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La taille des installations rentables d’EnR pourra être réduite

22 Juin 2015

Par Alain Maugard – Président de QUALIBAT

Nous avons noté que le phénomène de parité énergétique des EnR s‘accélère. Tandis que l’électricité du réseau  voit son coût augmenter (sécurité oblige), et l’électricité photovoltaïque, voit son coût diminuer. Les courbes se croisent déjà dans certains cas, notamment dans certaines régions du sud de l’Europe. Avec la précision suivante c’est que cette parité s’obtient pour le moment sans tenir compte du stockage nécessaire pour les EnR. Cependant la tendance est, que les courbes se croiseront stockage compris, et que la parité totale arrivera. Etant entendu que la notion de stockage est inhérente aux EnR intermittentes ; mais toutes les EnR ne le sont pas et ne nécessitent pas – comme la biomasse de stockage particulier.


Cette parité, il faut le reconnaitre, est sensible à la taille de l’installation.


Dans l’éolien terrestre, elle est atteinte avec la taille actuelle des éoliennes. Dans l’éolien off-shore qui coûte plus cher (selon notamment la profondeur des eaux), nous sommes aux limites inférieures. Là, l’effet de taille et les économies sur le raccordement doivent rentrer en ligne de compte. Dans l’électricité photovoltaïque dont le coût de production s’inscrit dans une baisse continue importante et qui a toutes chances de continuer, les derniers appels d’offre montrent que la parité est atteinte et même dépassée significativement. Ainsi à Dubaï, pour une centrale de 100 MW, le prix d’achat est tombé à 60 $ le Méga Wattheure. Il est à comparer au prix de l’électricité nucléaire, de l’EPR anglais qui sera mis en service en 2023 et qui a été traité à 95 livres soit 140 $ le Méga Wattheure. Ramené aux conditions climatiques Européennes, nous restons nettement en-dessous de l’électricité nucléaire future.


Au rythme actuel de la baisse des prix du photovoltaïque, la parité sera atteinte progressivement pour les installations moyennes et petites, y compris en incorporant les coûts du stockage.


Pour aller encore plus loin dans l’abaissement de la taille des installations, les Etats peuvent, par une politique volontariste, aider et subventionner les installations plus petites, qui ne sont pas à la parité et pas rentables aujourd’hui, de sorte que ces installations plus modestes parviennent progressivement à la parité, et au-delà. Par exemple par un tarif de rachat préférentiel pour les petites installations.


En parallèle, il peut arriver que certains utilisateurs puissent être attirés par le fait d’être autonomes et autosuffisants. En premier lieu, ceux qui projettent une installation de production de taille moyenne, mettent dans la balance les bénéfices et libertés d’être autonomes et de ne plus dépendre du réseau. Cela ayant comme avantage majeur également de connaitre et maîtriser parfaitement les budgets liés à l’énergie : investissement immédiat et exploitation à coût marginal quasi nul pour le futur. Il n’y a plus d’inconnues sur le prix des énergies achetées, puisque je produis  ma propre énergie. De plus, rien n’empêche également de rouler « avec une roue de secours », c’est à dire avec un secours possible d’un raccordement sur le réseau public. Avec l’arrivée des compteurs intelligents, ce « lien » peut alors servir de sécurité et d’échange en cas de production excédentaire d’énergie.


Notons une information importante sur la quantité d’électricité décentralisée que pourrait absorber le réseau électrique. Les investigations réalisées par ErDF montrent qu’un surplus d’énergie produit par ses productions décentralisées est tout à fait absorbable sur le réseau actuel, sans investissement sur ce réseau, à condition de ne pas dépasser 20 % de la consommation sur la zone considérée.


Dans ces conditions, le Bepos risque de décoller même si la parité n’est pas totalement atteinte, car dans ce cas, même s’il y a surinvestissement, les utilisateurs, que ceux-ci soient des professionnels ou des particuliers issus des classes moyennes, seront séduits par le principe de l’autonomie et seront fiers d’être les avant-gardistes du BEPOS.


En conclusion, même si la parité n’est atteinte que sur les installations de tailles moyennes et collectives, le Bepos sera de plus en plus généralisé aux installations de tailles réduites, l’Etat et ses collectivités étant amenés à montrer l’exemple sur leurs prochaines constructions de bâtiments publics.


Le Bepos arrive donc à maturité en droite ligne avec l’échéance 2020 et même avant. La question est : devons-nous attendre que cela soit parfaitement rentable ? Ou pour un delta d’investissement mince, pouvons-nous déclencher l’acte Bepos ?  Tous les indicateurs économiques démontrent que le Bepos devient une cible « raisonnable » pour de plus en plus d’utilisateurs.


Nous nous dirigeons vers « le Bepos pour tous ! ». Le Bepos pour tous, titre sans doute évocateur fera l’objet très prochainement d’un e-book dit tome 1 d’une collection « Vers le bâtiment responsable ». Cet e-book sera diffusé au plus grand nombre, auprès du monde politique et citoyen.


L’histoire du Bepos vient d’une ambition utopique au départ qui a fait son chemin, qui est devenue désormais d’un grand réalisme. C’est « la » solution économique, écologique et sociale. Il faut qu’en dernier lieu les utilisateurs, les usagers en aient envie. Les analyses disponibles sur les usagers montrent qu’ils occupent un bâtiment pour de très nombreuses raisons, la sécurité, le confort, le côté pratique, la beauté des espaces, la tranquillité, la proximité d’autres lieux, ..., pour en fait un but majeur : le bien-être et  la qualité de vie. Bien loin encore des questions liées à l’énergie et à l’environnement.


Cette adhésion à la cause énergétique et environnementale sera donc forcément liée aux modes de vie et comportements des usagers ; elle ne peut être détachée et elle ne progressera qu’à cette condition.


C’est tout l’enjeu des chroniques à venir qui porteront sur le Bâtiment Responsable et les usagers.

Attendons-nous à ce que la notion « de responsable » nous oriente vers la qualité de vie ; celle-ci étant désormais intégrée au bâtiment de type Bepos

Alain Maugard


Commentaires

  • Jean-Yves
    22/06/2015

    La parité est un mythe complet. Les ENR qui représente 1 % au plus des énergies consommées devraient arriver à combler leur retard tout étant à parité ?! L'exemple de l'EPR anglais n'est pas rassurant du fait suivant : c'est le contribuable britannique qui s'engage a régler toute différence de prix entre la production et la vente (autant dire une arnaque, sans parler du fait que les EPR risquent tout simplement d'être abandonnés comme friches). L'électricité en France a fait un saut de 12 à 15 cts du kWh suite à quelques milliards de dépassement de l'EPR de Flamanville. Dorénavant, EDF qui va devoir absorber "Areva réacteurs" devra faire passer 6 milliards de pertes en première instance dans ses tarifs, l'électricité va bondir à 19 cts le kWh (en attendant les 12-15 milliards à reverser aux finlandais ou aux chinois). Un phénomène intéressant va se produire, avec un COP annuel de 1,8-2 (constaté) le marché des pompes à chaleur va s'effondrer définitivement avec un kWh (COP) plus coûteux que le gaz ou le fioul....Prendre comme référence le photovoltaïque de mega centrales ne nous renseigne pas sur le coût du kWh PV sur le résidentiel qui va devenir la règle avec le BEPOS ou la RT2020 (mais qu'on calcule actuellement entre 25 et 65 cts/kWh en réel, crédit compris). D'ailleurs ce BEPOS va devenir à terme la risée de l'Europe, car les consommations réelles seront entre 3 et 5 fois plus importantes que les productions individuelles....Là sera mis en lumière la défaillance systémique du moteur Th-C et notamment le calcul du Cep qui est un incompréhensible pour un esprit sain. Il y a 5 ans le module PV était de 185 Wc, aujourd'hui dans le meilleur des cas c'est 240 Wc, on ne peut pas dire qu'on obtient une couverture supérieure car les usages sont également en hausse. Le BEPOS Effinergie est une véritable escroquerie intellectuelle quand on détaille les critères relatifs aux bâtiments collectifs. L'Europe n'acceptera pas la RT2020 sur ces bases et elle rappellera qu'elle a déjà choisi avec la directive 2020, le passif comme base seule solution pour être un tant soit peu positif ?!

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