Emergence des HFO sur le marché français, stagnation des HFC



Emergence des HFO sur le marché français, stagnation des HFC

Présentant en froid et climatisation les dernières statistiques de l’Observatoire des gaz fluorés de l’Ademe, Olivier Benoit (Ademe) a annoncé, lors du récent XVème colloque de l’AFCE, une diminution de 1% entre 2014 et 2015 des tonnages de fluides déclarés mis sur le marché français, à plus de 13 060 tonnes, dont 5 413 t de R134a, 3 433 t de R404A, 11 132 t de fluides bruts et 1 928 t de fluides contenus dans des équipements, et ce avec une « quasi disparition » des HCFC, une stagnation des HFC et une progression du R407F. Le représentant de l’Ademe a parlé d’« amorce d’un processus de substitution des gaz présents sur le marché, par des gaz moins émissifs ». Il a précisé que 164 tonnes de HFO avaient été mises sur le marché français en 2015 (à 91%, il s’agissait de HFO-1234yf), contre 44 t en 2014 et ... seulement 1 t en 2013.

fluides-gaz


Olivier Benoit a fait état également d’une hausse, toujours en 2015, de la mise sur le marché de fluides bruts, avec plus particulièrement une croissance des volumes fabriqués sur le territoire national. Ceux-ci ont été multipliés par 2,5 par rapport à 2012, a-t-il précisé. Les fabricants français bénéficient de la mise en œuvre de la nouvelle F-Gas, qui fait intervenir des quotas d’importation pour contrôler les achats hors Europe. A l’inverse, on constate une diminution des fluides importés. Alors que la hausse des volumes de fluides bruts importés (donc en provenance de pays hors Union européenne) avait été de plus de 150% entre 2012 et 2014 en raison des prix attractifs proposés par des producteurs chinois ou américains, on remarque une inversion de la tendance en 2015 en raison de la mise en place de ces quotas. Olivier Benoit a indiqué par ailleurs que, sur un total de 850 tonnes de fluides déclarées traitées en 2015, 389 t avaient été détruites et 461 t régénérées. Il a déclaré, d’autre part, que les quantités de fluides déclarées chargées en 2015 avaient été supérieures de près de 10% à celles de 2014, à 8 847 t, dont 8 791 t de HFC (+15%) et 56 t de HFO (contre 22 t en 2014).  Entre 2014 et 2015, les tonnages chargés en R134a ont augmenté de 22%, à 3 967 t, a-t-il ajouté. Il a dit également que, en 2015, 6 107 t de fluides avaient été chargées dans des équipements dans le cadre d’interventions de maintenance ; et 1 894 t, pour la charge initiale ou la mise en service d’équipements. Olivier Benoit a indiqué aussi qu’il y avait 33317 acteurs du marché disposant d’une attestation de capacité valide au 6 avril 2017, contre 32 285 au 15 juin 2016.


Climatiseurs split : « accélérer l’abandon des HFC pour ne pas prendre de retard »

Représentant le ministère en charge de l’énergie, Florian Veyssilier a prévenu - lors du récent XVème colloque de l’AFCE - que, pour le respect de la réglementation relative aux interventions sur les équipements frigorifiques ou de climatisation, il y aurait un renforcement des contrôles par les directions régionales du ministère, ainsi que - du moins pour « certains acteurs » du marché - par la direction centrale elle-même. Des progrès sont nécessaires, a-t-il souligné. A signaler par ailleurs que le ministère pourrait lancer prochainement des outils de communication consacrés aux fluides de substitution des HFC, et ce à l’intention des acteurs du marché et, notamment, des BET. De son côté, Andrea Voigt (de l’association européenne EPEE) a déclaré que, en petits et moyens climatiseurs de type « split », le « phase down » européen des HFC avait plutôt bien démarré, avec une transition amorcée vers le R-32 et les mélanges HFC/HFO, mais qu’il y avait un risque que le rythme de cette évolution dans les prochaines années ne soit pas assez rapide pour réussir à atteindre les objectifs européens de ce « phase down ». Et elle a insisté sur la nécessité d’accélérer le mouvement. Pour sa part, Mark Tuddenham (Citepa) a estimé que, notamment en raison d’une forte demande de climatisation, l’utilisation des HFC allait encore beaucoup croître d’ici 2020 dans le monde. Il a souligné par ailleurs qu’était « juridiquement contraignant » l’accord intervenu en octobre dernier à Kigali (Rwanda) visant à réduire, à terme, de 85% la production et la consommation des HFC dans le monde, accord qui doit entrer en vigueur en 2019.


Quelle température de chauffage chez les Français ?

Pour le réglage de la température de chauffage dans les logements, une récente enquête Ipsos pour le ministère en charge de l’énergie met en évidence une assez grande diversité de pratiques au sein de la population française. « Sujet de désaccords domestiques » dans un quart des foyers métropolitains (composés de deux personnes ou plus), la température de chauffage est une des difficultés que rencontrent les ménages quand ils s’emploient à faire des économies d’énergie, observe-t-on au ministère. En France métropolitaine, 45% des ménages règlent le chauffage de leur pièce principale à 19°C ou moins, contre plus de la moitié à un niveau supérieur ou égal à 20°. 21% des ménages ont régulièrement le « réflexe d’augmenter le chauffage » quand ils ont froid, 27% affirmant n’avoir jamais un tel réflexe. Près de deux tiers des ménages les moins sensibles aux problèmes environnementaux chauffent à 20°C ou plus, contre moins de la moitié des ménages plus sensibles à ces problèmes. Les moins de 25 ans sont surreprésentés quand il s’agit d’augmenter systématiquement le chauffage quand ils ont froid. Chez les enquêtés les plus âgés, les pièces inoccupées ont le plus fréquemment tendance à être chauffées en hiver - dans une proportion de 58% des 50 ans et plus (soit 12 points de plus que du côté des moins de 35 ans). Les ménages les plus modestes ont davantage tendance à moins chauffer (48% déclarent une température inférieure à 20°C) que les ménages les plus aisés (41%). L’enquête révèle également que, en Bretagne, Pays de la Loire et Normandie, 58% des enquêtés déclarent des températures inférieures à 20°C, tandis qu’en Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse, ils ne sont que 35% à répondre de même. Chez les premiers, la température moyenne déclarée se révèle bien inférieure (19,3°C) à celle mesurée chez les seconds (20,1°C), précise-t-on au ministère. Les familles avec enfants sont 63% à chauffer à 20°C ou plus.



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Exemple d'un numéro de ThermPresse : ThermPresse du 6 Mars 2017



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