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Le chauffage urbain, durement concurrencé par le gaz, appelle l’Etat à l’aide



Le chauffage urbain, durement concurrencé par le gaz, appelle l’Etat à l’aide

Les réseaux de chaleur sont aujourd’hui «en grandes difficultés» en raison de la chute des prix des énergies fossiles et, par rapport à celles-ci, «ont fortement perdu en compétitivité». C’est ce qu’a indiqué l’association du chauffage urbain Amorce lors d’une conférence de presse la semaine dernière. < Les collectivités territoriales hésitent de plus en plus à développer de nouveaux réseaux de chaleur, et les consommateurs hésitent, pour leur part, à se raccorder aux réseaux quand des solutions moins chères (à court terme) existent >, a ajouté l’association, qui, par ailleurs, observe - en dépit de ce contexte défavorable - «un regain d’intérêt» des collectivités pour les réseaux de chaleur. < Cependant, les volontés politiques se heurtent à des aides du Fonds Chaleur qui sont devenues insuffisantes pour être véritablement incitatives, insiste-t-on à Amorce.> < De nombreux projets, qui pourraient être viables avec un niveau d’aide plus élevé, ne sont pas envisageables avec les niveaux d’aides permis par les plafonds actuels et ne sont donc jamais développés. Si les plafonds restent les mêmes, trop peu de projets de création ou extension de réseaux verront le jour. Compte tenu du faible prix du gaz, les aides nécessaires pour faire sortir un projet atteignent, voire dépassent régulièrement, ces plafonds. > Par ailleurs, l’association souhaite que le propane - en concurrence avec certains réseaux de chaleur, en milieu rural - cesse d’être exonéré de TIC (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques). Elle souhaite d’autre part que la prochaine loi de finances institue de nouveaux types de financement en faveur de la réalisation de petites chaufferies collectives au bois - des projets «qui ne se font pas sans appui financier et qui s’appuient aujourd'hui sur des subventions devenues de plus en plus incertaines», souligne-t-on à Amorce.

Chauffage urbain

Pour réduire les émissions de CO2, par quoi remplacer les vieux appareils de chauffage ?

Dans l’Union européenne, où quelque 80 millions d’appareils de chauffage, soit 65% du parc, sont «vieux et peu performants» et où moins de 4% sont changés chaque année (ce qui veut dire que, à ce rythme, il faudrait plus de vingt-cinq ans pour rénover totalement le parc), une accélération de ces remplacements d’appareils peut - associée à des travaux de rénovation pour réduire la demande de chauffage par des améliorations de l'enveloppe et de la ventilation - contribuer de façon décisive à l'atteinte des objectifs 2030 et 2050 de l’Union européenne en matière d’économies d’énergie et de diminution des émissions de CO2. C’est ce que souligne une récente étude de la société internationale Ecofys. Cette étude juge que, sans une telle accélération, les objectifs 2030 et 2050 ne seront pas atteints. Elle ajoute que, grâce à des travaux de rénovation énergétique chez 8,5 millions de ménages européens chaque année d’ici à 2030, il serait possible, dans le résidentiel, de réduire de 12% les besoins de chauffage et de 19% l’énergie nécessaire pour les satisfaire, ce qui permettrait de diminuer de 18,5% les émissions de CO2. Il faudrait, pour ce faire, une forte croissance des ventes d’appareils de chauffage bas carbone et à base d’EnR (et l’étude cite, à ce propos, les chaudières gaz ou fioul à condensation, les PAC, les systèmes hybrides et les chaudières à biomasse, sans oublier de mentionner également le chauffage urbain, la micro-cogénération et le solaire thermique). Pour obtenir une telle accélération des ventes, une intervention des pouvoirs publics est nécessaire, particulièrement pour inciter les consommateurs à changer de chauffage, et ce d’autant plus que ces derniers, comme le souligne l’étude, ont souvent tendance à préférer les solutions de chauffage peu coûteuses et qu’ils sont plutôt réfractaires aux nouvelles techniques de génie climatique.

A propos des PAC, dont l’étude souligne qu’elles peuvent apporter de la flexibilité aux réseaux d’énergie parce que la chaleur qu’elles produisent peut être stockée, l’étude observe que, en construction neuve, au cours des dernières années, il y a eu en Europe une «électrification» croissante du chauffage grâce aux PAC. Et elle juge «probable» que cette tendance se poursuive dans les années qui viennent, particulièrement à partir de 2021 quand les NZEB («nearly zero energy buildings»), les bâtiments à consommation énergétique proche de zéro, devraient être privilégiés par la nouvelle Directive européenne sur l’efficacité énergétique des bâtiments, directive qui devrait être également favorable au développement des ventes de chaudières biomasse et de systèmes solaires thermiques, prévoit l’étude. Par ailleurs, l’étude d’Ecofys estime que les systèmes hybrides - aujourd'hui un marché de niche - ont un fort potentiel de rapide croissance. Elle ajoute que, dans un contexte d’expansion de la production d’électricité «verte», ces systèmes sont une «technologie clé» en vue d’un chauffage décarboné, particulièrement dans les bâtiments existants, et ce en raison de la flexibilité qu’ils apportent aux réseaux d’énergie, tout spécialement dans les périodes - généralement quelques semaines en hiver - où la demande de chauffage est élevé mais avec une production réduite des EnR. L’étude estime par ailleurs que la micro-cogénération devrait croître «modérément» dans les prochaines années si, du moins, les pouvoirs publics en encourageaient l’utilisation.


- EN BREF - En 2015, la production d’énergie primaire provenant des EnR thermiques et de la valorisation des déchets se redresse globalement, de 4,4%, restant toutefois en deçà de son niveau record de 2013. Le rebond est principalement imputable aux filières du bois-énergie (+5%), EnR majoritaire en France, et des PAC (+17%), et s’explique en grande partie par le fait que la production de ces deux filières dépend fortement de la demande de chauffage. > C’est ce que vient d’indiquer le ministère en charge de l’énergie, qui ajoute que «les dépenses d’énergie pour le logement ont augmenté en 2015 (+36 €), en raison du recours accru au chauffage par rapport à 2014 et compte tenu de la stabilité des prix en moyenne».

- EN BREF - La ministre en charge de l’énergie a dit son «espoir», lors d’une conférence de presse la semaine dernière, d’une prochaine inclusion des HFC dans le Protocole de Montréal de 1987. < La France soutient un amendement au Protocole afin qu’il encadre la réduction de la production et de la consommation des HFC, précise-t-on au ministère. L’adoption de cet amendement lors d’une réunion internationale en octobre 2016 semble désormais l’objectif de tous les pays. >

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Exemple d'un numéro de ThermPresse : ThermPresse du 25 Janvier 2016

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