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Le Brésil s’initie à l’énergie des vagues

La première usine à vagues du continent américain sera opérationnelle au Brésil d’ici la fin de l’année 2006. Les ingénieurs de l’Université fédérale de Rio de Janeiro travaillent aussi sur un projet d’usine marémotrice.

Photo : 20 modules en béton « surfent » sur les vagues et par leurs mouvements alternés actionnent des pistons hydrauliques qui injectent de l’eau dans une chambre hyperbarique à haute pression. Celle-ci va au final actionner une turbine qui couplée à un générateur d’électricité.

La construction de la première unité pilote brésilienne vient d’être lancée sur le littoral de l’Etat du Ceara, dans la région du Nordeste au Brésil. Ce projet inédit d’usine à vagues a été mis au point par les professeurs et doctorants de l’Université fédérale de Rio de Janeiro avec l’aide financière de la compagnie publique d’électricité Electrobrás et de l’Etat du Ceará.
L’usine sera située dans le port de Pecém, à 60 km au nord de la ville de Fortaleza. Les auteurs de ce programme pilote estiment que d’ici septembre prochain, les deux premiers modules de cette installation pourront d’ores et déjà atteindre une puissance de 50 kW. En fin d’opération, l’usine disposera d’un potentiel électrique nominal de 500 kW, soit une capacité de production correspondant à la consommation en énergie de quelque 200 habitations.
L’usine consiste en un système de flotteurs - 20 modules au total - en forme de vague et de 22 mètres de longueur. Ces flotteurs en béton « surfent » sur les vagues qui viennent les fouetter et par leurs mouvements alternés actionnent des pistons hydrauliques qui injectent de l’eau dans une chambre hyperbarique à haute pression. Celle-ci va au final actionner une turbine qui couplée à un générateur d’électricité.

Par rapport aux usines hydroéléctriques conventionnelles, cette chambre hyperbarique est particulièrement innovante puisqu’elle permet de produire un jet d’eau équivalent à une chute d’eau de 500 m de hauteur. Par ailleurs, l’avantage de cette conception modulaire est qu’elle laisse la possibilité d’augmenter la capacité de production de l’usine en fonction de la hausse de la demande.

* 15% des besoins en électricité pourraient venir des vagues

Des études préliminaires au montage de ce projet nordestin ont permis de mesurer que le littoral brésilien pourrait produire jusqu’à 15% du total de l’énergie électrique consommée chaque année dans le pays, soit actuellement autour de 400 TWh. Avec pas moins de 8 500 km de côtes et quelque 70% de la population brésilienne qui vivent sur le littoral, les conditions apparaissent extrêmement favorables pour profiter de cette source d’énergie abondante, renouvelable et non polluante.
Le coût de l’implantation d’une usine à vagues est par ailleurs 30% moins cher que pour une usine éolienne. L’investissement s’avère également identique au montant d’une installation hydroélectrique, avec un impact environnemental plus réduit.
Les ingénieurs de l’université de Rio réfléchissent également à des prototypes d’usines pouvant fonctionner à partir de la marée ou des courants marins.
En cela, la première usine marémotrice française construite il y a bientôt quarante ans à l’embouchure de la Rance pourrait dans un avenir proche inspirer les projets des chercheurs cariocas. HJ

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