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RT2012 et impact du Bbio sur le niveau d’isolation

Par Nathalie TCHANG - Directrice Adjointe du bureau d’études « Energie et Développement Durable » TRIBU ENERGIE
et coordinatrice du groupe de travail des applicateurs de la RT2012

Les premiers décret et arrêté sur la RT2012 viennent d’être publiés (le 27/10/2010), affirmant l’apparition d’une nouvelle exigence pour les acteurs de la construction : le Bbio qui remplace l’ancien coefficient Ubat qui avait lui-même remplacé l’ancien coefficient GV/G1.

1°/ Le coefficient Bbio remplace le Ubat

Ce coefficient sans unité, sera difficile à s’approprier dans un premier temps puisque son objectif est de limiter simultanément les besoins de chauffage / éclairage et rafraîchissement. Ceci indépendamment des futurs systèmes mis en œuvre dans le bâtiment.

Il ne s’apparente à aucune donnée utilisée dans la construction.

Ce coefficient est axé sur la conception du bâtiment et doit pouvoir être réalisé dès les premières esquisses :

Conception du bâtiment


Il prend en compte simultanément :

Une fois calculées les trois composantes (Bboich ; Bbiofr ; Bbioecl) :

Bbio= a x (Bbioch+ Bbiofr) + b x Bbioecl

en nombre de points, sans dimension, avec a = 2 et b = 5

Le Bbio doit être ≤ Bbiomax

Bbiomax est une valeur moyenne modulée selon la localisation géographique, l’altitude, le type d’usage du bâtiment.

Bbiomax = Bbiomaxmoyen * (Mbgéo + Mbalt + Mbsurf)

Pour les maisons et les immeubles collectifs, les valeurs de modulation sont les suivantes :

Catégorie CE1 Catégorie CE2
Bbiomaxmoyen 60 80

Seuls les logements situés en zones climatiques H2d et H3 et ayant une classe d’exposition au bruit BR2 ou BR3 pourront prétendre à la catégorie CE2 lorsqu’ils seront équipés de climatisation.

  • Cela tend à supprimer le droit à climatiser pour tous les logements CE1 puisqu’il est très difficile de « compenser » le Bbiofr.

Le coefficient Mbgéo de modulation du Bbiomax selon la localisation géographique prend les valeurs suivantes :

H1a H1b H1c H2a H2b H2c H2d H3
Mbgéo 1.2 1.4 1.2 1.1 1 0.9 0.8 0.7

Le coefficient Mbalt de modulation Bbiomax selon l'altitude prend les valeurs suivantes :

0 à 400 m 401 à 800 m 801 m et plus
Mbalt 0 0.2 0.4

Pour les maisons individuelles ou accolées, le coefficient Mbsurf de modulation du Bbiomax selon la surface moyenne prend les valeurs suivantes, avec NL représentant le nombre de logements du bâtiment :

Coefficient modulation Bbiomax

Pour les bâtiments colectifs d'habitation, le coefficient Mbsurf de modulation du Bbiomax selon la surface moyenne est prise égale à 0.

  • En effet, pour les maisons individuelles, le niveau de compacité de petites maisons est pénalisant par rapport à d’autres plus grandes.

2°/ Le Bbio en pratique … Les résultats !

Des simulations ont été réalisées sur 13 maisons et 12 immeubles de logements collectifs afin de regarder l’influence du niveau d’isolation.

Niveaux de performances





Résultats des simulations pour les maisons individuelles


Niveaux de performances maisons individuelles

On constate donc que les maisons avec une enveloppe thermique respectant juste un niveau RT2005 ne pourront pas respecter la future exigence de Bbiomax. En zone H1, de nombreuses maisons qui pourtant sont actuellement labellisées BBC devront également renforcer leurs prestations d’enveloppe (parois opaques ; vitrées) ou améliorer leur conception (optimisation des tailles des baies vitrées et orientation ; compacité ;…).

Les bâtiments à l'enveloppe thermique de performance moyenne (niveau BBC) ne respecteront pas l'exigence sur la valeur du pont thermique maximale, comme le montre le graphique ci-dessous :

Valeur de ratio pour les maisons individuelles en W/(K.m²SHORT)

Valeur de ratio maisons individuelles

Le respect du ratio nécessite un traitement important de l’ensemble des ponts thermiques. Ainsi, la majorité des bâtiments respectant juste un niveau RT 2005 donc avec un traitement des ponts thermiques quasi inexistants ne permettent pas de respecter ce garde-fou. Il faut noter que le ratio correspond à la somme de tous les ponts thermiques (anciens L8 ; L9 ; L10 mais aussi des refends ; angles ; encadrements des baies …) du projet, ramenés à la surface SHONrt. Il incite donc à un traitement global de l’enveloppe.

Résultats des simulations pour les logements collectifs

Niveaux de performances logements collectifs

Ainsi, le Bbio permet bien la limitation de la dégradation du niveau d’isolation du bâtiment puisqu’il nécessite une enveloppe performante thermiquement, mais d’autres paramètres tels que la compacité et l’orientation des baies vitrées viennent influencer les résultats.
Néanmoins l’atteinte de ce niveau reste tout à fait possible avec des techniques courantes.

Par ailleurs, on constate le peu d’influence du Becl en logements malgré le coefficient multiplicatif de 5, sur le résultat global du Bbio. Ce paramètre ne suffisant pas à lui seul à inciter à des ouvertures en façade généreuses pour limiter le recours à l’éclairage artificiel, les pouvoirs publics ont décidé de rajouter un paramètre complémentaire, l’obligation de vitrée au-delà de 1/6 de la surface habitable en logements.

Fait par Nathalie TCHANG
Nathalie TCHANG est Directrice Adjointe du bureau d’études « Energie et Développement Durable » TRIBU ENERGIE et coordinatrice du groupe de travail des applicateurs de la RT2012.


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Commentaires

  • Pierre
    14/02/2012

    on aurait pu croire que sans Bbio on ne peut être réglementaire sur le Cep, et mais non cal arrive. Que de critère pour un calcul dit conventionnel qui ne traduit pas une réalité de terrain bon courage

  • Gilles
    29/12/2011

    On est devenu fou!!!!

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