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Label E+C- et au-delà : vision d’un certificateur !

Par Jean-Frédéric Bailly, Directeur Études & Recherche CERQUAL QUALITEL CERTIFICATION

Le label expérimental E+C- a pour but de préfigurer la Réglementation Environnementale RE2020. Il est basé sur un double objectif de réduction d’énergie et de carbone. L’organisme certificateur est seul habilité, de par sa convention avec l’Etat, à délivrer un label comme le label E+C-. Organisme certificateur, CERQUAL Qualitel Certification, nous livre grâce à son directeur études et recherche, Jean-Frédéric BAILLY, sa vision sur le label E+C- à 2 ans de l’échéance réglementaire RE 2020.

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Label E+C- : quelle prise de conscience ?

Avec ce label de performance environnementale des futurs bâtiments, l’Etat envoie un message fort : les bâtiments construits ne devront plus s’inscrire dans la seule recherche de la performance énergétique, héritée des réglementations thermiques successives, mais bien tenir compte également de l’impact « carbone » du bâtiment. Avec la définition de seuils sur les émissions de gaz à effet de serre, le label encourage aussi les energies renouvelables et la prise en compte de l’autoconsommation pour la production d’électricité. Quand on sait que les bâtiments émettent plus de 20% des gaz à effet de serre et sont de grands consommateurs d’énergie, le label E+C- va dans le bon sens.
La particularité, assez nouvelle, du label E+C-, est qu’il s’intéresse à l’ensemble du cycle de vie du bâtiment et élargit la base du calcul de consommation énergétique à d’autres usages immobiliers.

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Comment s’est construite la méthode E+C- ?

Le label E+C- est né d’un travail de concertation mené depuis 2015 entre les organismes professionnels et les pouvoirs publics, permettant d’aboutir à un consensus sur la méthode de calcul et repris par tous. La phase d’expérimentation qui est en cours permet de recueillir les retours de la profession sur la base d’expériences terrains et ainsi de construire une réglementation qui tiendra compte de ces retours.

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Quel départ pour le label E+C- ?

Chez CERQUAL Qualitel Certification, nous constatons qu’un an après son lancement, 3% des demandes de certification de logements incluent le label E+C-. C’est un niveau encore assez marginal, mais pas anodin non plus. Pour comparaison, le label BBC en RT2005 avait connu un démarrage plus lent un an après son lancement, avec 1% des demandes de certification.
Signe que les professionnels comprennent l’intérêt de la phase expérimentale et préfèrent participer dès maintenant à l’élaboration de la nouvelle réglementation plutôt que de la subir plus tard.

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Le label E+C- : une réflexion globale ?

Pour que le label E+C- tienne ses promesses, tous les acteurs à tous les niveaux de la chaine doivent s’impliquer dans le cadre d’une réflexion globale. Les concepteurs seront limités si l’innovation chez les industriels ne vient pas les aider : matériaux bas carbone, optimisation des ressources naturelles, mode de pose préfabriqué, développement de filières locales. La certification accompagne cette démarche de prise en compte des divers impacts environnementaux du bâtiment et s’inscrit pleinement dans ce mouvement pour faire évoluer les pratiques et valoriser les initiatives innovantes.

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La réussite du label E+C- doit-elle prendre en compte d’autres éléments méthodologiques ?

Bien entendu un an après, il reste encore des points d’amélioration. La quantité et la représentativité des FDES, notamment sur les lots techniques, sont souvent pointées du doigt, bien que celles-ci progressent. Cependant pour CERQUAL Qualitel Certification, le véritable enjeu est de se projeter dans la généralisation des calculs et la future réglementation. Pour l’instant, deux chantiers restent à mener : modéliser une liste de composants pour garantir des périmètres de calculs identiques entre projets et rendre compatible des outils informatiques entre eux pour un usage BIM simple et rapide.

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Le label E+C- : une démarche plus globale ?

Apprenons des expériences passées, notamment celle de la RT2012, qui a pris le pas sur les autres critères de la qualité du logement. Il en va de même pour le label E+C- : il ne faudrait pas qu’il conduise à construire uniquement avec le souci de l’énergie positive et de la réduction carbone. C’est pourquoi intégrer ce label à une démarche plus globale, s’intéressant à tous les aspects de qualité du logement (technique et d’usage), telle que la certification multicritère, est un réel atout.

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Qu’entendez-vous par certification multicritère et pourriez-vous détailler ?

Le concept « multicritère » signifie regarder le bâtiment sous plusieurs aspects, qui peuvent être complémentaires ou en contradiction : confort thermique, qualité acoustique, qualité de l’air intérieur, sécurité - sûreté, coûts, environnement,…. La certification multicritère permet d’éviter la contre-performance technique, économique ou environnementale. Un exemple bien connu de contre-performance dans le logement est celui de la rénovation thermique, où souvent de l’inconfort acoustique est produit avec l’amélioration de la performance des menuiseries extérieures, qui fait émerger les bruits intérieurs. Le bâtiment doit être conçu de manière équilibrée et les exigences élaborée par CERQUAL pour ces certifications aident à trouver cet équilibre.

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Comment pensez-vous que la composante « mobilité » avec son poids carbone, puisse un jour être prise en compte dans la réglementation ou dans le cadre d’une certification future ?

La future réglementation environnementale s’oriente sur l’impact carbone intrinsèque du bâtiment par un calcul d’analyse de cycle de vie. Effectivement les usages de transports ne sont pas pris en compte dans l’expérimentation E+C-, bien que cela soit un fort contributeur. Se poser des questions sur la mobilité seule, décorrélé du bâtiment, a du sens dans une démarche visant à rechercher les meilleurs compromis. L’impact carbone s’évalue déjà avec l’outil de calcul du potentiel d’écomobilité développé par Effinergie, en partenariat avec le CSTB, la Caisse des Dépôts et l’Association Qualitel. Cet outil donne la répartition modale des transports utilisés autour d’un bâtiment et évalue les consommations d’énergie engendrées par les déplacements des utilisateurs de ce bâtiment, et donc leur impact carbone.

Pour information, le calcul du potentiel d’écomobilité est demandé dans la certification NF Habitat HQE et dans les labels Effinergie.

Lien conseillé : Le Baromètre Qualitel annuel de satisfaction et d’insatisfaction des Français et leurs principales attentes pour leur logement www.qualite-logement.org

Par Jean-Frédéric Bailly, Directeur Études & Recherche CERQUAL QUALITEL CERTIFICATION




SOURCE ET LIEN

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