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Gaz : bonnes perspectives en chauffage, mais réduites en climatisation et trigénération


Gaz : bonnes perspectives en chauffage, mais réduites en climatisation et trigénération

En France, c’est seulement après 2030 que la PAC gaz devrait devenir une « solution de masse » en habitat individuel, tandis qu’il faudra attendre quelques années de plus que prévu avant que la pile à combustible domestique ne devienne à son tour un marché de masse, et ce en raison d’une baisse de coût plus lente qu’espérée à cause du relatif manque d’intérêt actuel de l’industrie automobile pour cette technologie. C’est ce qu’a déclaré Régis Luttenauer (Vaillant Group France) lors de la convention 2018 de l’Association française du gaz (AFG), la semaine dernière. A propos de la chaudière « hybride » (c’est-à-dire combinée à une PAC), il a estimé que la tendance était à une réduction de la puissance de la PAC, ainsi qu’à une séparation des deux équipements, au lieu d’une association sous un même habillage. Il a observé aussi que le marché de la chaudière « hybride » restait faible en Europe, sauf dans les pays où existent des aides publiques très conséquentes. Il a indiqué par ailleurs que l’on n’était pas encore arrivé au bout de l’innovation technique en matière de chaudières à condensation et que, en particulier, il y avait encore des marges de progression en vue de permettre leur installation dans des bâtiments auxquels elles sont présentement inadaptées. Au sujet des couplages entre chaudière gaz et solaire thermique ou PAC, il a reconnu que les prix restaient élevés et qu’il était « compliqué » d’en faire des « solutions de masse ».


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Lors de cette même convention, Alain Mille (GRDF) a admis, à propos de la climatisation au gaz, que l’électricité était « mieux placée pour faire du froid » que le gaz. Il a estimé par ailleurs que la trigénération gaz resterait limitée à des marchés de niche, par exemple celui des « data centers ». Concernant la future réglementation des bâtiments neufs, il a souhaité que soit maintenu l’équilibre établi en matière de chauffage entre le gaz et l’électricité par la RT 2012. En rénovation du chauffage dans l’habitat, il a dit que, dans les décennies qui viennent, les parcs électrique et gazier continueraient, comme aujourd’hui, d’être rénovés surtout en électrique pour le premier et surtout en gaz pour le second, et ce aux dépens du fioul domestique, auquel, pour l’essentiel, devraient venir se substituer à la fois l’électricité et le gaz - l’électricité en zone non desservie par le réseau gazier, mais aussi partiellement en zone gaz, a-t-il ajouté. D’autre part, il prévoit que, si le mix énergétique français évoluait vers toujours plus d’électricité et de gaz renouvelables, les prix du gaz et de l’électricité pour le chauffage tendraient à se rapprocher.

Petite cogénération : retard français, mais espoir de croissance du marché

Alors que le marché européen de la micro ou mini cogénération connaît actuellement une forte croissance, particulièrement au Royaume-Uni et en Allemagne, comme l’a signalé François Paquet (Cogen Europe) lors de la récente "Journée Micro et Mini Cogénérations" à Paris, la France, elle, est à la traîne. Cependant, le marché français de ces petites cogénérations (<1000 kW) devrait se développer « rapidement », a estimé lors de ce colloque Patrick Canal, délégué général du Club Cogénération de l’ATEE. La réglementation thermique et l’augmentation du prix de l’électricité seront les leviers de développement de ce marché, a-t-il ajouté, en précisant que, sur la base des seuls besoins en chaleur, l’ATEE défend pour la prochaine Programmation annuelle de l’énergie un doublement de ce parc à l’horizon 2025, à 10 GWe, ce qui serait « techniquement et économiquement pertinent », selon Patrick Canal. Il a estimé également que les serres, les réseaux de chaleur, les établissements de santé, les commerces, le petit tertiaire, les hôtels et le résidentiel pouvaient être, entre autres, des « niches de croissance » pour ces petites cogénérations.

Lors de ce même colloque, Michel Fruchart (Engie Cofely) a jugé « conséquent », pour sa part, le potentiel de ces petites cogénérations, particulièrement dans les établissements de santé, les copropriétés, les immeubles de bureaux, les musées, les hôtels, les centres commerciaux et les maisons de retraite. En petite cogénération, Engy Cofely a vendu à ce jour pour un total de 1 MW d’installations, avec une dizaine de premières opérations entrant en service prochainement. Engy Cofely vise 10 MW à terme. Autre intervenant du colloque, Thiébaut Kientz, consultant pour Questel, a indiqué que la pile à combustible concentrait l’essentiel des dépôts de brevets d’invention en petites cogénérations, loin devant - par ordre décroissant - les systèmes avec moteur à combustion interne, ceux selon le cycle de Rankine et ceux à moteur Stirling. Les principaux déposants mondiaux de ces brevets relatifs aux petites cogénérations sont deux entreprises japonaises (Osaka Gas et Panasonic), assez loin devant un peloton plus ou moins groupé comprenant notamment le chinois SGCC, Bosch, Siemens, LG Electronics, Hitachi, Vaillant et Toshiba. Le leadership est largement asiatique, a commenté Thiébaut Kientz, qui a précisé que les 2/3 des brevets visant le territoire européen avaient été déposés par des non-Européens (tout particulièrement Panasonic et LG Electronics). Entre autres déposants en Europe, toutefois, il a cité également les sociétés Microgen, Viessmann, EC Power, BMW, ABB, Sustainable Power et Durr System. Quant à la France, elle brille par son absence, y compris dans le milieu académique. Lors de ce même colloque, Clément Dupé (Engie Lab Crigen) a jugé que la pile à combustible au gaz naturel était une technologie « fiable », avec une réduction de la facture énergétique comprise entre 100 et 300 euros par an. Il a ajouté que les expérimentations réalisées à ce jour, en la matière, par Engie Lab Crigen avaient mis en évidence une baisse jusqu’à 30% de la consommation en énergie primaire.

- EN BREF - Le marché mondial des réfrigérants s’élèvera à 30,37 milliards de dollars en 2025, soit un taux de croissance annuelle moyen de 5,3% d’ici 2025, selon une récente étude de la société américaine Grand View Research, qui précise que, en volume, le marché a totalisé 1,73 million de tonnes en 2016 et qu’il progressera de 5,4% en moyenne annuelle entre 2017 et 2025.


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Exemple d'un numéro de ThermPresse : ThermPresse du 5 Février 2018



 

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