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La performance énergétique mobilise les chercheurs

Prébat, Fondation Bâtiment-Energie, démarches du CSTB en faveur des bâtiment à énergie positive… Comment s’organise la réflexion démarche initiée au cours des années 90 autour de l’efficacité thermique des bâtiments ? Et pour quel projets ?

Photo : un lotissement de maisons avec toits solaires en Allemagne.

La France doit rattrapper son retard en matière de constructions sobres en énergie.

Les annonces diffusées en télé et radio pour convaincre les particuliers de s’équiper en matériels sobres en énergie ou exploitant les énergies renouvelables ne sont que l’écume d’une lame de fond qui anime le monde du bâtiment.
Les initiatives ont d’abord été expérimentales, volontaires (mouvement HQE au début des années 90) pour devenir plus récemment structurées.
Il faut avouer qu’à l’urgence affichée par tous ceux qui pointent le réchauffement climatique en raison de l’élévation de l’effet de serre – et les obligations conséquentes à l’application du protocole de Kyoto depuis février 2005 – s’ajoutent la récente et forte augmentation des énergies fossiles.
Pour atteindre une réduction par un facteur 4 en 2050 des émissions de gaz à effet de serre, demandé par la loi énergie de juillet 2005, de nouveaux outils ont été mis en œuvre.

Prebat : explorer toutes les pistes de développement

Parmi eux, la création du Prébat, programme de recherche et d’expérimentation sur l’énergie dans le bâtiment.
Il a été formellement créé dans la foulée du Plan Climat de juillet 2004 et institué par la loi d’orientation de la politique énergétique de juillet 2005.
Cette structure rassemble les ministères de l’Équipement, du Logement, de la Recherche et du Développement durable, ainsi que l’Agence nationale de la recherche (ANR), l’Ademe, l’Anvar (Oseo), le Puca (plan urbanisme construction et aménagement), l’Anah (amélioration de l’habitat) et l’Anru (rénovation urbaine).
Le champ de compétence de cette institution pilotée par l’Ademe s’étend à l’ensemble du bâtiment (du résidentiel à l’industriel, de l’individuel aux équipements publics…) et à tous les domaines : technique (et dans ce cas, à tous les corps d’état : enveloppe et équipements techniques), socio-économique (modes de consommation, financement…), et évidemment pour le neuf et l’existant.
Son objectif est de faire émerger par des appels à projets des solutions performantes, essentiellement mono fonction (matériaux, sous-systèmes), et destiné à passer rapidement dans le marché.
Ce tout en gardant à l’esprit des objectifs d’acceptabilité économique et sociale, donc de coût maîtrisé, de maintien de performance dans le temps et de pose simple…
Armé de tous ces principes, le Prebat s’est ainsi fixé des seuils exigeants : permettre d’atteindre dans l’ancien une consommation de chauffage d’au maximum 50 kWk/m2 en 2010, une consommation d’au plus 80 kWh/m2 pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire en 2015-2020 ; concevoir une construction neuve de démonstration à consommation nulle d’ici 2010, et, en construction neuve banalisée, ne pas dépasser les 80 kWh/m2 en 2015-2020.
Dans ce but, les acteurs (Ademe, Puca, ANR) lancent des appels à projets depuis 2005 ; quatre seront lancés en 2006.
Au total, le Prebat mobilise 20 M€ de moyens financiers pour les années 2006-2007, et sa première phase de fonctionnement de 5 ans sera reconduite à partir de 2009, si le bilan est jugé satisfaisant.

Le CSTB, fer de lance des « bepos »

Parallèlement, la Fondation Bâtiment-Energie constituée en 2004 par Arcelor, EDF, Gaz de France et Lafarge à l’initiative de l’Ademe et du CSTB lance aussi des appels à projets.
Le premier, bouclé fin 2005, portait sur des sujets de recherche et développement sur des solutions globales visant à améliorer les rénovations et réhabilitations des maisons individuelles.
Evidemment, ces programmes se penchent aussi sur le bâtiment à énergie positive, surnommé « bepos ». Dans ce domaine, c’est surtout le CSTB (centre scientifique et technique du bâtiment) qui veut être le fer de lance.
Le but : généraliser pour 2050 une solution technique ou les 50 kWh/m2/an consommés serait compensés par une production d’énergie par le bâtiment du même niveau.
Le CSTB liste les évolutions à venir : traitement des ponts thermiques, étanchéité des enveloppes, exploitation de la ventilation double-flux, une production par énergies renouvelables supérieure aux besoins. Des solutions déjà vus dans les programme existants PassivHaus allemands ou Minergie suisses, mais qui s’accompagnent de réflexion sur la réduction des besoins d’électricité, la gestion des sources de chaleur et d’électricité – notamment l’association de solaire thermique et de cogénération – et la mutualisation ou le stockage de la production locale d’électricité…
En réalité, le réseau français de recherche scientifique sur le bâtiment semble bien conscient du problème environnementale et énergétique, tout autant que de son retard vis-à-vis des acteurs allemands, américains ou japonais. À la clé, c’est non seulement le renouvellement des constructions qui s’en suivra, mais aussi un bouleversement – un renouveau ? – industriel.
À leur tour, les constructeurs et installateurs devront aussi s’adapter à ces changements très profonds.
BR

Pour en savoir plus, consulter les sites :

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