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Écoquartiers: Caloducs solaires pour réseaux de chaleur

Deux projets d'écoquartiers BBC prévoient de recourir à des centrales solaires à haute température pour alimenter des réseaux de chaleur.

S 'il est communément admis que le solaire thermique recèle un fort potentiel de développement dans lelogement collectif, les technologies dites « à haute température » pourraient s'imposer non pas à l'échelle d'un bâtiment, mais d'un quartier tout entier !
Remettant au goût du jour des technologies développées en France dans les années quatre-vingt – époque à laquelle la France était à la pointe du secteur – Cofely, filiale du groupe GDF Suez, vient de rendre public deux projets de réseaux de chaleur partiellement alimentés en énergie solaire.
L'un concernera la commune de Balma, dans la banlieue de Toulouse et l'autre celle de Juvignac, en périphérie de Montpellier. Ces deux projets partagent plusieurs points communs. Outre le fait qu'ils feront exclusivementappel à des programmes immobiliers en BBC, ils intégreront un réseau de chauffage urbain alimenté pour partie en énergie solaire.
Et dans les deux cas, les futures centrales solaires emploieront la même technologie, développée par une jeune entreprise innovante, SAED, appartenant au Technopôle Sophia-Antipolis basé à Nice.

collecteurs solaires



Des caloducs fermés

Cette société développe des centrales thermiques constituées
de champs de capteurs solaires associés à un volume de stockage, pouvant indifféremment produire, à partir d'une eau surchauffée entre 80 et 130 °C, de la chaleur, du froid (en utilisant un groupe à absorption) ou de l'électricité (via une turbine ORC – Organic Rankine Cycle). La production de cette eau surchauffée est obtenue à l'aide de capteurs à tubes sous vide pour lesquels SAED détient plusieurs brevets, co-détenus par le CEA (Commissariat à l'énergie atomique). collecteur solaire Secret industriel oblige, SAED fait simplement savoir que l'eau utilisée comme fluide caloporteur reste confinée dans les tubes sous vide, au contraire des systèmes solaires thermiques classiques, où le fluide transite dans un circuit primaire.

Ici, les tubes sont en fait des caloducs fermés. La chaleur cédée par les caloducs est alors transférée par conduction thermique à une boucle d'eau intermédiaire. Dans le cas d'un réseau de chauffage urbain, cette boucle d'eau ira alimenter l'échangeur thermique de la chaufferie. C'est ce principe qui sera mis en oeuvre dans les deux projets portés par Cofely. S'inscrivant dans l'édification de deux écoquartiers, les futurs réseaux de chaleur ont pour vocation de recourir à plus de 80 % d'énergie primaire renouvelable. Ainsi pour le quartier de Balma, la puissance installée en solaire devrait, être de l'ordre de 350 kWc (soit environ 800 m2). L'achèvement des travaux y est prévu pour l'été 2012. Le chantier de Juvignac, lui, débutera cet automne.

Idir Zebboudj

Le bois en complément

Dans les deux projets, l'énergie solaire sera utilisée en production de base lors de la période de chauffe et associée à des chaudières bois à plaquettes. En été, ces chaudières seront bipassées, le solaire prenant seul en charge la production d'ECS. Une chaudière gaz viendra compléter l'installation en tant que générateur d'appoint et de secours.

Le chantier de Balma, qui a démarré en mai dernier, prévoit deux chaudières bois cumulant une puissance installée de 1 MW. « Elles permettront de cadencer la montée en puissance de la chaufferie, indique Philippe Artigues, du bureau
d'étude Holisud (AMO pour le quartier Balma).
Cela permettra d'éviter les fonctionnements à bas régime. La puissance de chaque bâtiment nous sera progressivement communiquée par les promoteurs. »

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