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Le commissionnement, un terme qui recouvre ce que chacun veut bien y mettre

De quoi s'agit t-il ?

Une vague européenne irrésistible, relayée cri France par plusieurs organismes, tente de développer le commissionnement. L'inconvénient c'est que ce terme ne veut, aujourd'hui, plus rien dire, car chacun y met ce qu'il veut, qu'il parle de "commissioning" ou de "commissionnement". Le sens initial du terme était pourtant bien commode.

Quel est donc ce sens originel ?

Un sens bien connu en marine, issu d'une langue française correcte, où "commissionner" c'est mandater quelqu'un pour une tâche bien précise. Ce sont certaines organisations américaines de l'architecture et du bâtiment (pas du génie climatique) qui ont remis ce concept à l'honneur, et ce de la manière suivante. Le maître d'ouvrage (supposé ici celui qui occupe) mandate un "commissionnaire" pour s'assurer que la réalisation sera conforme à ses besoins et à ses souhaits, l'ensemble du bâtiment étant bien entendu concerné. Cette méthode passe par la création d'un comité, qui s'assure en permanence du respect des objectifs, et réunit tous les intervenants, d'avant la conception jusqu'à la mise en service (après réception). Etant donné les inadéquations trop fréquentes en tertiaire, j'estime qu'une telle discipline serait, chez nous, souhaitable. Contrairement aux opinions courantes c'est une source d'économie et non pas de dépenses supplémentaires. Le commissionnaire, par contre, doit être choisi avec soin : il doit très bien connaître le secteur concerné en même temps que les techniques du bâtiment. S'il s'agit, par exemple, de réaliser un centre commercial, le commissionnaire doit connaître les techniques "bâtiment" des centres envisagés, mais il doit également bien maîtriser les aspects commerciaux et logistiques des grandes surfaces. Cette multiplicité de compétence est la vraie difficulté du système, mais aussi sa source de succès.

Quels sont les autres significations, car il faut bien revenir à la réalité européenne : en gros une mise en service adéquate des installations, avec un poids plus ou moins grand (selon les protagonistes) de l'équilibrage et de la documentation des installations réalisées.

Il s'agit, en gros, de la qualité du produit final, sans d'ailleurs tellement se préoccuper de l'usager. Dans bien des cas il s'agit de corriger la tendance fâcheuse à ne voir que les coûts, et à négliger les mises en service. C'est ce qui a conduit le gouvernement britannique à rendre récemment obligatoire le "commissioning". Avec d'ailleurs pas mal de flou dans les définitions, que les techniciens britanniques tentent de corriger.

Peut-on, néanmoins, distinguer quelques principes dans les efforts européens pour développer le commissionnement ?

L'objectif essentiel, sous-jacent ou exprimé, est d'accroître la qualité des installations de génie climatique. Le problème est de savoir si les discours, ou à la rigueur les listes types, suffiront. La plupart des initiatives actuelles partent d'observations souvent dépassées. Je ne trouve nulle part de conseils précis qui me permettraient de croire que nous allons aller au-delà de simples discours, alors qu'il nous faut des technologies et des méthodes. Ce sont ces technologies et ces méthodes auxquelles cette lettre voudrait s'attacher, en parlant de qualité tout simplement. Une bonne partie des actions menées en France sous le titre "commissionnement" portent essentiellement sur l'amélioration des performances énergétiques. Tout va, finalement, dépendre de la rapidité avec laquelle sera mis en place les certificateurs et les inspecteurs prévus par la nouvelle circulaire européenne (voir notre lettre n°4). Et, surtout, sur ce que seront les missions de ces certificateurs et inspecteurs. Sauf fusion, il y aura contradiction entre commissionnement et certification (qui implique des conseils dans bien des cas), et entre commissionnement et inspection (que la Communauté Européenne voudrait voir assortir de conseils).

Roger CADIERGUES

Dans la prochaine lettre (n°6), l'équilibrage étant l'une des tâches essentielles du commissionnement à l'européenne, nous nous poserons la question irrévérencieuse suivante : "L'équilibrage est-il vraiment indispensable ?". Avec une réponse qui vous surprendra peut-être.

Dans la lettre suivante (n°7), nous reviendrons, avec des solutions différentes, sur la remise en cause de l'équilibrage "manuel" ou "calculé".

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