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Biofioul : pétroliers et chaudiéristes préparent deux ans de tests

Alors qu'à l'occasion du salon de l'auto on annonçait des initiatives sur les essences à base d'éthanol, le monde du chauffage au fioul préparait aussi une initiative. Résultats attendus en 2010.


Photo : Mettre 5 % d'huile végétale sous forme d'esterméthyle dans le fioul domestique : cette idée va demander deux ans de test et des travaux de recherches et développement aux chaudiéristes et pétroliers.

Mettre une faible quantité d'huile de colza ou de tournesol dans le fioul de chauffage, une telle idée fait sourire ceux qui ont assisté aux premières expériences il y a dix ou quinze ans. Pourtant, à la faveur de la tension sur les marchés du pétrole et de la vogue pour les énergies vertes, l'idée a été récemment reprise au niveau européen.
Un accord a été conclu entre l'European Heating Industry (EHI, fédération européenne des fabricants de chaudières et brûleurs) et Eurofioul (syndicat européen des distributeurs de fioul) pour mener deux années de test de terrain d'une addition de 5 % de d'estherméthyle d'huile végétale (EMHV) au fioul domestique qui alimentera les chaudières.
Le projet est dirigé par M. Kob, membre de l'entreprise Hoval (Lichenstein).

Le projet n'en est encore qu'aux prémices. Pétroliers et fabricants de chaudières se penchent sur la rédaction du cahier des charges de cette campagne. Il s'agira ensuite de recruter les foyers qui accepteront de voir leur équipement soumis à ce traitement d'essai. Au total une soixantaine de sites seront suivis. Parmi les défis à relever, celui de la responsabilité des « testeurs » en cas de détérioration de la chaudière ou du brûleur est important et fait débat.

Parallèlement, les pétroliers et les fabricants notamment les fournisseurs de brûleurs tels Cuenod et Oertli poursuivent leurs travaux d'étude sur ce sujet des biofiouls. En particulier, le Cetiat de Villeurbanne (Centre technique des industries aérauliques et thermiques) conduira des travaux de test sur des brûleurs modifiés à alimenter en différents mélanges, voire en huiles végétales pures.
Sur le plan technique, la profession a déjà essuyé les plâtres il y a un peu plus de dix ans. On parle aujourd'hui de produits alors mal élaborés qui ont donné lieu à des colmatages et des grippages d'équipements. Les fioulistes reconnaissent que les difficultés sont d'un ordre tout différent de celui de l'automobile : le stockage des 1 500 à 2 000 l de combustible pour le chauffage entraîne par exemple des problèmes de stabilité dans le temps.

La profession attend énormément d'informations de cette campagne qui devrait déboucher en 2009-2010. Pour sa part, la FF3C (fédération française des combustibles carburants et chauffage) lance, avec un pôle d'agri-ressources et des fabricants de chaudières, une enquête de faisabilité sur l'introduction d'éthanol dans le fioul domestique. Avec dans ce cas l'obligation de maîtriser le mélange pour qu'il soit accepté en stockage intérieur en raison de son point éclair abaissé. BR

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