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Priorité aux établissements d’enseignement dans le Plan de rénovation énergétique


Priorité aux établissements d’enseignement dans le Plan de rénovation énergétique

Julien Denormandie, le secrétaire d'Etat à la Cohésion des territoires, vient d’annoncer que le référentiel E+C- serait « revu » afin de permettre aux maîtres d’ouvrage de privilégier plutôt la dimension énergie ou plutôt la dimension carbone, au-delà d’un minimum qui serait imposé à tous. S’exprimant lors du second colloque EnerJ-meeting la semaine dernière, il a annoncé aussi que la gestion active serait mieux prise en compte dans la RT 2012. Lors de ce colloque, Michèle Pappalardo, directrice de cabinet du ministre de la transition écologique et solidaire, a indiqué que le futur plan gouvernemental de rénovation énergétique serait consacré de façon prioritaire à l’efficacité énergétique et non pas aux EnR. Elle a indiqué également que, pour la rénovation des bâtiments de l’Etat et des collectivités territoriales, serait élaboré un « cahier des charges type » des travaux à effectuer et que, par ailleurs, une priorité de rénovation serait accordée aux établissements d’enseignement. D’autre part, elle a souhaité un DPE « plus performant » et a annoncé, par ailleurs, un effort de promotion grand public du futur plan de rénovation, au second semestre 2018, avec un discours publicitaire qui, « plus global », irait au-delà de la seule efficacité énergétique.

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Annonces du Secrétaire d'Etat du Ministère de la cohésion des territoires - Julien Denormandie


Pour sa part, Emmanuel Acchiardi (DHUP) a confirmé la transformation du CITE en « prime forfaitaire » en 2019 et a indiqué que l’éco-PTZ, « trop compliqué », serait « simplifié ». Il a annoncé par ailleurs que, cette année, serait simplifié également le volet « global » de la réglementation thermique dans l’existant, car ce volet est « compliqué à mettre en œuvre », a-t-il dit. Il a annoncé également que, d’ici à la fin 2018, le DPE serait réformé afin de le «fiabiliser», notamment au niveau de ses préconisations, et que la méthode de calcul utilisée serait améliorée afin qu’elle puisse être « difficilement contestée ».

A propos de l’expérimentation E+C-, Dominique Duperret (LCA-FFB) a indiqué que le surcoût s’élevait à plus de 1 500 euros pour une maison individuelle et à plusieurs milliers d’euros en habitat collectif, ce surcoût incluant l’étude ACV, la prestation d’un BET, une étude économique et les coûts administratifs. Il a expliqué par ailleurs que, en maison individuelle, les niveaux E1 et « partiellement » E2 du label E+C- pouvaient être atteints, mais que, par contre, le niveau E3 était « difficilement atteignable, sauf à installer une surface de panneaux photovoltaïques importante ». En habitat collectif, les niveaux E1 et E2 peuvent être atteints en renforçant l’isolation, mais seul un raccordement à un réseau de chaleur « vertueux » peut permettre d’arriver au niveau E3, a expliqué Dominique Duperret. Par ailleurs, il a regretté le « manque de complétude » des fiches PEP. Il y a urgence, a-t-il dit.

Justement à propos de la dimension carbone de l’expérimentation E+C-, Pierre Frick (USH) a estimé que « beaucoup reste à faire pour ne plus avoir à s’appuyer sur des données génériques ». C’est une condition majeure pour obtenir une vraie mesure de vrais projets, a-t-il souligné. Au sujet des outils de calcul, il a dit que, « parfois, on en vient à penser que certaines difficultés à maîtriser la logique de ces outils interrogent les outils eux-mêmes ». Il y aura des éléments à corriger, à reconsidérer, à réinterroger, a-t-il insisté. De son côté, Philip Gibon (Fédération des promoteurs immobiliers) a prévenu que sa fédération « ne perdrait jamais de vue la soutenabilité économique des mesures, en privilégiant toujours celles qui auront le meilleur rendement ».

Lors de ce même colloque EnerJ-meeting, Nathalie Mougeot (EDF) a estimé que, en matière de rénovation énergétique, il fallait « cibler les logements non seulement les plus énergivores, mais aussi les plus émetteurs de CO2 ». Pour sa part, Christophe Boucaux (USH) s’est inquiété d’un impact, sur la construction neuve, de surcoûts liés à « un rehaussement disproportionné » des exigences énergétiques et environnementales. Il a souligné également que « le choix du vecteur énergétique et la multiplication des équipements mis en place pour atteindre une performance conventionnelle élevée peuvent entrainer des coûts importants (abonnements, maintenance, entretien) ». La réglementation actuelle conduit régulièrement à un basculement vers une énergie plus carbonée, a-t-il poursuivi : la faire évoluer, ainsi que les cadres de référence, apparaît indispensable.



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2 000 prescripteurs présents à EnerJ-meeting 2018



LORS  D’ENERJ-MEETING  :

- BBC - Yann Dervyn (Collectif Effinergie) a indiqué que, pour les cas où il n’est possible d’envisager une rénovation globale, son association travaillait sur un concept permettant de réaliser une rénovation BBC par étapes. Cela oriente vers des bouquets de travaux qu’on appelle BBC compatibles qui, mis bout à bout, permettent d’atteindre l’équivalent d’un niveau BBC, a-t-il ajouté.

- RÉNOVATION - Hélène Genin (association BBCA) a annoncé que, au cours du premier semestre 2018, un label BBCA Rénovation verrait le jour. Il visera au minimum, a-t-elle dit, une division par 2 des émissions de CO2 en réhabilitation, en combinant des pratiques vertueuses d’amélioration du bâti, d’optimisation de la performance énergétique, de conservation de l’existant, d’amortissement des matériaux, de réemploi et de recours aux matériaux stockeurs de carbone.

- COPROPRIÉTÉ - André Pouget (Pouget Consultants) a estimé que, pour la rénovation énergétique des petites copropriétés (en chauffage individuel), il était possible de proposer des solutions sans obligatoirement faire une étude thermique et qu’une approche de « solutions par éléments » issues des bonnes pratiques convenait «bien souvent» pour aider à la prise de décision de travaux. Pour sa part, l’architecte et urbaniste François Pélegrin a demandé que l’on cesse de « se focaliser sur le diagnostic thermique », qui, selon lui, « constitue un frein majeur au passage à l’acte de rénovation énergétique, puisqu’il fait surtout apparaître des « temps de retour insupportables aux yeux des copropriétaires ». Pour lui, le « levier » réside plutôt dans un « diagnostic architectural et technique global », associant un architecte et un thermicien. Evoquant la lenteur des processus de décision de rénovation en copropriété, François Pélegrin a estimé, par ailleurs, qu’il était possible de gagner « deux ou trois ans » en repensant le mode de consultation (audit global + maîtrise d’œuvre) et de « gagner encore un temps précieux en jouant pleinement la carte du BIM ».


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Exemple d'un numéro de ThermPresse : ThermPresse du 5 Février 2018



 

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