothèses impliquent une diminution des besoins de bureaux, commerces, hôpitaux, et autres bâtiments tertiaires, c’est-à-dire un découplage entre la croissance économique et celle du bâti. Mais c’est dans le logement que les baisses envisagées sont les plus fortes, tirées par une diminution de la surface par personne et par une baisse du nombre de logements vacants et de résidences secondaires.

Le scénario bas carbone des Métiers en 2030 simule l’atteinte des objectifs fixés par la Stratégie nationale bas carbone de 2020 (SNBC 2) qui envisage d’accélérer le rythme ainsi que l’intensité des rénovations en ciblant notamment à court et moyen terme l’éradication des passoires énergétiques. Par ailleurs, il est fait l’hypothèse d’une quasi stabilité de la construction neuve, résultant d’une hausse de la construction neuve de logements (27) et d’une baisse de celle du tertiaire (28).

Pour la rénovation du tertiaire, tous ces exercices de prospective suivent la trajectoire du dispositif Éco Énergie Tertiaire pour les bâtiments de plus de 1 000 m².

Récemment, le rapport de Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz (29) a étudié l’effet d’une série de mesures en faveur de la rénovation énergétique du bâti d’ici à 2030 : il cible à cet horizon la rénovation et le changement de vecteur des passoires énergétiques chauffées au fioul ou au gaz, une forte réduction du chauffage au fioul (les trois quarts) et une réduction progressive de celui au gaz, et l’application du décret tertiaire, sans faire d’hypothèse sur la construction neuve.


Des scénarios qui impliquent une hausse sensible des investissements

Les objectifs très ambitieux de rénovation énergétique supposent des investissements supplémentaires qui sont estimés par ces diérents exercices prospectifs.

Le scénario bas carbone des Métiers en 2030 inclut de forts investissements dans la transition conformes à la SNBC 2. Le scénario de référence tient déjà compte de mesures existantes, mais celles-ci étant insuffisantes pour atteindre la trajectoire de neutralité carbone en 2030, un effort supplémentaire de 15 milliards d’euros par an en moyenne et des prix fictifs du carbone sont intégrés dans le scénario bas carbone (30). Les investissements totaux dans le bâtiment selon le scénario bas carbone atteignent 43 milliards d’euros en 2030, soit une augmentation de 28 milliards d’euros par rapport à 2019.

Pour BUS 2 et négaWatt, la modélisation à partir de l’outil TETE permet d’estimer des coûts par geste d’isolation et de changement d’équipement de chauffage/eau chaude sanitaire. L’agrégation de ces coûts aboutit, dans le cas de BUS 2, à un montant total annuel d’investissements dans la rénovation énergétique du résidentiel et du tertiaire de 39 milliards d'euros en 2019 et de 70 milliards d’euros en 2030, soit une hausse de 31 milliards d’euros. Dans le scénario négaWatt, les investissements pris en compte dans la rénovation du résidentiel et du tertiaire passeraient de 15 à 36 milliards d’euros entre 2019 et 2030, soit une hausse de 21 milliards d’euros. Cette augmentation, inférieure à celle des modélisations précédentes d’ici 2030, s’explique par une montée en charge des rénovations plus progressive, dans la mesure où les rénovations anticipées sont d’emblée globales, ce qui implique une mobilisation plus lente des acteurs et des financements (31).

Au total, le supplément d’investissements annuels nécessaires entre 2019 et 2030 dans la rénovation énergétique des bâtiments s’élèverait entre 21 et 31 milliards d’euros selon l’estimation retenue (Graphique 4).


Graphique 4 - Évolution des investissements et de l’emploi dans la construction, liés à la rénovation énergétique


investissement emploi construction

Champ : emplois directs dans la branche de la construction, au sens de la comptabilité nationale ; investissements dans la rénovation énergétique du résidentiel et du tertiaire.
Lecture : d’après Les Métiers en 2030, le nombre d’emplois liés à la rénovation énergétique dans la construction augmenterait de 253 000 équivalents temps plein (ETP) entre 2019 et 2030.
Remplir les objectifs de rénovation tels que définis dans le scénario bas carbone de Métiers en 2030 nécessiterait un surplus d’investissement entre 2019 et 2030 de 28 milliards d’euros.
Sources : projections France Stratégie-Dares, Ademe-AVE et négaWatt


Le rapport de Jean Pisani-Ferry et Selma Mahfouz sur les incidences économiques de l’action pour le climat (32) estime à 48 milliards d’euros les investissements supplémentaires annuels requis pour l’atteinte des objectifs en 2030 par rapport à un scénario tendanciel sans verdissement de l’économie. Dans le bâtiment résidentiel, les investissements incluent la rénovation des trois quarts des passoires énergétiques chauffées au gaz et au fioul (33), le remplacement des trois quarts des chaudières au fioul et de 20% des chaudières au gaz par des pompes à chaleur air/eau, pour un montant de 21 milliards d’euros en 2030 (34). Dans le tertiaire, les investissements requis pour respecter le décret tertiaire et rénover les bâtiments publics à un rythme proche de celui envisagé par le SGPE sont estimés à 27 milliards d’euros par an. Le supplément total d’investissements de 48 milliards d’euros en 2030, estimé en écart à un scénario sans eort de transition, n’est pas directement comparable aux évolutions entre 2019 et 2030 données pour les autres modélisations. Il peut toutefois être considéré comme une borne haute de cette évolution, dans la mesure où les investissements pour la transition ne sont déjà pas nuls en 2019.


Des ordres de grandeur relativement comparables sur la hausse des besoins en emploi dans la rénovation énergétique

Pour comparer les résultats des modélisations en termes d’emploi, il est important de distinguer ce qui relève de la rénovation énergétique proprement dite des autres activités de la construction (nouveaux bâtiments résidentiels ou tertiaires et amélioration du confort des logements).

Dans Les Métiers en 2030, on suppose que la part de l’emploi affectée à la rénovation énergétique des bâtiments correspond à celle des besoins d’investissement en 2030 estimés par I4CE (35) pour la deuxième Stratégie nationale bas carbone (SNBC 2), qui distingue les investissements consacrés à la construction neuve, à la rénovation énergétique performante et à l’entretien-amélioration du résidentiel et du tertiaire. La part de la rénovation énergétique dans l’investissement en bâtiment augmentant de 11 points de pourcentage entre 2019 et 2030 d’après I4CE, on fait l’hypothèse qu’il en va de même pour la part de la rénovation énergétique dans l’emploi de la construction hors travaux publics (la part des travaux publics dans l’emploi de la construction étant par ailleurs supposée constante entre 2019 et 2030).

Pour les modélisations issues de l’outil TETE (BUS 2, négaWatt), la demande de rénovation énergétique induite par la demande de surfaces rénovées supplémentaires est convertie en équivalent temps plein (ETP) à partir de coefficients d’emplois (en ETP/euros). On peut dès lors isoler l’emploi direct dans la rénovation énergétique (en excluant le neuf) dans le seul secteur de la construction (hors travaux publics), ce qui permet la comparaison avec Les Métiers en 2030.

Finalement, la comparaison de ces exercices de modélisation fournit une estimation des besoins supplémentaires en emploi nécessaires pour réaliser l’ensemble des travaux de rénovation énergétique d’ici 2030, qui se situe entre 170 000 et 250 000 emplois supplémentaires par rapport à 2019 (Graphique 4).


Des évolutions contrastées de l’emploi dans la construction neuve

L’évolution de l’emploi dans l’ensemble du bâtiment dépendra de celle de la construction neuve. Or il existe de fortes divergences entre les exercices sur l’évolution des mises en chantier d’ici 2030. Là où Les Métiers en 2030 supposent une quasi-stabilité de la construction neuve, le scénario retenu par l’ADEME pour BUS 2 et le scénario négaWatt reposent au contraire sur un très fort fléchissement de son rythme (Figure 1).

L’emploi dans la construction de logements neufs peut être estimé aujourd’hui entre 250 000 et 300 000 équivalents temps plein (ETP), hors emplois indirects dans les branches autres que la construction (ADEME/France Stratégie (36)). Une baisse de la construction de logements neufs de 20%, correspondant à l’hypothèse basse du SGPE, entraînerait une baisse de 50 000 à 60 000 ETP dans le secteur de la construction. Cette baisse pourrait limiter l’ampleur des besoins, dans la mesure où les professionnels du bâtiment oeuvrent aussi bien dans le neuf que dans la rénovation, mais elle ne suffirait pas à compenser la hausse des recrutements dans la rénovation.


Figure 1 - Évolution de l’emploi de la construction lié à la construction neuve entre 2019 et 2030


évolution emploi construction

Sources : hypothèses France Stratégie/Dares, ADEME/AVE, négaWatt, SGPE

Index références

(9)  Ces cibles sont décomposées en budgets carbone entre 2015 et 2033, par périodes de quatre à cinq ans. Le deuxième budget carbone (2019-2023) est en voie d’être respecté. Voir Citepa (2023), Émissions de gaz à effet de serre en France : estimations provisoires sur l’ensemble de l’année 2022 avec le baromètre des émissions mensuelles du Citepa, mai.
(10)  Depuis le 1er janvier 2023, un logement est considéré comme décent (et donc disponible à la location) lorsque sa consommation d’énergie finale est inférieure à 450 kWhEF/m²/an. Ce seuil s’étend aux logements classés F à partir de 2025, E en 2028 et D en 2034 (ministère de la Transition écologique).
(11)  Voir l’annonce du renforcement du soutien à la rénovation énergétique des bâtiments sur le site des ministères de la Transition écologique et énergétique.
(12)  Les travaux du Comité d’évaluation du plan de relance (2022), Deuxième rapport, ont notamment mis en évidence le fait que des travaux de rénovation globale engagés dans le cadre de MaPrimeRénov’ Sérénité se traduisant par des gains d’énergie importants ne se concrétisent pas systématiquement par des sorties de passoires thermiques.
(13)  Par application du décret n°2022-03-25 du 5 janvier 2022.
(14)  Issu de l’article 175 de la loi Elan.
(15)  Secrétariat général à la planification écologique (2023), op. cit.
(16)  Voir la directive (UE) 2018/844 du Parlement européen et du Conseil de l’Europe du 30 mai 2018.
(17)  Comptes nationaux 2022. Les travaux publics comptent pour 10% de l’emploi du secteur.
(18) Esane 2020, Insee. 65% du chiffre d’affaires des activités de finition (peinture, vitrerie, pose de revêtement, menuiserie) rétribuent des travaux sur le bâti existant ; c’est 46% pour les autres travaux spécialisés (charpente, isolation, maçonnerie). Ces deux activités représentent près de 60% de l’emploi salarié des activités de construction spécialisée. Deux autres secteurs composent les activités de construction spécialisées sans que la part de chaque type de bâtiment soit précisée : i) les activités de terrassement et de démolition représentent une très faible part de l’emploi salarié (6,5%) et on peut supposer qu’elles contribuent majoritairement à la construction neuve ; ii) les activités électriques et thermiques représentent 37% de l’emploi salarié et on peut supposer qu’elles contribuent majoritairement à l’entretien et au remplacement des vecteurs électriques et énergétiques du bâti existant.
(19)  Entre le quatrième trimestre 2017 et le quatrième trimestre 2021. Voir Insee (2023), «Estimation trimestrielle d’emploi salarié au 1er trimestre 2023 et évolutions par grand secteur d’activité».
(20)  Pôle Emploi (2023), Enquête besoins en main-d’oeuvre 2023 ; Diagne M., Flamand J. et Tranier E. (2023), « Rénovation énergétique des bâtiments : comment répondre aux besoins en emploi et en formation ? », op. cit.
(21)  Jolly C., Flamand J., Cousin C. et Eidelman A. (2022), op. cit. Plusieurs scénarios bornent les incertitudes de cet exercice de prospective, dont un scénario de référence (tendanciel) et un scénario bas carbone qui atteint les objectifs de décarbonation que la France s’est fixés.
(22)  Quirion P. (2022), « TETE, un outil en libre accès pour estimer les emplois générés par la transition écologique - Présentation et application au scénario négaWatt 2022 », Revue de l’OFCE, n°176, p. 329 à 346 (2022/1).
(23)  Voir le site de TETE (Transition Écologique Territoires Emplois).
(24)  ADEME (2022), Transition(s) 2050 : Choisir maintenant, agir pour le climat.
(25)  Dans ses scénarios, l’ADEME appelle « rénovation performante par étapes » toute rénovation permettant d’atteindre une consommation de chauffage de 53 kWhEF/m²/an en maison individuelle et de 52 kWhEF/m²/an en logement collectif. C’est légèrement supérieur au niveau de consommation de 45 kWhEF/m²/an atteint par les rénovations performantes en « une fois », majoritaires dans le scénario « Génération frugale » de l’ADEME. ADEME (2022), op. cit.
(26)  NégaWatt considère que les rénovations en plusieurs étapes sont in fine moins performantes car elles se font souvent avec différents intervenants et occasionnent des pertes d’efficacité.
(27)  Qui serait due à la croissance de la population et à la poursuite d’une tendance à la décohabitation.
(28) Qui serait due à l’impact du télétravail sur la demande de bureaux.
(29)  Pisani-Ferry J. et Mahfouz S. (2023), op. cit.
(30)  Les investissements nécessaires pour atteindre ces objectifs de réduction de GES ont été établis sur la base de travaux qui avaient été réalisés en 2014-2015 pour la préparation de la loi d’août 2015 relative à la Transition énergétique pour la croissance verte, par l’ADEME, Enerdata, Énergie Demain, le Citepa et Seureco. Ces chiffrages, qui comprenaient notamment une analyse très fine réalisée par Énergie Demain sur les investissements nécessaires dans le bâtiment, ont été réactualisés pour chiffrer les investissements nécessaires à l’atteinte des objectifs de la SNBC 2. Ils sont réalisés par rapport à un scénario « à mesures existantes » (AME) et ne prennent en compte que le « surcoût » d’investissement par rapport à ce scénario AME.
(31)  Les écarts de montants d’investissements en 2019 dans les différents exercices (39 milliards d’euros pour BUS 2, 15 milliards d’euros pour négaWatt et pour Les Métiers en 2030) s’expliquent notamment par des différences de périmètre retenus pour la rénovation énergétique, en l’absence de nomenclature statistique officielle.
(32)  Pisani-Ferry J. et Mahfouz S. (2023), op. cit.
(33) À 50% vers A ou B, et à 50% vers C ou D.
(34)  N’est comptabilisé que le surplus d’investissement par rapport au tendanciel (par exemple pour le gaz, on retient uniquement la différence entre le coût des PAC et le coût des chaudières gaz THPE qu’on aurait installées à la place dans un scénario tendanciel). Concernant les passoires énergétiques, il est supposé dans le scénario tendanciel qu’aucune d’entre elles ne fait l’objet d’une rénovation (et donc l’investissement supplémentaire correspond à l’investissement total).
(35)  I4CE (2022), Éditions 2022 du panorama des financements climat, voir l’Annexe 4 : besoins d’investissement climat, octobre.
(36)  Plus précisément, l’emploi dans la construction de logements neufs est estimé à 260 000 ETP en 2019 dans le cadre de l’exercice BUS 2 à partir de l’outil TETE, tandis que le contenu en emplois de la construction neuve (hors emplois indirects dans les branches autres que la construction) peut être estimé à 5 ETP par million d’euros de FBCF à partir du tableau entrées-sorties des comptes nationaux, ce qui, appliqué aux 58 milliards d’euros de FBCF en 2019 dans les logements neufs estimés dans le compte satellite du logement, conduit à 290 000 ETP.


Conclusion de la note

La rénovation énergétique des bâtiments devrait accroître les difficultés à recruter les professionnels qui réalisent ces travaux, en particulier les ouvriers qualifiés du second œuvre et du gros œuvre. Pour éviter que les pénuries de main-d’œuvre ne freinent le rythme de la transition énergétique, il est nécessaire de s’atteler aux causes structurelles qui a­ffectent l’attractivité de ces métiers en améliorant leurs conditions de travail, leur rémunération ou leur mixité.

Favoriser la réallocation de la main-d’œuvre du neuf vers la rénovation nécessite aussi de renforcer dès à présent les compétences de ces professionnels, tandis que les exigences de performance énergétique des réalisations imposent de développer une culture de la qualité et du résultat. C’est l’objet de la note d’analyse « Rénovation énergétique des bâtiments : comment répondre aux besoins en emploi et en formation ? », publiée conjointement à la présente note, qui établit une cartographie des formations disponibles dans les di­fférents territoires.

Par Cécile Jolly et Alice Robinet de France Stratégie et Camille Cousin de Dares



Téléchargez la note « Les besoins d’emplois en 2030 pour la rénovation énergétique »


Lecture recommandée



Rénovation énergétique des bâtiments : comment répondre aux besoins en emploi et en formation ?



Sources et Liens

france strategie

dares travail emploi



A propos de France Stratégie

France Stratégie, le Commissariat général à la stratégie et à la prospective, est un organisme de réflexion, d’expertise et de concertation placé auprès du Premier ministre. 4 missions orchestrent son action : Évaluer, Anticiper, Débattre, Proposer.
 

Commentaires

  • Pierrick thermi
    0
    04/01/2024

    Au vu des chiffres énoncés, il va impérativement falloir en passer par des aides à l'auto rénovation pour ceux qui se sentent en capacité de faire toute ou partie des travaux par eux-mêmes.
    Certes il faudra border le dispositif par un plan d'action rigoureux et parfaitement établi en amont, des garde-fous et la mise en place d'un accompagnement sérieux, il faudra également sans-doute le réserver aux seuls propriétaires occupants pour endiguer les dérives, mais qui mieux qu'un propriétaire occupant peut être le plus soucieux de la performance finale de son logement ?

    à voir donc !


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