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L’Odyssée - Un centre aquatique performant à Carmaux

Par Jean-Marie SONNET - Directeur Génie Climatique - BETEM INGENIERIE

Le 14 décembre 2013, le pays de Jaurès a vu l’ouverture d'un nouveau centre aquatique moderne et particulièrement économe conformément à l'exigence du maître d'ouvrage qui a souhaité limiter la part habituelle de 40 % de l'énergie dans le budget de fonctionnement d'une piscine. Soucieuse de limiter la consommation d'eau et d'énergie de son futur centre aquatique, la communauté de communes du Carmausin a mené un travail d'études poussé avec le bureau d'études BETEM Ingénierie midi Pyrénées.

La concrétisation du projet du Centre aquatique du Carmausin
« L’Odyssée »

La réussite d’un projet dépend entièrement de l’osmose crée entre la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre en terme d’objectifs communs et de confiance partagée. Que ce soit le maître d’ouvrage délégué, la SEM 81 ou la Communauté de Communes du Carmausin.

M. SLIMAK, directeur de la piscine a participé activement à la mise au point définitive du projet avec la maîtrise d’œuvre lors de nombreuses réunions très constructives. Fruit de cette entente, l’Odyssée n’est pas simplement un équipement aquatique « posé là » comme tout autre équipement, mais le reflet d’une réflexion urbaine plus générale, le réaménagement d’un parc redonné à la ville, dont le centre aquatique est un pavillon.

C’est sur ces critères-là, de vision élargie, que le projet fut retenu lors du concours, et depuis tout a été mis en œuvre pour concrétiser ce choix urbain. Les élus assument ainsi une volonté de développement durable en ouvrant un parc redessiné à la population, reliant les quartiers, favorisant le déplacement piéton et les échanges tout en profitant du centre aquatique comme point d’intérêt.

Se servir de la réflexion sur un projet particulier et l’étendre plus largement à une meilleure pratique de la ville est une action responsable et utile de la part des décisionnaires. La concertation étroite entre Maîtrise d’ouvrage et Maîtrise d’œuvre a permis de respecter la capacité d’investissement de la collectivité et d’impliquer les Carmausins au projet.

L’insertion commence par L’Odyssée

La Communauté de Communes du Carmausin, dans un souci de promotion de l’emploi et de lutte contre l’exclusion, a décidé de faire application des dispositions de l’article 14 du code des marchés publics en incluant dans le cahier des charges de ce marché public une clause obligatoire d’insertion par l’activité économique. Cette clause a été appliquée aux lots consommateurs de mains d’œuvre comme le lot gros œuvre. Cela consiste, pour les entreprises, à réserver 10% du nombre d’heures total de travail nécessaire à l’exécution de leur marché.

Le but de cette démarche étant de réaliser une action d’insertion permettant l’accès ou le retour à l’emploi de personnes rencontrant des difficultés sociales ou professionnelles particulières. Sont notamment concernés, les demandeurs d’emploi de longue durée, les allocataires du revenu de solidarité active demandeurs d’emploi, les allocataires de minima sociaux, les personnes reconnues travailleurs handicapés, les jeunes sortis sans qualification à l’issue de leur scolarité ou sans expérience professionnelle, les personnes relevant d’un dispositif de l’insertion par l’activité économique.

« L’odyssée » intègre son environnement

Le 14 décembre 2013, le pays de Jaurès a vu l’ouverture d'un nouveau centre aquatique moderne et particulièrement économe conformément à l'exigence du maître d'ouvrage qui a souhaité limiter la part habituelle de 40 % de l'énergie dans le budget de fonctionnement d'une piscine. Soucieuse de limiter la consommation d'eau et d'énergie de son futur centre aquatique, la communauté de communes du Carmausin a mené un travail d'études poussé avec le bureau d'études BETEM Ingénierie midi Pyrénées.

Le Centre Aquatique de Carmaux (tarn) comprend 3 bassins intérieurs (bassin sportif de 5 lignes d’eau de 25 mètres, bassin de loisir avec animations aquatiques et pataugeoire) et une aire extérieure estivale de jeux d’eau.

Raccordé au réseau de chaleur de la commune avec en secours une chaufferie gaz de 580 kW de puissance installée, le complexe est équipé d'un chauffage au sol et d’un système de traitement d'air avec des grilles de soufflage installées en sol le long des parois vitrés. La déshumidification de l'air est réalisée par un système thermodynamique (ECOENERGIE) qui réchauffe également l'eau des bassins. Les bassins sont, par ailleurs, isolés en sous-face par des panneaux en laine de roche. Avec cette option, la maîtrise d'œuvre promet une consommation de 335 kWh/m² SHON pour un gain de l'ordre de 50 %.

Un système d’ouverture de baies traversantes a été prévu pour assurer un confort d’été économique lors de conditions météorologiques favorables par une simple ventilation naturelle.

Par ailleurs, un échangeur thermique au travers duquel passe l'eau froide qui alimente la production d'eau chaude sanitaire, servira à récupérer les calories des eaux usées dites « eaux grises » des douches.

L'autre source d'économie proviendra de l'eau avec notamment le choix de filtres à billes de verre.
Les filtres à média constitués de sable et d’hydroentracyte, utilisés de façon quasi systématique jusqu’aux années 2010, nécessitent des lavages tous les 2 jours pouvant durer 10 à 20 minutes, soit environ 2 à 3 m³ d'eau consommée par filtre. Le système Garofiltre choisi, conçu par GACHES CHIMIE, nécessitera moins d'un lavage par semaine et ce lavage ne durera que 2 à 3 minutes.



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A noter que les billes de verre proviennent d’une usine de recyclage des bouteilles issues des « récup’verres » située à Albi à quelques kilomètres du centre aquatique ; nous sommes donc, à la fois dans une démarche d’optimisation technologique, de recyclage, de favorisation des industries locales et donc des emplois locaux dans un circuit industriel court.

Les billes ont une surface auto-stérile et bactéricide qui permet de diminuer la formation du biofilm et du coup, de raccourcir la durée des contre-lavages.

Dans le même temps, l'économie d'eau génèrera automatiquement une économie d'énergie car l’eau nécessaire au lavage des filtres, pompée dans le circuit d’eau des bassins, doit être remplacée par de l’eau neuve et donc chauffée à la température des bassins.
Le traitement de désinfection par chlore gazeux est particulièrement performant et limite la consommation de produits chimiques.

Par ailleurs, la réglementation sanitaire impose de renouveler 30 litres d'eau par baigneur et par jour, soit l'équivalent de 20 m³ pour un équipement de la dimension de la piscine de Carmaux qui comprend deux bassins. Après désinfection par injection de chlore gazeux, ce volume d'eau sera récupéré pour alimenter les pédiluves.
Une récupération d’eau de pluie associée à une récupération du débit de fuite, nécessaire au respect du renouvellement de 30 litres par baigneur et par jour, alimente un réseau d’eau grise destiné au remplissage des réservoirs de chasse des WC. Pour aller au bout de la démarche de recyclage, la maîtrise d'ouvrage a déposé une demande auprès de l'agence régionale de la santé (ARS) pour réutiliser, après déchloration, l'eau en surplus des bassins pour l'arrosage.

Au regard d'une installation traditionnelle, la piscine du Carmausin peut tabler sur des gains de l'ordre 60 % pour l'énergie et de 80 % pour l'eau.

La gestion de l’énergie, enjeu majeur du 21ème siècle, s’applique également à ce projet porté par des élus locaux investis dès la conception du projet avec la volonté de faire de cet établissement une référence technique.

Dans un contexte économico-environnemental difficile, l’objectif est de réduire les consommations d’eau, d’optimiser au maximum les dépenses énergétiques tout en respectant l’enveloppe budgétaire attribuée au projet.





Schéma de principe de la production d'ECS pour les douches



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Un nouvel équipement dans un contexte économique compliqué

La recherche de financement a été menée de front avec le projet. Les partenaires institutionnels ont tous été rencontrés, 30% des subventions d’investissements ont été obtenues sur ce projet.
La Maîtrise d’ouvrage, auprès de la Caisse des dépôts et Consignations a réussi à obtenir un prêt de 5 Millions d’euros à un taux préférentiel.
Le projet a été financé par différents acteurs tels que le Conseil Général, Conseil Régional, Pays de l’Albigeois et des Bastides, Communauté des Communes du Ségala et du Carmausin, Caisse des dépôts et consignation et également les organismes européens LEADER et FEDER.
L’enveloppe globale de l’opération de 7 Millions d’Euros a été respectée.

Téléchargez les schémas de principe

Chauffage et traitement d'air Traitement de l'eau

Les acteurs du projet

Maître d’ouvrage :
Communauté de communes du Carmausin.

Mandataire : SEM 81

Maîtrise d'œuvre :
Architectes : Lacombe et de Florinier (Rodez)
BET Technique : BETEM INGENIERIE
Midi Pyrénées (Toulouse)
Economiste : Jean-Pierre Vigier (Rodez)
Acousticien : Sigma Acoustique. (Rodez)

Entreprises :
GCC : gros œuvre
Boissonnade (groupe Climater) : chauffage, traitement d'air
H20 (groupe ASO) : traitement d'eau, animations aquatiques
Lagrèze&Lacroux : plomberie sanitaire
Spie : Electricité CFo / CFa

Les chiffres clés



- Coût : 6,6 millions d'euros HT

- Déficit prévisionnel de fonctionnement :
400 000 euros par an.

- Superficie : 1 920 m² shon, et 1 500 m² de locaux techniques et vides sanitaires techniques.

- Durée des travaux : 14 mois

- Estimation des consommations:
ECS : 72,5 MWh
Chauffage eau bassins : 413,9 MWh
Chauffage : 661 MWh




Par Jean-Marie SONNET - Directeur Génie Climatique - BETEM INGENIERIE

SOURCES ET LIENS

  • www.betem.fr

    Logo Betem

    BETEM INGENIERIE 6, impasse Alphonse Brémond 31201 TOULOUSE Cédex 2

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