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Le futur label des bâtiments neufs : « défi et gros bouleversement »



Le futur label des bâtiments neufs : « défi et gros bouleversement »

Autant, dans le domaine énergétique, aucun bouleversement majeur par rapport à la RT 2012 ne sera provoqué par le nouveau label expérimental destiné à préparer la future réglementation des bâtiments neufs, label qui, au terme d’ultimes arbitrages, doit être présenté officiellement le mois prochain, autant la partie « bas carbone » de ce label entraînera un gros bouleversement pour les professionnels du bâtiment. C’est ce qu’a souligné Jean-Christophe Visier, directeur Energie Santé Environnement au CSTB, lors de la 13ème Convention EEB, la semaine dernière à Paris. M. Visier a même employé le mot « défi » à propos de ce label, qui, rappelons-le, comportera deux indicateurs : l’un de ces indicateurs sera un bilan énergétique Bepos du bâtiment, tous usages confondus (et donc au-delà des seuls usages réglementaires RT 2012), avec prise en compte des consommations, productions et exportations énergétiques du bâtiment, et avec aussi un fort encouragement à l’utilisation des EnR et des énergies de récupération, tandis que l’autre indicateur portera, lui, sur l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre tout au long du cycle de vie du bâtiment, qu’il s’agisse des matériaux utilisés ou des équipements installés. Le label comprendra, pour ces deux indicateurs, différents «niveaux», imposant des efforts plus ou moins gros pour les atteindre.

bas-carbone

En tant que président du comité scientifique et technique de l’association gazière Coénove, Philippe Haïm s’est dit « confiant, mais vigilant » à propos de ce futur label, pour lequel, a-t-il observé, il y a « encore beaucoup de zones d’ombre et d’interrogations ». Il a souhaité que le label n’exclue aucune filière énergétique. Il a estimé que, dans l’ensemble, le gaz devrait pouvoir trouver sa place dans ce label, même s’il y a encore des doutes pour certains équipements et certains niveaux d’exigence. Pour Christian Cardonnel, président de Cardonnel Ingénierie, le label « va permettre de trouver l’équilibre judicieux entre l’énergie, le carbone, le confort, l’efficience et l’économie circulaire » - et de « montrer le chemin non seulement vers le Bepos, mais aussi vers le quartier ou territoire à énergie positive ou de transition énergétique », a-t-il dit. Céline Mouvet, chef de projet RT des bâtiments neufs au ministère, a confirmé pour sa part la volonté des pouvoirs publics d’aller vers un « bilan Bepos de quartier ». Elle a indiqué aussi que serait créé un observatoire des expérimentations lancées dans le cadre du nouveau label. Elle a annoncé, d’autre part, qu’allait être testé un indicateur du confort d’été qui prendrait en compte la durée et l’intensité de l’inconfort. Elle a dit par ailleurs qu’une bonne mise en œuvre de la ventilation pourrait permettre de bénéficier du bonus de constructibilité, c’est-à-dire d’un dépassement de gabarit.

Au sujet de la future RT des bâtiments existants, Marie-Christine Roger, chef du bureau de la qualité et de la réglementation technique à la DHUP, a expliqué que, les niveaux d’exigence dans un premier projet réglementaire ayant été jugés trop élevés par les professionnels du bâtiment, un second projet a été élaboré qui, a-t-elle estimé, est plus « cost effective », c’est-à-dire offrant un meilleur rapport coût/efficacité, et plus adapté au montant des aides permises par le CITE. Pour sa part, M. Cardonnel a estimé que les nouveaux textes publiés allaient permettre d’aboutir à des « rénovations efficientes » en résidentiel. A propos des audits énergétiques en copropriété, Mme Roger a exprimé le souhait de la DHUP d’aller vers des audits « vraiment globaux » en vue de rénovations complètes, en une seule fois. De son côté, Pascal Roger, président de la Fedene, a insisté sur la nécessité d’« accélérer » en matière de rénovation, car la France est « très en retard ». Et une accélération, a-t-il ajouté, est également nécessaire pour mieux faire connaître les innovations techniques aujourd’hui disponibles en matière de rénovation. Lors de cette même Convention EEB, Bruno Gal, président de l’UNA CPC de la Capeb, a exprimé la volonté de son organisation d’encourager ses adhérents installateurs à se développer en maintenance. Et, afin de surmonter la difficulté à « vendre » le prix d’un contrat de maintenance au consommateur, il a proposé de vendre ce contrat en même temps que l’appareil, tandis que M. Cardonnel, pour sa part, évoquait une nécessaire évolution vers une « offre globale » qui intégrerait les prestations de maintenance.

Comment stocker la chaleur ou le froid dans le sous-sol ?

Evoquant l’utilisation de l’inertie thermique du sous-sol pour stocker de la chaleur excédentaire, une récente étude que vient de publier le Pipame (Pôle interministériel de prospective et d'anticipation des mutations économiques), constate que seul le stockage par chaleur sensible fait aujourd’hui l’objet de stockage en sous-sol - ce qu’on appelle en anglais l’UTES, Underground Thermal Energy Storage. Ce stockage - de froid et surtout de chaleur - peut utiliser un aquifère comme réservoir (c’est l’ATES, Aquifer Thermal Energy Storage), principalement pour du stockage saisonnier. Des améliorations, notamment en thermomécanique pour la durabilité de ces stockages, ainsi qu’en géochimie et en hydrogéologie, nécessitent encore des travaux de R&D pour valider ces technologies ATES et UTES, juge l’étude. Le stockage d’énergie thermique dans le sous-sol peut aussi utiliser - système encore peu développé - la roche (cavités ou mines), l’eau chaude pouvant être stockée, par exemple, dans un réservoir creusé dans la roche. Autre possibilité : l’utilisation de sondes en boucle fermée parcourues par un fluide caloporteur, généralement de l’eau glycolée. Ce stockage diffusif se matérialise par l’exploitation d’un volume unique de roches souterraines, explique l’étude. L’énergie est stockée dans des échangeurs verticaux enterrés entre 50 et 300 mètres de profondeur, la roche encaissante servant à maintenir la température. Ce type de stockage peut concerner une habitation ou un quartier. La Suède et la Norvège sont les plus à la pointe et stockent ainsi le chaud et le froid.


- EN BREF - - L’association européenne EHPA de la PAC vient de se réjouir dans un communiqué de ce que « le gouvernement français ouvre la voie » à l’utilisation des données de performances saisonnières certifiées Keymark pour le calcul des performances des PAC dans la RT 2012. L’EHPA fait référence en cela à une récente fiche officielle d’application RT 2012 relative à la prise en compte des données ErP pour la caractérisation des générateurs thermodynamiques électriques.


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Exemple d'un numéro de ThermPresse : ThermPresse du 25 Janvier 2016

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